Un soir, sur un coup de tête, Jeanne Beaulieu décide de tout plaquer et de partir. Ce sera l'Amazonie, l'aventure... Mais pas forcément celle qu'elle imaginait. Est-ce bien raisonnable, tout ça ? Boire un jus de tomate à bord d'un avion après le crash du vol Rio-Paris, passe encore. Partir en Amazonie à la recherche d'un Indien que l'on a vu un soir à la télévision, sûrement pas. Mais Jeanne Beaulieu voyagera d'une drôle de manière, Tristes tropiques de Claude Lévi-Strauss dans une main, des histoires d'amour inachevées dans l'autre. Prendre la route, traverser les forêts, écouter des mélodies d'oiseaux, remonter l'Amazone ou le Guadalquivir, croiser Frida Kahlo et Don Quichotte. Où sommes-nous quand nous sommes quelque part ? Elle n'y peut rien, Jeanne Beaulieu se raconte des histoires qui la conduisent vers ses envies et ses fantômes, vers cet Indien qui lui échappe, vers le regard et les mains bien réelles d'un homme qu'elle n'oubliera jamais. Jeanne n'est pas dupe. Les voyages exotiques n'existent pas. Au Brésil ou partout ailleurs, s'aventurer à la recherche de soi ranime les douleurs de l'enfance, fait naître des désirs inouïs et dresse devant soi des miroirs. Jeanne est une héroïne paradoxale de roman d'aventures qui aimerait voir se refléter sur l'eau tranquille le visage d'une femme libre.
Outre le pitch de base un peu tiré par les cheveux, je n'ai pas accrochée à l'écriture. J'ai eu l'impression d'être à mi-chemin entre quelqu'un qui a voulu écrire de la poésie, pas un roman et quelqu'un qui nous fait un rapport sur ses auteurs et citations favorites. Le personnage principal, Jeanne, m'a paru peu réaliste et un peu méprisante envers les gens qu'elle rencontre. On suit son voyage, on vit ses rencontres, par moment on a des informations sur la vie d'autres gens ou sur des moments passés et on n'est plus sûr d'où vient le narrateur, si c'est Jeanne qui invente un scénario possible ou si un second narrateur nous décrit de vraies scènes. J'ai été perdue par moment, certaines formulations sont... pas grandiloquentes mais presque, j'ai eu l'impression de sentir l'auto-satisfaction de l'auteur dans certains de ses "traits d'esprit" ou jeux de mots. En bref, je n'ai pas réussi à me perdre dans l'histoire tant le style est particulier et les citations/retours à d'autres textes constants.