Jacques Chirac, condamné pour atteintes à la probité. Son Premier ministre, Alain Juppé, condamné. Nicolas Sarkozy, deux fois condamné et multi-mis en examen pour avoir été financé par une dictature étrangère. Son Premier ministre, François Fillon, condamné. Un ministre responsable de la lutte contre la fraude fiscale, Jérôme Cahuzac, condamné pour… fraude fiscale. L’actuel ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, mis en examen pour avoir fait pression sur des magistrats anti-corruption. On peut chercher longtemps, aucune autre grande démocratie occidentale contemporaine n’est lestée d'un tel CV.
C’est un petit essai qui tient dans son essence à cet étonnement : pourquoi Chirac, Sarkozy, Juppé, Cahuzac et peut être dès demain Dupont Moretti ont été condamnés par la justice et pas par l’opinion au point que ces personnes ont tout droit de citer. Pourquoi minimise t on dans notre pays la corruption et les malversations de nos dirigeants ?
Arfi refuse les arguments de présomption d’innocence et donne du crédit aux mises en examen comme faits suffisamment graves ou concordants pour faire lumière dans la presse sur ces affaires. Il se perd un peu sur les questions de gouvernement des juges, refusant l’opinion nuancée qui voudrait que les juges sont des hommes et des femmes faillibles et qui ont peut être une vision du monde et de leur mission qui leur fassent commettre des erreurs, à droite comme à gauche.
Le livre, c’est une tribune, manque d’autocritique (le procureur Arfi, émule d’Edwy Plenel, ne m’a jamais été sympathique) et de comparaison internationale (l’Italie!) mais interroge nos consciences sur notre tolérance envers la criminalité en col blanc.