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Espagne, Andalousie, XVI e siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique. Sinan est un enfant qui vit avec sa soeur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoi à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion...

317 pages, Mass Market Paperback

First published April 16, 2021

99 people want to read

About the author

Jean-Laurent Del Socorro

39 books24 followers
« La Mère des mondes » enrichit et développe l'univers mis en place par Laurent Genefort dans son roman « Points chauds ». Son auteur, Jean-Laurent Del Socorro aura 42 ans lorsque les Bouches s'ouvriront et, à l'instar du narrateur de « La Mère des mondes », il aime arpenter les terres étrangères, d'Abidjan à Zadar. Dans le monde réel, il est administrateur d'une compagnie d'arts numériques à Marseille et ses lectures le portent aussi bien vers Clive Barker que Greg Egan en passant par China Miéville et Thomas Day.

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Displaying 1 - 18 of 18 reviews
Profile Image for L'ours inculte.
465 reviews8 followers
May 22, 2021
En Avril est sorti le nouveau roman de Jean-Laurent Del Socorro et le monde est joie. Du roi je serai l’assassin se déroule dans le même univers que Royaume de vent et de colères mais va se situer quelques années avant pour nous raconter « l’origin story » d’un des personnages marquants de l’auteur : Silas.

Dans l’Espagne du XVIe siècle, les catholiques ont repris le pouvoir en virant tous les musulmans ou en les forçant à se convertir. C’est le cas du petit Sinan, qui vit à Grenade avec un père autoritaire, une mère effacée, sa sœur jumelle Rufaida et la petite dernière Sahar. Du roi je serai l’assassin va nous raconter le parcours de Sinan à travers une enfance difficile et un départ vers la France avec sa sœur pour y poursuivre ses études. Il va passer d’une Espagne inquisitrice où les siens sont persécutés à… Une France en pleine guerre de religions entre catholiques et protestants. Bonne ambiance. Mais Rufaida et Sinan ont aussi une quête de savoir bien à eux, ils cherchent à tout prix à dompter un certain « dragon ».

Difficile d’être plus précis dans mon résumé, mais sachez qu’on a la un récit initiatique qui repose encore une fois sur une reconstitution historique admirable de l’auteur. Le contexte historique réel de son histoire est finement documenté et mis en place, mais surtout l’impact de ce contexte sur les personnages, leur psychologie et leur parcours est crédible et passionnant à découvrir. Pourtant ne vous attendez pas à découvrir des complots et des assassinats plein d’action et de dangers acrobatiques, on est vraiment dans du parcours intime, et de la découverte du monde.

Le roman est plus ou moins divisé en trois grandes partie. Le premier tiers concerne l’enfance de Sinan et Rufaida à Grenade, la seconde sera leurs « années d’étude » à Montpellier, et la troisième est un grand secret dont je dirai quelques vagues mots un peu plus loin. Le premier élément qui m’a sauté à la gueule à la lecture du bouquin, et surtout de sa première partie, c’est que c’est putain de déprimant. Le premier tiers du bouquin m’a mis un sacré coup parce que je m’y attendais pas, Royaume de vent et de colères était pas dans ce ton, mais là il y va pas avec le dos de la main morte de la cuillère, monsieur Del Socorro. L’enfance de Silas et Rufaida est marquée par la violence domestique, la maltraitance et le drame, autant de « Content Warnings » à ne pas négliger si vous êtes pas chaud-bouillants pour affronter de la violence envers des gosses. La joie du monde dont je parlais en intro s’est envolée même si, ne vous méprenez pas, c’est raconté avec une absolue délicatesse et un talent certain.


Petite parenthèse, j’me suis un peu posé la question, c’est pas le premier bouquin que je lis et qui intègre des sujets pareils, y’a des tas de livres de fantasy où des gens sont opprimés et maltraités, enfants y compris. Mais ceux qui me perturbent autant sont assez rares, et je me suis demandé ce qui les différenciait. Il y a bien sûr une question de réalisme, ça tape pas pareil quand c’est un contexte très crédible par rapport à un univers totalement fantasy over-ze-top. Mais aussi, le fait est que si tu me montres une situation à ce point injuste et cruelle, mais que sur le moment et dans la suite du bouquin elle provoque une révolte chez les personnages, une réaction qui pousse à du meilleur, ça va pouvoir contre-balancer et donner un moteur. Mais ici, et c’était aussi mon problème en lisant La cinquième saison (mais j’étais quasi seul sur ce coup-là), ces situations sont quasiment, et malheureusement, bénignes et « acceptées » sur le moment. Elles sont un élément de la vie, on s’y résout et on passe à autre chose. Et ça ça me gave. Putain. Fin de la parenthèse.

Du roi je serai l’assassin pose ainsi les bases de ses protagonistes, et va dès la seconde partie les envoyer dans le vaste monde, faire des études dans un contexte politique un peu compliqué. Montpellier est alors quasiment un bastion protestant dans une France qui s’oppose de plus en plus à cette branche du christianisme. On voit bien que les religions et leurs conflits dans l’histoire sont un des grands piliers thématiques de cette fantasy historique, on s’en serait douté. Mais c’est aussi pour les jumeaux une période de découverte, amitié, amour, connaissance, on passe par quelques moments heureux dans ce qui ressemble à un parcours d’étudiant. Jean-Laurent Del Soccoro glisse une relation homosexuelle dans un contexte où c’est pas vraiment la norme. Les relations entre Sinan et Rufaida vont aussi se tendre, leurs objectifs diverger, et cette relation familiale est un élément très solide et passionnant du bouquin. Le féminisme est aussi de la partie quand Rufaida découvre qu’elle a pas vraiment le même traitement que son frère. Tous ces sujets sont admirablement bien traités par l’auteur et s’intègrent parfaitement au récit. Bien sûr on n’oublie pas la tragédie, faudrait pas qu’on soit de trop bonne humeur hein…

La dernière partie du roman joue sur l’effet de surprise et donc je n’en dirai pas grand chose, sachez juste qu’elle fait le pont avec Royaume de vent et de colères, et fait que je me pose la question de la pertinence de lire Du roi je serai l’assassin sans connaitre le roman précédent. C’est sûrement possible, mais vous pourrez louper quelques trucs. Un des défauts de ce roman est qu’il va parfois un peu vite sur certains évènements et certaines périodes, donc ça freine l’immersion, on enchaine des évènements mais j’ai parfois eu du mal à suivre les motivations des protagonistes, à ressentir ce qui les pousse dans leur quête (notamment la quête de l’Artbon). Et c’est beaucoup le cas dans cette dernière partie qui, en plus, repose sur certains acquis et quelques résonnances avec Royaume de vent et de colères donc ça peut être encore plus brusque pour un nouveau lecteur de cet univers.

