9/10
Comme le Krampus, j’ai tout dévoré. Un roman qui garde en haleine et qui essouffle à force de courir à la suite des traqués. Le principe du huis clos à l’intérieur d’un centre de détention juvénile est super original et dicte l’essence même du récit. On entre dès le troisième chapitre dans l’action sans pour autant que ces seuls trois chapitres nous empêchent de cerner les personnages. On commence avec trois chapitres complets qui introduisent toutes les bases nécessaires à la compréhension de l’histoire. Puis, on part en feu dans une chasse sanglante à travers les dédales glacées du centre mettant en vedette Alex et ses survivants contre l’horrible créature mi-bouc mi-homme qui détruira tous obstacles entre sa victime et lui. Ici, je dis bien Alex et « ses » survivants puisque c’est entièrement grâce à son sens de la déduction et sa perspicacité que certains réussissent à survivre. Alex, sans pitié, sans amabilité, froid, distant, direct, imperturbable et uniquement dicté par la survie de son frère, sa sœur et lui, forme le parfait protagoniste. Il est à 100% détestable, mais son ingéniosité et son courage n’ont cessé de m’impressionner. Malgré tous ces défauts, il incarnait à la perfection le « main character energy » du dernier survivant d’un slasher. En ce qui a trait au fil conducteur du roman, l’auteur a fait preuve d’autant d’ingéniosité que son personnage pour créer une histoire sans temps mort et bourrée d’action tout en gardant une vision claire de l’ensemble des péripéties. Tout s’emboitait à la perfection. J’ai beaucoup apprécié la diversité des personnages et l’espacement entre leur arrivée dans le groupe. Même sans avoir une description complète de chacun, l’histoire nous laissait entrevoir le comportement et la personnalité distincte de tout le monde. Et pour parler de la fin (la première)… LA FIN ! Wow ! L’essence du conte interdit a été exploitée à son paroxysme. J’avais un peu deviné vers quoi le Krampus se dirigeait avec la mère d’Alex, mais jamais au grand jamais j’aurais pensé à une telle réaction de sa fratrie. Je m’en suit vu bouche bée. Je savais aussi que la Krampus n’allait pas s’éteindre si facilement et qu'il allait prendre Alex comme prochaine marionnette. Autant que j’ai été fâché, j’ai été attristé par la lettre griffonnée d’Alex. La deuxième fin, elle, ne m’a pas du tout accroché et je l’ai trouvée superflue au reste du roman. Ça à comme coupé mon plaisir avant l’épilogue. Finalement, la troisième fin, elle, est un mélange des deux. C’est une couche intéressante qu’on rajoute à l’histoire, mais aussi un peu superflue. Ça nous fait repenser à toute l’histoire sous un autre angle qui est à mon avis moins intéressant que celui du départ. Pourquoi inverser à la toute fin les rôles du méchant et des gentils ? Bref, le seul bémol auquel je peux penser, c’est la difficulté que j’ai parfois eue à m’imaginer la disposition du lieu de l’action. Par exemple, dans la cafétéria au début, j’ai eu de la misère à situer la passerelle, le Krampus et les personnages dans l’espace. Outre ça, je tiens à dire un gros bravo à l’auteur qui a su travailler mon cardio alors que je tournais page sur page sans prendre le temps de respirer.
TW : violence, meurtre, viol (un passage qui peut facilement être passé)