Tour de force narratif, ce roman s’articule autour d’une chaîne de rencontres fortuites qui nous entraînent dans plusieurs boucles autour du monde. Jean-Simon DesRochers joue en virtuose de son habileté à croquer une attachante galerie de personnages. Un grand plaisir de lecture né de la tension constante entre la structure maîtrisée et l’aspect chaotique, désordonné, compulsif, de la vie des humains.
Né à Montréal en 1976, Jean-Simon DesRochers favorise la création de projets littéraires à la fois complexes et accessibles. D'abord intéressé par la poésie (L'Obéissance impure, finaliste au prix Émile-Nelligan 2001; Parle seul, prix Émile-Nelligan 2003), il fonde la revue Dialogis en 2003. Dès lors, il publie un manifeste, divers essais ainsi que des nouvelles. À la fin du projet Dialogis, il se retire pour rédiger deux romans, dont La canicule des pauvres, paru en octobre 2009, aux éditions Les Herbes rouges. Il effectue présentement une recherche doctorale transdisciplinaire sur l'imagination cognitive et la création littéraire tout en poursuivant son oeuvre romanesque.
Le défi m’a semblé réussi. Uniquement la fin me laisse sur mon appétit. D’un chapitre au suivant, en quelques pages à peine, un nouveau personnage fait sa marque en bien peu de temps et prépare le terrain pour son successeur; au fil d’arrivée, ils et elles se compteront par plusieurs dizaines. Ces chassés-croisés animés d’un mouvement perpétuel m’ont rappelé à leur façon - bien qu’avec un bémol gros comme le bras - La chasse aux autres de Thomas O. St-Pierre et plus encore A Traveler at the Gates of Wisdom de John Boyne, bien que la formule évolue substantiellement d’un ouvrage à l’autre.
C’est effectivement très interessant et très habile sur le plan narratif, mais le fait qu’on change de narrateur à chaque 2-3 pages a aussi le désavantage qu’on ne s’attache à aucun!
« Le monde se repliera sur toi » commence à Montréal pour faire deux fois le tour de la Terre et revenir à son point de départ. Tout au long, on suit une chaîne de personnages qui sont liés les uns aux autres par différents événements, différentes rencontres, différentes situations. Le procédé choral est réussi et nous permet de voir l’humanité de chacun des personnages – même si ne leur sont consacrés que quelques pages. L’écriture et le style sont sobres, ce qui cadre bien avec le sujet traité. Ce ne sera pas pour moi une lecture marquante, certes, mais j’ai bien aimé et j’ai trouvé le projet honnête et réussi.
Bien aimé! J’ai adoré le concept de la chaîne de personnages, j’aurais pris plus de pages pour bâtir des histoires un peu plus détaillées, mais sinon une belle lecture.
J'ai lu tout les roman de JSD. C'est un auteur que j'admire, qui ne fait pas toujours dans la dentelle et qui a l'habitude de faire dans le roman choral ce qui n'est pas pour me déplaire. Ici, il déploie la formule du battement d'un aile de papillon ici provoque un séisme là-bas.. À moins que ce soit le contraire? Anyways, un chapitre, un personnage chacun ayant un lien (souvent ténu) avec le précédent et ainsi de suite jusqu'à mi-chemin où y'a un effet "miroir" et reviennent (mais pas tous) les mêmes personnages. L'idée est super, le travail narratif fonctionne, y'a des bons flashs. Mais ce travail sur la forme du roman se fait au dépend du fond. On arrive pas ou peu à s'attacher aux personnages et c'est vraiment dommage. C'est comme courir plusieurs lièvres à la fois.. Bref un petite déception pour moi.
J’ai beaucoup aimé cette façon de sauter d’un personnage à un autre, tout en revenant sur certains d’entre eux. J’avoue qu’il y en aurait une couple dont j’aurais apprécié en savoir plus. Par contre, en général, j’aime cette petite fenêtre dans la vie des gens, style cliché Polaroïd.
Concept incroyable qui m’a captivée du début à la fin! J’ai été un peu déçue par la conclusion, quoique elle « boucle bien la boucle ». J’ai adoré sauter d’un personnage à l’autre et j’ai été bien surprise de voir que l’on retournait à certains personnages plus d’un fois. L’histoire qui entrecoupe les perspectives de tous les personnages aurait pu être mieux tissée, on ressentait que c’était seulement un prétexte pour lier les individus que l’intrigue principale. Sommes toutes, c’était une excellente lecture!
J’ai beaucoup aimé ce roman! L’enchaînement rythmé de ces courts chapitres où les personnages se relaient, liant un à la fois le chapitre précédent au suivant. Parmi les six romans de Jean-Simon DesRochers que j’ai lus, «La canicule des pauvres» demeure mon favori, désormais suivi de près par celui-ci.
Le procédé narratif est très intéressant et particulièrement habile : l’auteur nous fait découvrir une centaine de personnages à qui il consacre successivement un ou plusieurs chapitres de 3 à 5 pages chacun. Des dizaines de vies s’entrecroisent ainsi, laissant apparaitre une chaine d’évènements qui fait le tour du monde et qui a une incidence sur la vie d’une multitude de gens. Le style est sobre et profondément humain, et convient bien au rythme et à la forme du roman.