Au final, ce Du roi je serai l’assassin est objectivement un bon roman mais ça a été personnellement une lecture un peu compliquée, entre la violence inattendue de la première partie et un enchainement parfois un peu trop rapide qui empêche de s’attacher aux protagonistes et les comprendre. Je recommanderai tout de même sa lecture aux amateurs de fantasy et d’histoire qui n’ont rien contre un trop plein de tragédie ultra-sombre.

https://ours-inculte.fr/du-roi-je-ser...
Profile Image for Yuyine.
976 reviews58 followers
April 14, 2021
Du roi je serai l’assassin nous permet de découvrir l’histoire intense et bouleversante de Silas, ponctuée de violence, de peines mais aussi d’amour au coeur d’un monde ravagé par la haine où les guerres de religion sévissent et détruisent les vies humaines. Bien qu’il se déroule dans le même univers il se lit indépendamment du magnifique roman Royaume de vent et de colères. Et même si je n’ai pas eu le coup de coeur habituel, je ne peux que saluer encore l’excellence de l’auteur qui nous offre comme toujours un très bon roman.

Critique complète sur yuyine.be!
Profile Image for Tim.
650 reviews82 followers
July 4, 2021
A little warning: 'Du Roi je serai l'assassin' takes place before the events in 'Royaume de vents et de colères'. However, the story was written so that it can be read independently from 'Royaume...'.

From a personal point of view, I would recommend that you start with 'Royaume de vent et de colères'. If for some reason, you do start with 'Du Roi je serai l'assassin', do read the "main" novel afterwards.

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So far, there are four books and two short stories in this setting. While not a series like your classical kind of sagas, the books are related and only two can be read on their own: 'Royaume de vent et de colères' (2017) and the newest, 'Du Roi je serai l'assassin' (2021).

01) Royaume de vent et de colères (the novel that started it all) (my review o/t omnibus)
02) Le Vert est éternel (short story, available online and in the omnibus edition of 'Royaume...') (my review)
03) La Guerre des trois rois (prequel to 'Royaume...') (my review)
04) Du Roi je serai l'assassin (prequel to 'Royaume...')

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Publication order, maybe the best order to follow (in my humble opinion):

01) Royaume de vent et de colères (first: 2016)
02) Le Vert est éternel (first: 2017)
03) La Guerre des trois rois (first: 2020)
04) Du Roi je serai l'assassin (first: 2021)

Possible, alternative reading order:

04) Du Roi je serai l'assassin
01) Royaume de vent et de colères
02) Le Vert est éternel
03) La Guerre des trois rois

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Like before, the story is divided into a few parts, cities this time:

* Granada, Andalusia (ES)
* Montpellier (FR)
* Marseille (FR)
* Paris (FR)

The year is 1569 in the city of Marseille, also the location of the events in 'Royaume de vent et de colères'. The French Wars of Religion between Catholics and Huguenots (Reformed/Calvinist Protestants) have been going on for seven years now. Silas, one of the characters of 'Royaume de vent et de colères' welcomes the reader in this trip down memory lane, back to his youth as a Morisco, when his two sisters (Rufaida, the older one, and Sahar, the youngest one) and he were brought up by an authoritarian father.

It all began in Granada, Spain, in the year 1540. The Reconquista made sure that Spain and Portugal were reconquered by the Catholics. Muslims were then either expelled or had to convert, therefore known as Moriscos, Muslims converted to Catholicism, practising their original faiths secretly.

Sinan's father is a respected physician, has studied at the university of Granada. Because of his reputation and acquired fortune, he can afford to hire a private teacher for his children, whom he refuses to send to a catholic school. He is a proud Muslim, even longs for the return of Islamic rule. Aïcha of Avarroès is to teach them not only about science and other subjects, but also about their Islamic roots. Woe unto her if she doesn't follow the father's orders. The Picatrix is also one of the works she teaches about. Especially Sinan will build up a strong and friendly relationship with her.

Having a difficult youth and no means to vent your emotions, Sinan soon develops a drinking problem, with the additional macho behaviour. In reality, Sinan is far from a tough boy, as it's Rufaida who wears the pants then. Especially during their fighting courses with another (warrior-)teacher, Morayma. Here it's Rufaida who will become close friends with her, while Sinan will consider her from a different point-of-view.

Their home-schooling completed, they're ready to go to university. However, their hearts will be burdened. . Their father has connections (a pharmacist) in Montpellier, France. As he wants them to have a proper education and later on a proper job, they're to take up studies in medicine at the School of Mages (roughly translated). However, first they have to take an entrance exam, which they pass. Obviously, otherwise the story would be finished.

The day they left for Montpellier, their father showed a sign of his love for his children. Was he, after all, capable of this? Their return would prove the opposite.

Entrance exams passed, but Sinan and Rufaida can't follow the same direction: only men can become doctors, women must take the surgeon-barber direction.

During their trip to Montpellier, Sinan and Rufaida entered Christian territory, Muslims were not liked over there. Hence having to adopt new names: Sinan becomes Simon, Rufaida becomes Raphaëlla. As they travelled from Granada to Montpellier, they saw with their own eyes how the world outside of Granada looked very different: buildings, how people lived, and especially the language they speak. Under the rule of King Philip II, the Arab language was abolished, so Sinan/Simon and Rufaida/Raphaëlla had to switch to Castilian, for example. Despite the strict rule, there seemed to be more freedom for everyone, whereas in Granada, the Inquisition was not far away to ensure that the people behaved correctly.

