En quelques mots :
Thriller aux accents fantastiques, le roman mêle habilement réel et surnaturel, sans jamais rompre la crédibilité de l’histoire. Si les personnages restent parfois en surface sur le plan émotionnel, la tension est constante et impossible à lâcher. Une lecture déroutante, glaciale et addictive, portée par une montée du suspense maîtrisée et une fin machiavélique qui marque durablement.
En beaucoup plus de mots :
Je découvre enfin le premier roman de Nicolas Leclerc après ma lecture de Toujours vivantes qui m’avait profondément marquée, et j’y retrouve immédiatement cette écriture très particulière, cette capacité à planter le décor, à installer les personnages, à créer l’ambiance sans jamais en faire trop et à décrire juste ce qu’il faut pour que le lecteur se sente totalement immergé dans l’histoire, dans le froid, dans le silence. La neige, ici, tombe et recouvre tout, isole et oppresse pour devenir presque un personnage à part entière.
Je ne savais pas que ce roman serait un thriller fantastique, je n’ai pas été déçue, au contraire, j’ai été happée par cette tension, par ce mélange subtil entre le réel et le surnaturel, par la présence d’une médium qui communique avec les fantômes, mais sans jamais que cela ne paraisse irréaliste, sans jamais que cela ne rompe le fil de l’histoire. L’auteur a cette capacité à faire coexister le quotidien avec l’étrange, le tangible avec l’invisible, de façon absolument fascinante.
Pourtant je ne me suis pas complètement attachée aux personnages, je les ai trouvés justes, crédibles, cohérents, avec leurs forces et leurs failles, mais leurs émotions ne sont pas toujours profondément explorées. On ne sait pas tout d’eux, on sent qu’ils vivent, qu’ils ressentent, qu’ils luttent mais peut être seulement en surface. Cependant, une fois que l’on commence le récit, il est impossible de s’arrêter, impossible de ne pas tourner les pages, impossible de ne pas frissonner à chaque bruit, à chaque silence, à chaque reflet de lumière sur la neige qui recouvre les chemins et les forêts.
Katia, la jeune héroïne, découvre que ses dons sont lourds à porter, que sa sensibilité aux esprits est un fardeau, et que sa maladie, l’haptophobie, n’est pas sans raison, que son isolement, sa solitude et sa fragilité la rendent à la fois vulnérable et fascinante, que les événements qui tombent sur elle, qui l’enveloppent, qui l’étouffent souvent, deviennent le miroir de son âme, de son inquiétude, de sa peur, et j’ai aimé cette façon qu’a l’auteur de faire se rencontrer le passé et le présent, de faire remonter les blessures, les secrets, les souvenirs, les rancunes, les malédictions, et de montrer que le mal peut persister après la mort, continuer à hanter, à manipuler, à surprendre, à terrifier
Ce roman m’a déroutée, m’a glacée, m’a transie de peur parfois (j'ai pensé à Carrie de Stephen King, plusieurs fois, me donnant envie de lire ce livre que je ne connais que part son adaptation), j’ai aimé que le suspense monte lentement, que l’atmosphère s’épaississe comme le manteau de neige sur les toits, que chaque lieu traversé ait sa propre couleur, sa propre froideur, son propre danger, et même si je n’ai pas tout anticipé, même si je n’avais pas intégré la partie paranormale et le fantôme vengeur, j’ai adoré cette lecture, j’ai adoré être surprise, avoir peur, frissonner, et savourer cette fin machiavélique, inattendue, mais absolument logique une fois que l’on revient en arrière
Une très belle découverte, un auteur que je continue d’affectionner, dont l’écriture m’envoûte, m’emporte, me glace, me captive, me transporte, et j’ai hâte de lire ses prochains livres.