"Mon père mort me montre deux brins de muguet rouge. Il me dit qu’un jeune homme là-bas, dans une montagne du Jura, a inventé ce muguet et envisage de le répandre sur le monde. Il m’invite à aller le voir. L’homme tient une auberge au bord d’un lac. J’y mange une omelette, bois un vin de paille. Quand je lui parle des fleurs, mon hôte me conduit au-dessus d’un pré en pente : des dizaines de muguets rouges fraîchement poussés s’apprêtent à incendier la plaine. Je reviens vers mon père, lui demande qui est cet homme. Il me répond que c’est une partie de sa famille dont il ne m’avait encore jamais parlé. Va les voir, me dit-il, apprends à les reconnaître." C. B.
Christian Bobin is a French author and poet. He received the 1993 Prix des Deux Magots for the book Le Très-Bas (translated into English in 1997 by Michael H. Kohn and published under two titles: The Secret of Francis of Assisi: A Meditation and The Very Lowly
Pas un roman, plutôt une suite de pensées, de la taille d'une phrase ou d'un paragraphe, mises bout à bout. A vrai dire, je ne me rappelle plus pourquoi j'ai voulu lire ce livre, j'avais dû entendre une critique à sa parution... Quoiqu'il en soit, ce format d'écriture ne m'attire pas plus que ça. Certains passages m'ont laissée perplexe ou Indifférente, d'autres m'ont directement parlé au cœur. Pas suffisamment cependant pour avoir envie de lire d'autres ouvrages de cet auteur.
"Un ami c’est quelqu’un à qui on fait le cadeau de l’étonner."
Christian Bobin offers his last book, that was published just weeks before his sudden death. His clear handwriting is very present: to elevate, educate and make a feast in the middle of the ordinariest of ordinary.
If this first quote is true, throughout all written opus of Bobin, until this very last swan song he considered us friends.
Derniers fragments de Christian Bobin, une force d’évocation poétique au crépuscule. Pascal, Novalis, Grothendieck le mathématicien font une apparition, la nature, Dieu (c’est la même chose) surnagent et emportent tout dans l’allégresse.
« un petit manège tourné, allumé dans la nuit comme un chagrin merveilleux. »
une valse saccadée mais poétique, singulière, n'appartenant qu'à Bobin.
à la manière de Pascal, des pensées qui s'enchaînent, formant une douce mélodie dont le refrain est une mystérieuse et intrigante fleur : le muguet rouge.
le souffle de la mort, l'air blasé de la vie, tournoient autour des mots.
on ne comprend pas tout, beaucoup de choses restent obscures. mais là beauté, elle, on la saisit.
très très belle plume, les textes les plus courts nous mettent un coup de massue, c’est marquant cependant je n’aime pas trop la mise en page et certains passages sont trop brouillons je ne trouve pas tous les liens
hâte de découvrir un autre angle avec « la part manquante »
C’est la première fois que je trouve Christian Bobin bougon. Entendons-nous bien : bougon, pour Christian Bobin. On est loin d’un concentré de fiel. Mais j’espère qu’il ne va pas, à son âge, avec son parcours, développer d’amertume. Le titre de ce bref volume de prose poétique s’explique dès la première page, dans une scène dont plusieurs détails révèlent qu’elle est d’ordre onirique. Le père de l’auteur lui révèle l’existence de muguets rouges cultivés discrètement par un lointain parent. Cette plante revient de loin en loin au long du livre, avec peu de commentaires, comme un emblème dont le contexte donne la signification. C’est le fil (rouge) le plus évident qui relie cette série de brèves proses apparemment indépendantes et consacrées à des sujets fort divers : scènes vues, promenades, rencontres, lectures… À l’intérieur même de ces proses, Bobin cultive la discontinuité. On dirait qu’avec ce « Muguet rouge » il veut tenir à distance son propre côté fleur bleue, que l’on me passe l’expression. Poète sensible aux épiphanies du quotidien, émerveillé par des détails infimes pour qui ne sait pas regarder, il court toujours ce risque d’évoquer une