À demi-arbre ou femme, que lui est-il arrivé ? Est-ce le défigurement ou les insectes envahissants qui ont provoqué son sentiment de perte de soi ? Elle est sur le point de craquer, risque de se fendre en son centre. Médecin, hypnothérapeute, chiropraticien sont à son chevet. On la traite, on la bourre de vitamines, on coupe les branches qui frôlent les fils électriques. Pour survivre dans un monde de béton et d’asphalte, elle se tourne vers les autres espèces et réfléchit au soin à accorder au vivant.
Tramant intimité et science des arbres en une suite de fragments poétiques, Mireille Gagné signe un texte écologiste et mordant qui conserve jusqu’au bout l’espoir de générer du bois neuf, d’être sauvée de l’extinction.
Quand j’étais petite, je savais jouer à la lenteur. C’était facile, il suffisait de retenir le paysage. Des suites d’un hiver hâtif, j’ai étrangement perdu cette capacité, comme si le fait d’avoir manqué le signal avait introduit un léger retard entre moi et le temps.
Autrice (romancière, nouvelliste et poète), Mireille Gagné est née à l’Isle-aux-Grues et vit à Québec. Elle travaille dans le domaine de la culture et des communications.
En 2010, aux Éditions l’Hexagone, elle publie le recueil de poésie Les oies ne peuvent pas nous dire, dont une version préliminaire a été finaliste du Prix littéraire de Radio-Canada – Poésie (2008). La même année, elle publie aussi le recueil de nouvelles Noirceur et autres couleurs aux Éditions Trampoline. Deux nouvelles de ce recueil lui ont d’ailleurs valu les titres de lauréate du Prix Brèves littéraires (2006) et gagnante du Prix International du Jeune Écrivain de Langue Française (2005). Elle publie les recueils de poésie Les hommes sont des chevreuils qui ne s’appartiennent pas (2015) et Minuit moins deux avant la fin du monde (2018) aux Éditions l’Hexagone. En novembre 2018, elle sort Le syndrome de takotsubo aux éditions Sémaphore, finaliste du Prix de création littéraire de la Ville de Québec et du Salon international du livre de Québec 2019. En 2020, elle sortira un quatrième recueil de poésie aux Éditions de l'Hexagone Le ciel en blocs (28 septembre 2020) et un premier roman Le lièvre d'Amérique aux éditions La Peuplade (20 août 2020).
« Il existe des secondes qui me prennent par surprise, des secondes auxquelles je ne peux pas être tout à fait préparée. Je jongle farouchement avec elles en souhaitant les échapper au sol. Elles ne tombent pas, précises comme certains mots. Elles tourbillonnent dans les airs. Je les soupçonne de vouloir me broyer à la dechiqueteuse. »
Des poèmes mettant en scène une femme-arbre métaphorique qui tente de soigner son mal-être, ses angoisses et autres maux modernes, de se reconnecter à ses racines et de réapprendre à danser au gré du vent. J'aime la poésie de Mireille Gagné, originale et toujours limpide. J'aime son imaginaire et, surtout, j'apprécie le message nécessaire porté par son écriture. Une belle lecture!
« Il faut garder espoir qu’une partie de soi puisse être sauvée. »
Il y a un doux mélange de fragilité et de force dans les mots de l’autrice. J’ai aimé sa façon d’aborder la survie, l’espoir et la guérison. C’était beau. 🖤
J’aurais sans doute aimé apprécier plus ce recueil poétique. Le sujet est important et, à mon sens, l’idée derrière l’œuvre est excellente. Les images sont parlantes, mais l’allégorie fait son temps. La figure de la femme-arbre est touchante, mais ne tient parfois qu’à un fil dans certains fragments. Ça se veut un brin fantasmagorique, comme un espèce de réalisme magique, mais ça se cherche un peu trop, selon moi. Pris individuellement, les poèmes sont cependant superbes.
C'est la deuxième fois que je lis cette auteure et bien que j'ai apprécié un peu plus l'expérience avec ce recueil de poésie, il faut me rendre à l'évidence qu'il y a quelque chose dans sa façon de construire les phrases qui est pour moi angoissant. Pas un sentiment que j'apprécie mais j'imagine qu'on peut dire bravo de ne pas laisser indifférent ? En résumé, ça me laisse plutôt dubitative🤷♀️.
Court texte fait de petits paragraphes, poèmes. On ne sait pas si la narratrice est un arbre ou bien se compare à un arbre. Le flou est probablement voulu. Bien écrit, mais avec un rythme saccadé et angoissant, qui ressemble à l'autre roman de l'auteure. Loin d'être apaisant, ce livre nous pousse à continuer de lire avec une angoisse croissante.
3.5 Je suis une personne qui aime la poésie narrative. Ainsi, le livre m'a plu, mais j'aurais aimé un peu plus de suivi chronologique entre les poèmes. Il reste que j'ai adoré avoir accès aux pensées d'un arbre. La poétesse a bien cerné ce qu'il pourrait ressentir.
C'était intéressant, mais le mélange du style poétique avec le langage un peu trop scientifique m'a personnellement déplu. Je pense que ce n'était juste pas pour moi!