The university will bring out the competition beast in Rufaida, whereas Sinan would behave in a more loose way, acquainting new friends (the German Peter and his Calvinist/Protestant) friends. This connection will have a serious impact on Sinan's and Rufaida's stay in France. They'll even have to choose sides, if they're ever to return home.

When one day, Simon and Peter are surrounded by a group of radical Catholics, the warrior in Simon/Sinan awakes and he will fight like never before. It's then that he chooses a new name, if only to break with his troublesome youth: Silas. As Rufaida also took lessons with Mrs Catalan, she has access to the Pharmacists' Guild's premises. And miracle, there's material to create the Stone of Al-Geuzahar or the Dragon's Stone, based on what is written in the Picatrix (mentioned above). It's also called Artbent or Artbon.

Sinan and Rufaida couldn't stay forever in Montpellier once their studies were terminated. Besides, the war in the area had subsided. So they returned back home, to a father who hadn't changed, was still his authoritarian self, without any respect for Sinan, but a little more for Rufaida. Sinan was always regarded as the son who wasn't capable of anything, let alone find the Artbon and bring it home.

You would think that Sinan and Rufaida would pick up their lives again in Granada, sticking together like they promised before having been sent to Montpellier, but a rebellion prevented that: The Rebellion of Apujarras, also known as the War of the Alpujarras or the Morisco Revolt, was the second revolt of the Moriscos (the converted Muslims) against the Castillian crown. As you an imagine, Sinan and Rufaida would have to help their former teacher Morayma and others in this war. Or rather, Rufaida would (continue to) fight, Sinan would fulfil his mother's last wish and head to Tunisia. The competition (instilled by their father?) between sister and brother had left a lasting impact on their relationship.

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We also meet Gabin again, full name Gabriel de Thorenc. Gabin first came into the spotlights in the short story at the end of 'Royaume de vent et de colères'. Gabin was also victim of a difficult upbringing and found shelter with the Company of the Chariot, of which Silas would also become a member. This side-step -, where Gabin and Silas meet again, yet don't share the same ideals - is thus a jump into the future (the year 1600), where we follow an adult Gabin. There are returning elements from the aforementioned short story, which complete one's image of the events then. Gabin/Gabriel will be given an import mission: to escort Lady Rufaida, who's the advisor of the future queen of France, Marie de Médicis. Gabin will have to prove his worth to avoid a catastrophe from unfolding.

It wouldn't be a good story if it didn't end well. There has be closure or reconciliation.

However, the surprise comes at the end. A bit weird as conclusion, but we're still in the period of the War of Religions, after all. The historical context is quite, if not very, important here.

Rest assured, not everything is said and done here. I'm pretty sure that Jean-Laurent Del Socorro will write another book in this setting, sooner or later. One does not simply end a book in this way and leave it at that.

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'Du Roi je serai l'assassin' is a dark and sometimes heart-breaking story, yet with a glimmer of hope. While it's set in a historical context that really existed and turned Europe upside down, the focus here lies on Silas and how he experienced everything, how he dealt with the various challenges. It's the kind of story that isn't bound by time. On the contrary, various people are still subjected to such experiences.
'Du Roi je serai l'assassin' is thus both informative, because of its historical content, and entertaining, by lack of a better word.

Not only are you taught about France and Spain in the 16th century, and very interesting at that, without a doubt, but the book also puts various themes on the table: relationship between siblings, relationships of the same sex, upbringing in an authoritarian situation and the impact years later, men's vs women's rights, etc.

With 'Du Roi je serai l'assassin', Jean-Laurent Del Socorro proves he's a master at bringing history to life, at making history appealing in an accessible manner and arouse and stimulate one's interest in such subjects.

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On a side note: Why was Montpellier so prominent in this book? Important here was the School of Mages, where medicine was taught. Jean-Laurent Del Socorro wanted desperately to have historical evidence of such a school, of perhaps a student having kept a journal of his stay in Montpellier and his studies. That would offer a unique view on the Montpellier during the War of Religions, of daily life, of how people held feasts, and more. And what do you know? Such a document was found. It was of course written in old French, translated at least more than a century later. And thanks to the additional notes and verifications of a historian, the student's writings could be used to construct this new book.

And for those who are interested, there's a list of consulted works at the end, as well as a small list where certain aspects are explained.

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I was sent this book by Éditions ActuSF for review. Many thanks to them for the trust.

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While you're at it, why not dive into, for example, the series 'Le Bâtard de Kosigan' by Fabien Cerutti? The books take place a few centuries before the War of Religions. You can find my reviews here.
Profile Image for Yoda Bor.
927 reviews9 followers
April 26, 2022
Au milieu de tous les personnages créés par Jean-Laurent Del Socorro pour Royaume de vent et de colères, Silas est resté le plus mystérieux. Seul d’entre eux à nous parler, il ouvre et ferme la scène sans que nous n’apprenions la moindre chose sur lui.
Avec ce roman, l’auteur vient nous raconter sa jeunesse et comment il a bien pu arriver à Marseille, lui est né loin de là, à Grenade, en pleine Reconquista.

Silas ne s’est pas toujours appelé ainsi et, surtout, il n’a pas toujours été seul. Un père, une mère, une préceptrice, une petite sœur et une sœur jumelle, une famille somme toute banale malgré les difficultés liées à la religion, du moins au premier abord. Parce que dans l’intimité, les choses sont bien différentes et on nous parle de maltraitance familiale, de violences, d’indifférence et de deuil.
Un combat de tous les jours que les enfants mènent en se protégeant les uns les autres du mieux qu’ils peuvent. Jusqu’au drame.

Jean-Laurent Del Socorro fait le choix de laisser le volet fantastique, celui qui tourne autour des Artbonniers et qui prend ici le nom de Pierre du Dragon, très loin dans son récit. C’est une quête un peu vague qui réapparait de temps en temps, un objectif à atteindre pour Silas et Rufaida. Pourtant, ce n’est pas le plus important parce qu’on est focalisé sur cette violence, de cette famille tout d’abord, puis de la ville, du pays et jusqu’à Montpellier où les enfants partent finir leurs études et où ils tombent en plein soulèvement protestant.
Des guerres de religion, encore et toujours puisque c’est l’époque qui veut cela et qui vont poursuivre Silas.

