« Poèmes, vos parfums, vos formes, vos couleurs Servent à d’autres fins que je ne l’imagine. /…/ Poèmes, fleurs cruelles, ensemble je vous range Pièges auréolés de dangereux rayons » Publié en 1954, Clair-Obscur rassemble une centaine de poèmes. Ce livre chante la désillusion du poète devant le monde moderne et sa révolte devant l'altérité du temps. Fidèle à son génie, Cocteau conjugue humour et gravité. Il rend aussi hommage aux peintres et écrivains qui l'inspirèrent et à l’Espagne, pays qui lui était cher. Jean Cocteau, né en 1889 et mort en 1963, est un des plus grands poètes français du XXème siècle, artiste aux multiples talents, romancier, dessinateur, peintre, auteur de théâtre et cinéaste. Il fut élu à l’Académie française en 1955. Lettre-préface de Gaston Bachelard
Jean Maurice Eugène Clément Cocteau (5 July 1889 – 11 October 1963) was a French poet, novelist, dramatist, designer, boxing manager, playwright and filmmaker. Along with other Surrealists of his generation (Jean Anouilh and René Char for example) Cocteau grappled with the "algebra" of verbal codes old and new, mise en scène language and technologies of modernism to create a paradox: a classical avant-garde. His circle of associates, friends and lovers included Jean Marais, Henri Bernstein, Colette, Édith Piaf, whom he cast in one of his one act plays entitled Le Bel Indifferent in 1940, and Raymond Radiguet.
His work was played out in the theatrical world of the Grands Theatres, the Boulevards and beyond during the Parisian epoque he both lived through and helped define and create. His versatile, unconventional approach and enormous output brought him international acclaim.
J’ai beaucoup aimé les Cryptographies même si je ne suis pas quelqu’un qui s’intéresse trop à la métapoésie. Mais le reste était un peu banale à mon avis.
[novembre 2023] génial!!! une sorte d'éluard mais un peu moins surréaliste donc un peu plus abordable trop hâte de poursuivre ma découverte de cocteau
(p31) XVII CONTRE LE DOUTE... Contre le doute hélas je n'ai pas de refuge En quelles mains me suis-je mis ? Et comment me juger car lorsque je me juge J'ai les yeux de mes ennemis.
Que j'aimerais m'aimer et me laurer de gloire. Attendre le succès final. Mais contre moi si loin que cherche ma mémoire Se retourne mon tribunal.
L'avocat me suspecte et le jury m'accuse Tous les témoins me donnent tort Et je dois écouter sans me trouver d'excuse Ma condamnation à mort.
(p53) XXXVII VOUS AVEZ CRU... Vous avez cru pouvoir me changer de personne Et vous m'en avez fait deux Les autres ne croyant à rien de ce qu'on donne Si l'offre ne sort pas d'eux.
Qu'il aille en paix mon double et bouge à votre guise C'est le rôle des pantins Car cet accoutrement dont un art me déguise Avance tous feux éteints.
Caché je vis caché sous un manteau de fables Plus tenaces que la poix Et ne laisse jamais d'empreintes sur vos sables Mon corps n'ayant aucun poids.
(p171) HOMMAGE À RILKE Silence il fut s'il fut quelque silence s'il Fut un silence et fut l'autre nocturne bouche De rose chez les morts pompant une farouche Pourpre noire s'il fut cette armure de cils D'une abeille s'il fut la trompe qui s'engouffre Entre vos lèvres rose (innombrables) s'il fut La désobéissance et le hautain refus Aux ordres criminels de la flamme de soufre S'il fut sa propre bouche une rose sans nom Sans encore de nom un vrai spectre de rose Dont le parfum retourne à sa métamorphose Vers quoi la mort nous guide et d'où nous revenons S'il fut Orphée et Eurydice un seul fantôme En costume de peau par peur de faire peur S'il fut la transparence un appareil de cœur Qui bat sans battre s'il fut le linge et le baume Sur les pieds décloués s'il fut la fausse main Maigre du carrefour qui désigne la route S'il fut la crainte d'être et la grâce du doute C'est que son bel hier berçait son lendemain