La forme que prend le récit est toutefois aussi son principal défaut. D’une part, il devient difficile de se retrouver à travers la multitude de personnages, surtout lorsqu’un certain nombre reviennent dans une autre section du livre. Et, bien souvent, on aimerait en lire plus… sur les personnages eux-mêmes, mais aussi sur les répercussions de leurs choix et de leurs gestes, au-delà de la trame centrale qui se développe sur fond de terrorisme international.
Une œuvre originale et bien faite, donc, pour laquelle il est difficile d’arrêter de tourner les pages, mais qui en même temps n’offre rien de particulièrement marquant et donne l’impression d’une histoire inachevée.
Ce n’est pas un livre qui a su retenir mon attention. J’y suis restée assez indifférente pour ne pas dire qu’il m’a été ardu de poursuivre la lecture, étant donné que j’ai tendance à donner une chance à un livre et de le lire jusqu’à la fin. J’ai persisté pour le terminer mais sans plus. Trop de personnages changent d’un chapitre à l'autre. J’avais l’impression de lire une nouvelle et j’évite ce style. Bref, la lecture n’a pas créé l’engouement qu’une bonne histoire provoque. Il y a le thème de la mort qui revient sous différentes formes.
Citations : « Le déni est la tombe feutrée de l’espoir. » p. 16
« Profitez de l’amour, mon ami, c’est précieux, c’est rare et ça s’épuise vite. » p. 150
« Vaut mieux parler à un souvenir que de pleurer seule. » p. 174
J’ai aimé l’originalité du concept. Souvent, je ne m’accroche pas au personnage principal d’un livre, donc le fait de suivre de multiples personnages était pour moi un point fort. J’étais intriguée de savoir qui on allait suivre dans le chapitre suivant. Par contre, j’ai trouvé le livre en général déprimant. Tous les personnages qu’on suit semblent avoir une vie ennuyeuse, stressante ou sans but, ce que je trouvais être une vision assez pessimiste de la vie humaine. En terminant le livre, je ne trouvais pas le but de ma lecture.
J'ai apprécié cette lecture malgré le fait que la proposition ne va pas au bout de son intention selon moi. J'aurais aimé aller plus loin dans le récit global.
Un excellent livre. J'ai adoré suivre ces multiples personnages formant plusieurs boucles autour du monde. J'ai pu plonger dans l'univers des Jean-Simon DesRochers et je compte y replonger!
Roman conseillé au départ par une collègue de travail, qui finalement me l’a apporté par un beau matin du mois de mars. La journée même, j’entamais sa lecture. Le résumé combiné avec la description que m’en a faite ma collègue m’ont toute de suite donné le goût de le lire. Je n’avais jamais lu de roman de ce genre, où s’entrecroisent autant de personnages, sur une si courte période, et ce, tout autour du globe.
Wow, quel tour de force de l’auteur, ça doit tellement être complexe à écrire. C’est plus de 51 personnages (ma collègue a souligné chacun d’eux au crayon en les numérotant) qui sont mis en lumière le temps d’un chapitre dans ce court roman de 245 pages, tout en faisant 3 fois le tour du monde à partir de Montréal pour revenir de nouveau dans cette ville 3 mois plus tard. Le tout se lit très bien cependant, je n’ai pas eu de difficulté à suivre le récit.
Pour ma part, j’ai adoré parcourir le monde à la découverte de chacun de ces personnages et d’entrer, l’instant d’un chapitre, dans leur vie. J’ai découvert des gens à la fois ordinaire et extraordinaire, mais qui peuvent changer le cours de l’histoire sans le savoir, un peu comme nous pouvons le faire. J’ai aussi découvert des protagonistes solitaires, en quête d’amour et de changement. Bref, un auteur et une plume qui m’ont étonné et dont je ne suis pas près d’oublier !
Quel concept intéressant et quel plan de travail formidablement bien construit il a dû falloir pour construire ce roman. L'exécution est admirable, seulement, on s'y perd un peu à la longue. Au début, nous avons affaire qu'a quelques personnages et puis rapidement, on est embourbés; on tente de retenir le nom de tous et dans quelle section on l'a croisé. C'était qui lui dont ? Il faisait quoi déjà ? J'ai du revenir en arrière plusieurs fois pour me remémorer certains personnages. Et j'aurais aimé que certains reviennes plus souvent, qu'ils prennent plus de place. Il y a des personnages qui auraient mérités leur propre roman, que leur histoire se déploient sur une centaine de pages. Donc je suis restée sur ma faim par moments. On est dans un tourbillon, dans une loop qui a du rythme. Beaucoup d'éléments s'emboitent a la perfection et d'autres auraient pu être laissés de côté. Bref, au final, j'ai apprécié, mais ça aurait pu être simplifié par bout et bonifié par d'autres. Somme toute, une lecture intéressante, car le concept, lui, est très cool.