Agronome portugais exilé en France, Alvare cherche un paradis hors du monde. Il débarque à Montréal, où il croit trouver cet Eden dans une serre hydroponique sur le Champ des possibles, dans le Mile-End. Or la serre, univers fragile, est détruite. Alvare doit tout recommencer en Islande, dans une ferme cubique économe et productive : l’avenir de la production agroindustrielle. Amoureux de Hinrika, sa collègue, Alvare rêve de trouver ancrage auprès d’elle et de l’enfant qu’ils attendent dans la belle solitude du fjord. Or, hors-sol comme les plantes qu’il cultive, Alvare est confronté à sa condition de nomade sans racines : a-t-on besoin de lui dans cette communauté tissée serrée, où des femmes fortes élèvent seules leurs enfants ?
Né en France, à Crépy-en-Valois, en 1973, de parents d’origine coréenne, Philippe Yong vit à Montréal où il enseigne la littérature au Collège Stanislas. En 2022, il publie un premier roman chez Mémoire d'encrier, Hors-Sol, finaliste pour de nombreux prix un peu partout à travers le monde. Les yeux clos est son deuxième roman.
P105 Il en avait oublié qu’à fuir la vie, on ne pouvait trouver la paix.
Thématique agronomie qui ne m’interpelle pas. Parallèles avec la vie des végétaux qui ne m’émeuvent pas. Personnage pas tant sympathique. Qui est sans émotion, pas tant maitre de sa vie. Très passif, qui vogue et vit un peu comme une victime sans raison?
Exemple : En Islande, on l’informe que des voyageurs épuisés ont été trouvés sans vie, donc on l’avertit d’être prudent. Il répond je sais où je m’en vais. C’est faux et il se perd, c’est comme condescendant/blasé
“Ce droit à l’indifférence que lui-même revendiquait…p147 et sans lequel on ne pouvait être libre de penser et d’exister.”
Dès les premières pages je savais que ça ne serait pas pour moi. Si cette lecture n’était pas pour mon club de lecture , je l’aurais abandonnée.
La fin est étrange. Sans divulgâcheur je dirais que la situation avec Hinrika m’a rendu perplexe.
En tant que Québécoise vivant à l’étranger depuis maintenant plus de 10 ans et travaillant dans le domaine agroalimentaire, ce livre m’a beaucoup interpellée. Très belle plume.
Hors Sol m’a laissée partagée entre une admiration sincère pour le travail accompli et cette honnêteté parfois un peu abrupte, et un certain détachement face à l’histoire qui m’était racontée. Ayant moi-même vécu « hors-sol », je pensais me retrouver dans l’utopie d’Alvare, mais cela n’a pas vraiment été le cas – et ce n’est pas un problème en soi.
C’est un livre qui répond à de nombreuses attentes, mais qui en laisse certaines de côté. J’ai eu l’impression d’assister à une conversation privée entre le narrateur et le personnage, comme si j’étais un peu intruse dans cet échange. Par moments, j’ai trouvé que cela manquait de vulnérabilité, que le récit restait un peu trop froid malgré une approche très réfléchie du mot. On ressent souvent une émotion mais un peu trop "polie" ou pas assez profonde dans son passage, ce qui m'a quelque peu empêché de créer du lien avec ces personnages.
CEPENDANT!!!! Au milieu du récit, quelque chose a changé : j’ai ressenti un nouvel élan et j’ai commencé à m’attacher davantage à cette histoire, qui reste brillante et honnête.
Un livre différent, mais qui explore également l’idée du "sol" comme porteur d’émotions et de mémoires, et qui m’a beaucoup touchée, est Les Mauvaises Herbes.
J'ai adoré ma lecture... à part le dernier chapitre. 😅 (Ma critique s'en va dans tous les sens, vous m'excuserez, je l'espère..!)
On suit Alvare/Alvaro dans ses transplantations hors-sol, entre les serres du Mile-End et les projets agricoles futuristes islandaises. Il y a quelque chose d'absolument universel dans sa quête, lui qui ne sait jamais vraiment s'imposer aux autres. Ça m'a donné envie de replonger dans mes Ying Chen, même si la prose de Yong est très loin de la sienne. Quelque chose dans les thématiques et la façon d'exprimer des sentiments complexes en une broderie fine de mots. J'ai souligné une dizaine de passages au fil du texte et je sais que j'y reviendrai. Je n'aurais jamais pensé que c'était un premier roman : la voix est singulière et l'intrigue bien ficelée!
Mon bémol : sur la 4e de couverture, on peut lire "une utopie". C'est dans les 15 dernières pages que se déploient le plus d'éléments utopiques, et j'ai trouvé que plusieurs de ces détails amoindrissent le texte fort que nous a pourtant offert Philippe Yong tout au long du roman. Il y avait bien quelques éléments "utopiques" avant les 15 dernières pages (les fraises, le cube en Islande, etc.). C'était loin d'être mauvais, hein, je suis juste déçu.e de la fin parce que j'ai autant aimé les 2 premières parties et que je suis aussi fan des utopies (et des littératures de l'imaginaire) en général. Il y avait aussi pas mal de coquilles et d'erreurs, ce qui est inhabituel chez un éditeur aussi excellent que Mémoire d'encrier...
Cela dit, j'ai déjà très hâte de lire ses prochains romans! 🥰
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J’ai lu “Hors-sol” dans le cadre des “Rendez-vous du premier roman”. J’ai beaucoup aimé la première partie du récit, qui se déroule à Montréal. C’était lent, mais je prenais plaisir à m’installer dans l’univers d’Alvare et dans ses quartiers - son chez-lui et sa serre -, chauds, douillets, rassurants. Je souriais aux parallèles qu’il dessinait entre les plantes sans terre qu’il cultive et son propre déracinement. J’avais l’impression qu’il allait me porter ainsi, légère comme une plume, jusqu’à la toute fin. Malheureusement, à partir de son arrivée en Islande, le rythme ralentit encore un bon coup et les descriptions de paysages, mille fois trop nombreuses, ont fini par me lasser. Au final, j’ai aussi eu le sentiment de n’avoir qu’effleuré les personnages, je n’ai pas connecté et j’ai été déçue. Philippe Yong possède toutefois une belle plume, qui en a séduit plusieurs, et que je vous invite à découvrir si vous appréciez particulièrement les récits atmosphériques.
Le début ne me semblait pas prometteur. J'ai persisté et j'ai fini par découvrir un roman sur un personnage qui est partout et nulle part à la fois, pas ancré dans rien, un citoyen du monde... Un peu détaché de tout mais qui se rattache à sa fille qu'il a conçue par hasard...
J’ai beaucoup aimé voyager du Québec à l’Islande en compagnie de ce personnage énigmatique. Et c’est joliment écrit, dans une prose à la fois poétique et simple. Une très belle lecture.