Ce passage à Montpellier m’a particulièrement interpellée. On sait que les jumeaux n’y trouveront pas la paix mais, malgré l’injustice que vit Rufaida qui ne peut pas poursuivre les études qu’elle souhaite parce qu’elle est une femme, il y a des instants d’apaisement où se retrouvent leur logeuse juive, deux étudiants musulmans et Peter, le Protestant calviniste.
Un espoir vite balayé en même temps que l’Histoire avance.

Je ne vous parlerai pas de la troisième partie parce qu’elle est très spoilante et qu’elle nécessite, à mon sens, d’avoir lu Royaume de vent et de colères, Gabin sans aime, et sans doute même La Guerre des trois rois pour avoir un intérêt. Elle détonne un peu dans le récit et c’est un choix audacieux, mais sa conclusion m’a beaucoup plu.

Silas c’est un beau, un magnifique personnage. Un de ceux pour lesquels je serai prête à lire la moindre ligne pour en apprendre plus sur lui, sur la haine qu’il a enfouie, sur l’amour qu’il a eu pour sa petite sœur, sur la passion poétique fugace qu’il a vécue.
Sur l’ancien Sinan, temporaire Simon, devenu Silas pour ne pas étouffer sous cette violence qu’il aura connue jusqu’au bout. Avant d’accepter l’apaisement.
Profile Image for Lydie Blaizot.
Author 52 books8 followers
October 26, 2022
Ce livre est classé sur de nombreux sites en fantasy, alors qu’il s’agit d’un roman historique avec une petite (très petite) touche de magie via les arts alchimiques. J’ai donc été un peu déçue mais, si j’avais su qu’il était rédigé à la première personne et au présent, je ne l’aurai carrément pas pris (j’avoue, c’est quelque chose que je déteste, je trouve que cela dessert souvent le roman).

Le livre est divisé en trois parties et, il me faut l’admettre, mon cerveau a buggé dès le début. Le héros qui raconte son histoire au présent, je n’ai pas du tout adhéré.

La suite sur mon blog :
https://lauryn-books.blogspot.com/202...
Profile Image for Tim.
650 reviews82 followers
September 20, 2024
This is the collector's edition, limited indeed, published via a crowdfunding via Ulule by the organisation Didaskalie. This to correspond to the collector's editions of previous novels: 'Royaume de vent et de colères' and 'Boudicca', both previously published via Éditions ActuSF, but no longer available, unless remaining copies in French libraries.

Books in the series thus far (dd September 2024):
Publication order of the series, maybe the best order to follow (in my humble opinion):
01) Royaume de vent et de colères (first: 2016)
02) Le Vert est éternel (first: 2017)
03) La Guerre des trois rois (first: 2020)
04) Du Roi je serai l'assassin (first: 2021)
05) Noir est le sceau de l'enfer (first: 2022)
06) Peines de mots perdus (first: 2024)
07) De vent et de colères : l'intégrale (October 2024; omnibus of aforementioned volumes 01 -> 04)
(more to come? 😉 )

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I'll copy-paste my earlier review below:

A little warning: 'Du Roi je serai l'assassin' takes place before the events in 'Royaume de vents et de colères'. However, the story was written so that it can be read independently from 'Royaume...'.

From a personal point of view, I would recommend that you start with 'Royaume de vent et de colères'. If for some reason, you do start with 'Du Roi je serai l'assassin', do read the "main" novel afterwards.

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So far, there are four books and two short stories in this setting. While not a series like your classical kind of sagas, the books are related and only two can be read on their own: 'Royaume de vent et de colères' (2017) and the newest, 'Du Roi je serai l'assassin' (2021).

01) Royaume de vent et de colères (the novel that started it all) (my review o/t omnibus)
02) Le Vert est éternel (short story, available online and in the omnibus edition of 'Royaume...') (my review)
03) La Guerre des trois rois (prequel to 'Royaume...') (my review)
04) Du Roi je serai l'assassin (prequel to 'Royaume...')

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Publication order, maybe the best order to follow (in my humble opinion):

01) Royaume de vent et de colères (first: 2016)
02) Le Vert est éternel (first: 2017)
03) La Guerre des trois rois (first: 2020)
04) Du Roi je serai l'assassin (first: 2021)

Possible, alternative reading order:

04) Du Roi je serai l'assassin
01) Royaume de vent et de colères
02) Le Vert est éternel
03) La Guerre des trois rois

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Like before, the story is divided into a few parts, cities this time:

* Granada, Andalusia (ES)
* Montpellier (FR)
* Marseille (FR)
* Paris (FR)

The year is 1569 in the city of Marseille, also the location of the events in 'Royaume de vent et de colères'. The French Wars of Religion between Catholics and Huguenots (Reformed/Calvinist Protestants) have been going on for seven years now. Silas, one of the characters of 'Royaume de vent et de colères' welcomes the reader in this trip down memory lane, back to his youth as a Morisco, when his two sisters (Rufaida, the older one, and Sahar, the youngest one) and he were brought up by an authoritarian father.

It all began in Granada, Spain, in the year 1540. The Reconquista made sure that Spain and Portugal were reconquered by the Catholics. Muslims were then either expelled or had to convert, therefore known as Moriscos, Muslims converted to Catholicism, practising their original faiths secretly.

Sinan's father is a respected physician, has studied at the university of Granada. Because of his reputation and acquired fortune, he can afford to hire a private teacher for his children, whom he refuses to send to a catholic school. He is a proud Muslim, even longs for the return of Islamic rule. Aïcha of Avarroès is to teach them not only about science and other subjects, but also about their Islamic roots. Woe unto her if she doesn't follow the father's orders. The Picatrix is also one of the works she teaches about. Especially Sinan will build up a strong and friendly relationship with her.

Having a difficult youth and no means to vent your emotions, Sinan soon develops a drinking problem, with the additional macho behaviour. In reality, Sinan is far from a tough boy, as it's Rufaida who wears the pants then. Especially during their fighting courses with another (warrior-)teacher, Morayma. Here it's Rufaida who will become close friends with her, while Sinan will consider her from a different point-of-view.

