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K-pop, soft power et culture globale

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Qu'ont en commun le groupe de pop BTS et la série Squid Game ? Tous deux appartiennent à la nouvelle vague de produits culturels sud- coréens, connue sous le nom de Hallyu, qui déferle sur le monde et surprend par l'engouement qu'elle suscite.. Cet ouvrage, le premier en langue française consacré au sujet, montre comment cette pop culture, fruit de l'écosystème politique et économique sud-coréen, mise sur l'exportation massive de produits culturels à l'esthétique innovante. En s'appuyant sur ces leviers de so ft power, la Corée du Sud promeut une globalisation culturelle alternative à l'hégémonie américaine et japonaise dans le domaine des imaginaires juvéniles.. À travers de nombreux entretiens, les deux auteurs analysent fa ferveur des jeunes fans français, qui ne s'appuie sur aucune proximité culturelle préexistante, témoigne d'une nouvelle ouverture esthétique et les autorise à imaginer des ailleurs désirables, par-delà les assignations de genre, de classe ou d'origine.

314 pages, Paperback

First published June 14, 2022

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Profile Image for Nicolas Lontel.
1,259 reviews93 followers
September 8, 2022
Un essai extrêmement bien développé, conçu, écrit, qui explore de multiples facettes critiques de la Hallyu (histoires, sociologiques, féministes, économiques, politiques, de réception, etc.) à travers des analyses non seulement poussées, intéressantes, référencées et divers, mais aussi à travers le regard des fans et amateur·es des productions coréennes, peu importe le médium.

Ce que j'ai trouvé fascinant dans cet essai, c'est le regard extrêmement vaste et précis qui est porté sur le sujet du divertissement coréen, non seulement on couvre un grand nombre de productions contemporaines précises, qu'elles soient musicales, télévisuelles, cinématiques, graphiques, etc., mais on inscrit aussi ces productions dans des mouvements plus larges, historiques et on n'hésite pas à en critiquer le contenu (scientifiquement, mais aussi au niveau de sa réception et de l'affect auprès des fans).

On va aborder en détails plusieurs conditions historiques dans lesquelles les contenus multi-médiatiques émergent et on explique notamment l'avis du ministre coréen autour d'un Jurassic Park coréen qui rapporterait plus d'argent au pays que le nombre de voitures qui s'exportent chaque année et l'idée suivante de se lancer dans une vaste campagne de diffusion culturelle pour surfer sur la vague de la demande croissante en divertissement est très intéressante. On analyse comment les politiques publiques se mettent en place pour favoriser l'émergence de cette culture avec un « branding » coréen qui doit répondre à certaines normes et comment les productions culturelles qui en résultent s'inscrivent dans un capitalisme global, en quoi cela relève d'un soft power (et même d'un sweet power selon les auteur·es) et la portée non seulement culturelle, mais aussi le tourisme qui découle de cette diffusion internationale.

Il y a de très intéressantes analyses d'esthétiques, de points communs, de stratégies, de politiques, des réflexions sur la mise en avant de la culture historique coréenne et une culture inspirée de d'autres, la distinction des productions coréennes de celles américaines, européennes ou indiennes par exemple, bref, plein plein de critères d'analyses tous très intéressants et pertinents dans un regard global sur le sujet.

On va, dans les deux derniers chapitres, se consacrer un peu plus sur les théories de la réception (en France) en interrogeant de nombreux fans, jeunes et moins jeunes, depuis longtemps ou non (plusieurs sont fans depuis une dizaine d'années) avec des angles d'analyses auquel je ne m'attendais pas d'un essai français comme l'influence des origines du fan, son statut migratoire, mais aussi d'autres plus attendues (niveau d'étude, métier, genre, etc.). Les témoignages des fans sont extrêmement pertinents, soulèvent eux-mêmes des points intéressants face aux choix esthétique, aux politiques, à la réception des œuvres, etc., mais touchent aussi des enjeux plus personnels, comment ça les a accompagnés, influencés leur vie, etc.

Un must, définitivement, pour non seulement tout fan des productions multi-médiatiques coréennes, mais aussi des intéressé·es par la politique internationale, les formes que prennent le divertissement dans un monde capitaliste, mais aussi les personnes qui se demandent qui sont tous ces groupes de K-pop et ces K-drama qui apparaissent sur Netflix (mais qui sont là depuis plusieurs plusieurs années). C'est non seulement très intéressant à la lecture, mais on apprend énormément. Chapeau aux essayistes, vraiment, c'est beaucoup d'analyses très condensées et superbement expliquées.
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