Ariane Caron-Lacoste (@caronlacoss__) est née en 1985 dans les Cantons-de-l'Est. À 17 ans, elle quitte la campagne pour Montréal afin de poursuivre ses études en musique. Elle est tombée amoureuse de la métropole et lui est fidèle depuis. Après s'être avoué le désir d'aller vers son autre amour, les langues, elle obtient ses diplômes en traduction, en linguistique appliquée et en études allemandes. Aujourd'hui éditrice, elle consacre son énergie à la lecture et à l'écriture. « Autofixes » est son premier recueil de poésie.
Un superbe recueil, empli de petits vers qui happent, habitent et hantent la personne qui le tient. Nostalgie, enfance, désir, corps, des thèmes récurrents dans la poésie contemporaine qu'il m'a été donné de lire récemment, mais déclinés de manière singulière et personnelle par l'autrice. J'ai envie de partager les mots d'Ariane Caron-Lacoste, de les faire lire aux gens autour de moi. De les relire, car je lis un peu la poésie ainsi, pour savoir que les mots sont là, existent incrustés, et que je peux y revenir quand cela me plait.
Pas de notes, c'est une croyance à laquelle je n'adhère pas. si j'aimais pas ça, je prendrais pas le temps d'en parler.
extrait «Dans le bain la position fœtale est trop dangereuse. Elle me donne envie de m'insérer un couteau dans le vagin
ça vient farfouiller le problème et je ne sais pas si je peux supporter cette violence
il y a tout un processus pour se rétablir du corps proposé»
j'ai dévoré. compulsivement. chaque mot. jusqu'à temps qu'il n'en reste plus. essouflée. j'ai relu. lentement. chaque ligne comme un couteau à manipuler avec soin, une épée un sabre qui finiront rangés dans une armoire vitrée, et qu'on ressortira pour les grandes occasions pour couper la viande saignante. on se rappellera quand nous étions la viande.