Their home-schooling completed, they're ready to go to university. However, their hearts will be burdened. . Their father has connections (a pharmacist) in Montpellier, France. As he wants them to have a proper education and later on a proper job, they're to take up studies in medicine at the School of Mages (roughly translated). However, first they have to take an entrance exam, which they pass. Obviously, otherwise the story would be finished.

The day they left for Montpellier, their father showed a sign of his love for his children. Was he, after all, capable of this? Their return would prove the opposite.

Entrance exams passed, but Sinan and Rufaida can't follow the same direction: only men can become doctors, women must take the surgeon-barber direction.

During their trip to Montpellier, Sinan and Rufaida entered Christian territory, Muslims were not liked over there. Hence having to adopt new names: Sinan becomes Simon, Rufaida becomes Raphaëlla. As they travelled from Granada to Montpellier, they saw with their own eyes how the world outside of Granada looked very different: buildings, how people lived, and especially the language they speak. Under the rule of King Philip II, the Arab language was abolished, so Sinan/Simon and Rufaida/Raphaëlla had to switch to Castilian, for example. Despite the strict rule, there seemed to be more freedom for everyone, whereas in Granada, the Inquisition was not far away to ensure that the people behaved correctly.

The university will bring out the competition beast in Rufaida, whereas Sinan would behave in a more loose way, acquainting new friends (the German Peter and his Calvinist/Protestant) friends. This connection will have a serious impact on Sinan's and Rufaida's stay in France. They'll even have to choose sides, if they're ever to return home.

When one day, Simon and Peter are surrounded by a group of radical Catholics, the warrior in Simon/Sinan awakes and he will fight like never before. It's then that he chooses a new name, if only to break with his troublesome youth: Silas. As Rufaida also took lessons with Mrs Catalan, she has access to the Pharmacists' Guild's premises. And miracle, there's material to create the Stone of Al-Geuzahar or the Dragon's Stone, based on what is written in the Picatrix (mentioned above). It's also called Artbent or Artbon.

Sinan and Rufaida couldn't stay forever in Montpellier once their studies were terminated. Besides, the war in the area had subsided. So they returned back home, to a father who hadn't changed, was still his authoritarian self, without any respect for Sinan, but a little more for Rufaida. Sinan was always regarded as the son who wasn't capable of anything, let alone find the Artbon and bring it home.

You would think that Sinan and Rufaida would pick up their lives again in Granada, sticking together like they promised before having been sent to Montpellier, but a rebellion prevented that: The Rebellion of Apujarras, also known as the War of the Alpujarras or the Morisco Revolt, was the second revolt of the Moriscos (the converted Muslims) against the Castillian crown. As you an imagine, Sinan and Rufaida would have to help their former teacher Morayma and others in this war. Or rather, Rufaida would (continue to) fight, Sinan would fulfil his mother's last wish and head to Tunisia. The competition (instilled by their father?) between sister and brother had left a lasting impact on their relationship.

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We also meet Gabin again, full name Gabriel de Thorenc. Gabin first came into the spotlights in the short story at the end of 'Royaume de vent et de colères'. Gabin was also victim of a difficult upbringing and found shelter with the Company of the Chariot, of which Silas would also become a member. This side-step -, where Gabin and Silas meet again, yet don't share the same ideals - is thus a jump into the future (the year 1600), where we follow an adult Gabin. There are returning elements from the aforementioned short story, which complete one's image of the events then. Gabin/Gabriel will be given an import mission: to escort Lady Rufaida, who's the advisor of the future queen of France, Marie de Médicis. Gabin will have to prove his worth to avoid a catastrophe from unfolding.

It wouldn't be a good story if it didn't end well. There has be closure or reconciliation.

However, the surprise comes at the end. A bit weird as conclusion, but we're still in the period of the War of Religions, after all. The historical context is quite, if not very, important here.

Rest assured, not everything is said and done here. I'm pretty sure that Jean-Laurent Del Socorro will write another book in this setting, sooner or later. One does not simply end a book in this way and leave it at that.

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'Du Roi je serai l'assassin' is a dark and sometimes heart-breaking story, yet with a glimmer of hope. While it's set in a historical context that really existed and turned Europe upside down, the focus here lies on Silas and how he experienced everything, how he dealt with the various challenges. It's the kind of story that isn't bound by time. On the contrary, various people are still subjected to such experiences.
'Du Roi je serai l'assassin' is thus both informative, because of its historical content, and entertaining, by lack of a better word.

Not only are you taught about France and Spain in the 16th century, and very interesting at that, without a doubt, but the book also puts various themes on the table: relationship between siblings, relationships of the same sex, upbringing in an authoritarian situation and the impact years later, men's vs women's rights, etc.

With 'Du Roi je serai l'assassin', Jean-Laurent Del Socorro proves he's a master at bringing history to life, at making history appealing in an accessible manner and arouse and stimulate one's interest in such subjects.

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On a side note: Why was Montpellier so prominent in this book? Important here was the School of Mages, where medicine was taught. Jean-Laurent Del Socorro wanted desperately to have historical evidence of such a school, of perhaps a student having kept a journal of his stay in Montpellier and his studies. That would offer a unique view on the Montpellier during the War of Religions, of daily life, of how people held feasts, and more. And what do you know? Such a document was found. It was of course written in old French, translated at least more than a century later. And thanks to the additional notes and verifications of a historian, the student's writings could be used to construct this new book.

And for those who are interested, there's a list of consulted works at the end, as well as a small list where certain aspects are explained.

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While you're at it, why not dive into, for example, the series 'Le Bâtard de Kosigan' by Fabien Cerutti? The books take place a few centuries before the War of Religions. You can find my reviews here.
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47 reviews2 followers
April 25, 2021
Le synopsis m’intéressait beaucoup. Au final, le roman est le penchant littéraire d’une série netflix sur fond d’inquisition. La trame de fond est plus qu’intéressante. Elle est bien narrée et aucun parti ne semble pris. En effet, les différents camps ne représentent nullement des caricatures dénuées d’intérêts, au contraire, l’héritage religieux, historique et social est très important et démontre une richesse au cœur même du danger.