extase sans pouvoir la communiquer. De tels moments voisinent ici avec des sentences denses et énigmatiques, proches parfois du surréalisme (« Dans la nuit sentimentale les assassins arrivent » ou « Être élégant avec un rat »). Le sens se construit comme une mosaïque d’éclats que le travail de l’écriture cherche — et souvent parvient — à rendre lumineux. Que signifie alors ce muguet rouge ? À la fois organique, incarné, et inhabituel, secret, il est précisément l’emblème de cette perception plus riche de l’existence qui naît de la contemplation poétique, et qui suppose une disponibilité, une présence au monde, dont Bobin craint que le progrès technique ne l’efface. Les évocations des auteurs aimés, désignés comme poètes quand bien même — c’est le cas de Kafka — ils n’auraient jamais publié de poèmes à strictement parler, témoignent en ce sens : Novalis, Nerval, mais aussi de façon plus inattendue Plutarque ou Corneille, dont il cite un très beau vers de la traduction de « L’Imitation de Jésus-Christ ». Jusqu’ici l’auteur du « Très-Bas » témoignait d’un pas de côté par rapport au cours de la société, pas de côté spirituel plus que géographique (on se souvient des pages de « Pierre, » où le train l’emmenait rendre visite au peintre Soulages). Cet écart à la Thoreau est ici toujours revendiqué, à propos notamment d’Alexandre Grothendieck, « en rupture de tout milieu » dont la « maison est cernée de muguets rouges — muraille contre le monde et toutes les conventions, infranchissable d’être légère ». Mais ce pas de côté se double cette fois de manière explicite d’un antimodernisme qui s’en prend notamment aux écrans médiatiques qui s’interposent entre nous et le monde et nous coupent de toute expérience directe. C’est au point que cette mention des écrans constitue un deuxième fil rouge, symétrique et antagoniste de celui du muguet. Bobin rejoue au passage l’opposition entre Descartes, patron fût-ce malgré lui du rationalisme scientifique et du progrès (mais il rappelle que Descartes considérait les animaux comme des mécaniques, que son regard apauvrissait le vivant), et Pascal qui s’en détache pour aller vers la méditation et la mystique. En somme, entre le muguet et le téléphone, choisis ton camp, camarade. L’écart devient dissidence, dans un final lui aussi onirique et lié lui aussi, très explicitement, à un deuil familial.
Ce livre nous accueille entre deux rêves où il est question de muguet rouge, une fleur à la couleur magnifiquement improbable. L’auteur nous confie sa vision du monde, de la vie et de la mort. Il nous apporte de la poésie, du calme dans les petites choses de la vie et du quotidien.
La quête du sens de la vie, de la mort, de la religion, de l’amour et de l’espoir. Voilà ce que j’ai perçu de ce livre.
« La poésie est don de lire la vie. Est poétique toute concentration soudaine du regard sur un seul détail, que provoque notre désir enfantin de ne jamais mourir. »
Couldn’t put this down. Read this in French and it’s no doubt the book that made me fall in love with french literature all over again, which I’d somehow been shying away from.
Poetic and full of meaning, spellbinding and hypnotic, made me cry somehow. Priceless.
Pas mon Bobin préféré, un peu trop éparpillé, cryptique et grincheux à mon goût. Reste que j’étais heureuse de retrouver le style toujours aussi habile et enveloppant d’un de mes auteurs préférés. J’ai également bien aimé sa critique de la technologie.
4,5/5 "L'âme est une espèce non protégée." Cher Christian Bobin, vous resterez cet éternel enfant, saltimbanque des mots, être de lumière et marchand d'étoiles au cœur de nos nuits.
Très bien écrit, mais je trouve assez brouillon. C’est un ensemble de pensées de l’auteur qui au final m’ont laissées perplexe. Il manquait une linéarité ou une cohérence globale.
« La poésie est don de lire la vie. Est poétique toute concentration soudaine du regard sur un seul détail, que provoque notre désir enfantin de ne jamais mourir. »