Toutefois, ce qui m’a déçu ce sont les personnages. Je les ai trouvé creux, très émotifs, très lunatiques avec des transitions bien gérées au début, en Espagne, mais vite bâclés par la suite. Les relations amoureuses m’ont semblé tout droit sorties de séries netflix avec cette recherche de soi à travers les relations sexuelles. Elles sont téléphonées et bien que poétiques, n’en restent pas moins légères et vides à souhait. Elles ne me semblent pas justifiées, tout comme certaines phrases très critiquables (et surtout actuelles) et qui s’affirment comme vérité ici, sans débat, sans contradiction si ce n’est une remarque idiote.
La construction du personnage de Sinan a été très irrégulière. D’un début très intéressant (bien que le pere cliché m’a beaucoup dérangé car très manichéen), l’arrivée à Montpellier a été un plongeon dans l’absence de nuances.

Au final et pour résumer, cette lecture a été plaisante sur le côté historique et social mais le traitement des personnages et des religions (ça aurait pu réussir, il y avait de très bon éléments au debut), a été trop irrégulier et fondées sur des clichés nous faisant sortir du livre, après avoir levé les yeux au ciel à de maintes reprises.
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109 reviews
November 17, 2024
Ce roman n’est pas une découverte de l’auteur. Cette rencontre s’est faite à travers les pages de Bouddica, un roman que j’avais adoré pour la force de son personnage et de l’émotion prodiguée. Ce roman n’est pas non plus une découverte de l’univers. Cette rencontre-là s’est faite avec Royaume de Vents et de Colères, qui m’avait embarqué de bout en bout. Ce n’est même pas la découverte du personnage principal, que l’on retrouve dans Royaume. C’est d’ailleurs cette petite porte d’entrée, dans le point de vue de Silas, qui m’a donné envie d’en apprendre plus sur ce personnage si original et particulier.

Je ne devrais donc pas être étonnée du talent de conteur de l’auteur. Et pourtant. Pourtant. Cela a été une claque magistrale. Enfin, claque n’est pas le mot adéquat. Cela n’a pas été violent, comme peut l’être le père de Sinan avec ses enfants. Violent, comme peut l’être le gouvernement espagnol avec les morisques, le gouvernement français catholique avec les calvinistes. Non, ce n’est pas par la violence que nous enchante Jean-Laurent Del Socorro. C’est par l’amour, la tolérance et la compassion.

Et que d’amour, de tolérance et de compassion, j’ai eu pour Sinan ! Ce jeune enfant, amputé de l’amour d’une mère absente sans l’être et d’un père violent et orgueilleux. Ce jeune enfant, amputé de sa culture et de sa religion par le pays même qui l’a vu naître et grandir. Sinan, garçon sensible, qui se raccroche à l’amour de ses sœurs, qui tente comme il peut d’éloigner la violence de son cœur et de son âme alors même qu’elle s’empare de son corps et de son esprit.

Sinan, qui devient Simon, durant trois ans, loin de son père et proche d’amis qu’il se fait enfin, et grâce à qui il tente de s’épanouir. Un Simon certes encore un peu timide, réservé, qui peine à faire confiance, mais qui est avide de savoirs et d’une loyauté sans faille. Malheureusement, la violence revient avec force pour lui voler cet espoir de vie paisible.

Puis vient Silas. Silas le beau parleur, Silas qui se révèle pour protéger le petit Sinan au cœur meurtri, le jeune Simon au cœur brisé. Ce Silas mit en valeur par une plume absolument magistrale, qui m’a émerveillé à chaque mot. Je ne saurais vous dire à quel point je suis tombée amoureuse de ce style narratif, de cette poésie si juste, si percutante, qui, telle une flèche, s’est fiché dans mon cœur de lectrice.

Cette lettre d’amour ne vous aide pas trop à y voir clair ni à vous donner une idée précise de ce dont parle ce roman, et je m’en excuse. Il m’est toujours un peu difficile de mettre des mots sur une lecture qui me prend aux tripes et la tâche de les rendre cohérents est d’autant plus délicate. Mais tâchons d’y parvenir.

Sinan, donc, un Morisque, un Maure musulman converti, du moins officiellement, à la religion catholique lors de la reprise de l’Espagne par le gouvernement chrétien. Vivant avec sa famille à Grenade, sous le contrôle trop strict et violent d’un père qui souhaite revoir la région d’Al Andalus sous le contrôle musulman. Poussant ses enfants toujours plus loin, il leur fait apprendre les lettres, les chiffres et le combat. Tout ce qui peut servir d’arme contre la conquête catholique. Entraînés à lui obéir comme des soldats face à un commandant, ses enfants se retrouvent en mission pour son compte : trouver la pierre du Dragon pour mettre en marche la résistance.

L’intrigue en elle-même est passionnante. Narrée sous le prisme de la vie de Sinan, on le suit tout au long de sa jeunesse, pour découvrir cette époque historique qu’est la guerre des religions. Je tiens d’ailleurs à remercier l’auteur de ne pas avoir invisibilisé cette minorité ethnique et religieuse de l’époque. De l’avoir mise en avant, certes, parfois de manière peu flatteuse, mais vraie tout de même. C’est un des points forts de ce roman : les religions sont toutes – aucune n’est laissée dans l’ombre – abordées de manière critique mais respectueuse. J’ai aimé la pensée qui se cache derrière et qui se révèle grâce à certaines citations : « Ce ne sont pas les camps qui sont mauvais, seulement les hommes et les femmes qui les composent. » La foi, la croyance, n’est pas le problème, mais ce que les humains en font. J’ai trouvé cela tout à fait juste.

Et parce que l’auteur offre une place d’honneur aux femmes, il serait insultant que je n’en parle pas à mon tour. Commençons par Aicha, la tabiba qui s’occupe de l’éducation de Sinan et de ses sœurs. Cette femme de lettres et de sciences, digne de sa première apparition à la dernière. Première personne à prendre la défense de ces enfants maltraités, première à leur offrir tout le pouvoir qu’elle pouvait leur procurer. Une alliée sans faille dans ce monde cruel et violent dans lequel ils se trouvent plongés. Cette femme a gagné mon affection et mon respect tout entier.

Vient ensuite Morayma, une résistante à la langue aussi acérée que ses lames, qui leur apprend le combat. Son personnage est un peu plus nuancé et gris qu’Aicha. J’ai eu un peu de mal avec sa brutalité au départ, pour finalement lui accorder tout mon respect, admirative de sa détermination et de sa fidélité envers sa foi et ses principes.

On rencontre par la suite Maîtresse Catalan, une femme apothicaire et juive, qui leur ouvre sa porte et son cœur sans jamais rien leur demander en retour. J’ai aimé sa bienveillance qui s’écoule comme du baume sur le cœur de Sinan et du Rufaida, sa sœur jumelle.

Rufaida. Bon sang, Rufaida. Je n’ai que rarement vu un personnage aussi complexe et bien écrit. Elle est d’une humaine qui frôle l’inhumanité. Je ne saurais le dire autrement, ce qui ne nous avance pas beaucoup. Tout comme Morayma, elle possède cette ambiguïté, bien ou mal, on ne sait jamais trop. Le passé violent qu’elle partage avec Sinan a fait d’elle une femme endurcie, ayant soif de pouvoir pour ne plus avoir à subir la violence, plongeant pourtant dans ses bras sans hésitation. C’est une femme assoiffée : de pouvoir, de savoir, d’amour, de reconnaissance. Ne s’arrêtant jamais, continuant sa fuite vers la sécurité et l’amour. Ou dans la direction totalement opposée ? Qui sait.

Je me rends compte que, de ne pas savoir poser les mots sur cette lecture, j’en ai posé plus que ce que je pensais. Je vais donc m’arrêter sur ces paroles : allez découvrir la poignante histoire qu’est Du Roi, je serai l’assassin.
Profile Image for triceliatops.
89 reviews3 followers
December 28, 2021
https://merveilles-livresques.fr/du-r...

Voilà une lecture des plus particulières, et même si je l’ai apprécié, je ne pense pas voter pour ce titre quand viendra l’heure de choisir les 5 finalistes, et je vais vous expliquer pourquoi.

Je vais quand même commencer par les points positifs autour de ce titre. Déjà, ça se lit hyper vite. Je pense que, sans la LC, j’aurais terminé ce livre presque d’un seul tenant tellement j’étais à fond dedans. Pourtant, je ne pensais pas l’être car j’avais peur que le côté historique alourdisse beaucoup le récit. Mais pas du tout ! Les chapitres sont très courts, et les informations historiques sont suffisamment bien disséminées pour que l’on n’ait pas l’impression de lire une thèse d’histoire, et surtout ça s’intègre bien dans le récit. J’ai vraiment été agréablement surprise par ce roman que j’imaginais lourd et très long, alors que pas du tout.

Du côté de l’intrigue, ce n’est pas toujours égal, et si la première partie est un peu introductive, il se passe beaucoup plus de choses dans le reste du roman. Néanmoins, l’auteur a fait certains choix qui m’ont déplu, en donnant la part belle à tel ou tel personnage alors que j’aurais préféré qu’il prenne une autre direction, mais soit. La fin m’a par contre parue un peu abrupte ? L’auteur conclut l’histoire d’un personnage grâce à un autre, mais ça sortait un peu du chapeau, enfin ça m’a semblé étrange.

J’ai eu un peu plus de mal avec les personnages principaux. Enfin surtout avec Sinan. Dès le départ, j’avais plus envie de suivre les aventures de sa sœur, Rufaida, mais c’est Sinan qui va rester majoritairement au cœur du récit et ça m’a un peu attristée. Car c’est un peu un looser et je ne me suis pas du tout attachée à lui. Mais gros point négatif, et je l’ai mis en TW (mais je pense que ça devrait se trouver au début du titre), il y a des moments incestueux entre les deux jumeaux, surtout au début du livre (après ça ne revient pas ouf), mais j’aurais clairement préféré le savoir avant, et j’avoue que ça a failli me faire arrêter ma lecture. Et même si c’est là pour un quelconque intérêt historique, c’est aussi un des points qui fait que je ne voterai pas pour ce tire pour les 5 finalistes.

En bref, plutôt une bonne lecture et une bonne surprise par certains aspects, mais ça s’arrête là.
Profile Image for Adopt a Librarian.
230 reviews16 followers
January 29, 2022
Lien vers ma chronique sur le blog : https://adoptlibrarian.blogspot.com/2...

En lisant Du roi je serai l’assassin, j’appréhendais le côté historique car ce n’est généralement pas ma tasse de thé. Mais j’ai été très agréablement surprise ! L’auteur ne noie pas le lecteur sous des détails, au contraire, il reste très factuel ce qui rend l’ensemble digeste. La présence du fantastique est très ténue et n’est souvent que mentionnée : on nous parle d’alchimie, de livre et de pierre magiques. L’intervention véritable de la "magie" n’intervient que tardivement dans la seconde partie. Vous voilà prévenu si vous cherchez un roman de fantasy / fantastique historique. Personnellement, ça ne m’a pas du tout dérangée (et j’en suis la première étonnée !)


Dans la première partie, on suit l’histoire des frères et sœurs Sinan, Rufaida et Sahar et les conséquences et influences de la politique et de la religion à Grenade sur leur vie. Le quotidien de nos protagonistes s’avère être bien plus difficile que les apparences ne le font croire. Certains passages sont très durs et déchirants (je n’en dirais pas plus mais un événement en particulier est vraiment fort en émotion et bouleversant). Je me suis très vite attachée à ces trois enfants dont l’amour mutuel sert de refuge face à la violence et au mépris qui se déversent quotidiennement sur eux. Ils forment une famille déchirée et évoluent main dans la main malgré les coups durs de la vie.

Dans la seconde partie, Rufaida et Sinan partent étudier à Montpellier sous des faux noms car leurs racines espagnoles et musulmanes les mettent en danger. Les guerres de religion et la vie des étudiants de médecine de l’époque sont au cœur de cette partie. De nombreuses anecdotes historiques très intéressantes viennent ponctuer le récit. On sent un véritable travail de recherche historique mais c’est aussi la passion de l’auteur qui transparaît dans ses lignes.

Dans la dernière partie on suit un nouveau narrateur, ce qui est assez perturbant mais tout de même intéressant car il permet de donner un point de vue différent sur la suite et fin de l’histoire. J’étais cependant un peu déçue par cette ellipse de plusieurs dizaines d’années car on manque d’informations sur ce que Silas a fait pendant tout ce temps (c’est résumé en quelques phrases) et j’aurais beaucoup aimé continuer à le suivre.


L’écriture est fluide et efficace, j’en retiens surtout sa maturité et sa sensibilité qui servent à la perfection ce récit intime d’une grande intensité. Les chapitres sont très courts ce qui donne du rythme même si j’aurais aimé qu’ils soient plus longs pour vraiment avoir le temps de me poser et d’apprécier les événements dans leur entièreté. Ce roman est une belle ode à la diversité et à la tolérance que ce soit vis-à-vis de la religion de chacun, de ses origines, de son attirance sexuelle mais aussi sur la question du rapport homme/femme. En effet, un fossé se creuse entre Sinan et sa sœur Rufaida qui, du fait de son statut de femme, ne peut entreprendre les études qu’elle souhaiterait. Ce personnage fort et affirmé permet à l’auteur d’aborder la place des femmes à cette époque et dans diverses communautés. Le frère et la sœur partagent néanmoins un intérêt commun pour l’alchimie mais cette quête les mène à une compétition pleine de jalousie et de rancœur.

La force de ce récit c’est la richesse et la profondeur de ses personnages qui sont tout en nuances. Le protagoniste, Sinan, est un jeune homme brisé qui perd sans arrêt ceux qu’il aime et qui l’entourent. Il se cherche constamment et cette quête d’identité se manifeste de différentes façons : avec ses nombreux changements de noms, le fait qu’il soit pris pour un turc, l’alcoolisme qui lui permet de sortir de son mutisme naturel et de se désinhiber, sa volonté de toucher à plusieurs domaines (combat, médecine, alchimie, musique). Il oscille sans cesse entre plusieurs émotions et états d’esprit : la tristesse, la rage, la haine, la nostalgie, la peur. Après la dualité entre le frère et la sœur, c’est une dualité entre Sinan et son alter ego, Silas, qui se créée, entre désir de guérison et de résilience pour l’un et souhait de destruction teinté de haine pour l’autre.


Du roi je serai l’assassin de Jean-Laurent Del Socorro aura donc été une excellente lecture qui m’a touchée à de nombreuses reprises. Ce roman met à l’honneur la famille, l’amour, l’amitié et la haine sur fond de guerres de religion. C’est une histoire magnifique et intense mais aussi extrêmement triste. Je lirai assurément les autres romans de l’auteur qui se passent dans le même univers et suivent les mêmes personnages !
Profile Image for Kiatoulu.
394 reviews6 followers
December 31, 2021
Je me suis tout de suite attachée aux personnages. Ils sont très nuancés : personne n'est tout blanc ou tout noir. Certains passages sont très durs émotionnellement. J'ai moins aimé la troisième partie. On change de narrateur et je me suis un peu ennuyée. Je regrette que certaines pistes n'aient pas été plus exploitées.
Profile Image for Ehryx.
48 reviews1 follower
February 18, 2022
Une belle reconstitution historique à l'époque des guerres de religion, entre morisques espagnols et Montpellier médiéval, matinée de magie et au style exemplaire, érudit sans se montrer pédant.
Le roman a du mal à passer aux phases d'action, et s'essouffle franchement dans son dernier tiers, comme s'il ne savait plus trop quoi nous raconter.
33 reviews1 follower
February 15, 2023
J'ai failli l'abandonner à cause de la violence du récit qui m'a surprise. J'ai cru être soulagée quand Sinan quitte enfin son foyer, mais les guerres de religion et l'exclusion prennent le relais. La colère est omniprésente, oppressante, mais au final c'est ce que j'ai apprécié dans ce récit car c'est extrêmement bien mené. À la limite du supportable pour ma part, mais intéressant.
Profile Image for Ziggy.
131 reviews1 follower
May 23, 2025
Roman d'aventures bien écrit avec beaucoup de rythme mais sans surprises. Je ne me suis pas ennuyée mais je l'oublierai vite. 12,5/20
Profile Image for joe_letaximimi.
176 reviews4 followers
October 13, 2022
3/5

des chapitres courts, une écriture fluide et parfois un brin poétique ainsi qu'une histoire pour le moins intense.

C'est le 1e roman de l’auteur que je lis et je dois dire que j’ai bien apprécié cette histoire ainsi que les talents de conteur de l’auteur !

Le gros point fort de ce roman étant selon moi les personnages ! Plus particulièrement les jumeaux, Rufaida et son frère Sinan.

Des personnages sensibles, complexes et très nuancés. Ajouté à cela les épreuves que ces deux personnages ont vécus, vous finirez immanquablement par vous attacher à eux.

Sans compter la relation entre ces deux persos que j’ai trouvé très particulière, à mi chemin entre amour et haine. Jusqu'au bout cette relation m’a intriguée.

J’ai un peu moins accroché à la partie historique du récit qui m’a quelques fois perdue mais malgré ça je reconnais que le contexte de l’histoire ne rend celle ci que plus intense. J’ai plus d’une fois été retournée par des passages sombres, terriblement tristes même.

Ce que je pourrai reprocher à cette lecture c’est le côté magique trop peu présent pour moi. En clair j’en aurai voulu plus.

Aussi à la dernière partie du livre on nous raconte l'histoire d’une autre personne. J’ai moyennement aimé à ce moment là vu que de 1 je comprenais pas trop qui était ce perso et de 2 cette 3e partie a soulevé plus de questions qu’autre chose. Résultat j’ai fini cette lecture un peu frustrée.

Malgré ça j'ai passé un bon moment avec cette lecture. Je recommande
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