La technologie ne nous a pas libéré·e·s de nos quotidiens surchargés, contrairement à ce qu’on nous avait promis. Et il ne semble pas y avoir assez de café et de boissons énergisantes pour transcender la fatigue des jours et de nos vies numériques. Véronique Grenier se lance dans une «odyssée de la fatigue» pour explorer ce qu’elle appelle nos fatigues ordinaires, celles qui nous sont intimes, mais qui nous définissent aussi socialement. Car être fatiqué·e, c’est être occupé·e, et regarder nos fatigues, c’est affronter notre rapport au temps.
Pourquoi sommes-nous à ce point épuisé·e·s ? Certaines fatigues nous dépassent-elles ? Avons-nous un peu de prise sur elles ? L’autrice, «fatiguée depuis l’enfance», cherche à répondre à ces questions et en profite pour parler de parentalité, de luttes et de vêtements mous.
« La fatigue est le nouveau small talk, un sujet tellement partagé qu’il nous unit au même titre que la dernière bordée de neige ou la canicule qui n’en finit plus de ne pas finir. »
Dans cet essai, l’autrice aborde les fatigues ordinaires de façon pertinente. Elle nous amène à réfléchir à notre propre fatigue et à ce qui pourrait en être la cause.
Les tâches et les obligations du quotidien sont si bien ancrés dans nos vies qu’on ne réalise pas leur ampleur et l’énergie, le temps que cela nous demande. La routine prend vite le dessus, les journées se suivent et se ressemblent et la fatigue elle, elle s’accumule.
Le chapitre sur la parentalité est sans aucun doute celui qui m’a le plus parlé. #momlife
« La fatigue de la parentalité, c’est peut-être celle pour laquelle j’étais la moins outillée. Elle m’a prise par surprise d’une manière tellement totale et absolue. Pas que je n’étais pas en mesure d’envisager que ça puisse être difficile, exigeant; c’est juste que l’écart, parfois, entre ce qu’on peut anticiper et la réalité peut être de l’ordre du gouffre. »
J’ai corné beaucoup de pages.
J’te dirais que mon rapport aux réseaux sociaux à aussi un peu changé suite à ma lecture. J’essaie de mettre mon cell de côté plus souvent pour éviter l’abus de scrolling.
« À quelque part, la fatigue me motive à vivre des vies par procuration: incapable de me lever de mon lit ou de mon divan, je regarde ce que font, disent et vivent des centaines de personnes que je ne connais pas. »
C’est une petite plaquette qui aurait dû en faire le double. Il y a tellement à dire sur ce sujet. J’en aurais pris plus, plus, plus !!
À lire pour mettre des mots sur ta fatigue mais aussi, pour te sentir moins seul. ❤️
J’ai adoré ce court essai, étant moi-même perpétuellement fatiguée et présentement en arrêt de travail. J’y ai trouvé de la validation, de la normalisation de certains questionnements qui m’habitent et qui sont enfin mis en mots ici. Le sous-titre promet une exploration et c’est exactement ce qui se passe. Je ne suis pas moins fatiguée post lecture mais définitivement plus indulgente envers mes fatigues.
Les fatigues ordinaires, être à boutte de toute. C’est mettre les mots sur le fardeau de notre génération qui nous touchent tous.te.s. Véronique Grenier le fait avec bienveillance et brio, ça donne l’effet de te mettre en mou dans des doudous pour réfléchir à cette fatigue qui accable sous toutes les coutures, en regardant toutes les côtés de la médaille. Ça rassemble pis ça te fais sentir moins seul.e.s. Je me suis reconnue à diverses endroits et moins à d’autres mais j’aimais avoir plus que mes perspectives connues. C’est court, mais c’est long des p’tits bouts.
J’ai découvert Véronique Grenier par une amie (Coucou Camille 🧡) qui m’a prêté un de ses recueils de poésie que j’avais beaucoup aimé. Ici, elle traite de différents types de fatigue. J’ai particulièrement aimé celles qui traitaient de nos vies numériques et de la lutte. Des réflexions intéressantes sans tomber dans un ton accusateur ou de conseils clichés pour faire disparaître cette fatigue.
Un peu convenu à mon avis, mais c'est peut-être parce que, comme insomniaque notoire et ardente opposante à la culture de performance, le sujet m'habite beaucoup. J'y ai trouvé tout de même quelques perles et ça fait évidemment du bien de trouver une communauté à travers la lecture.
« la fatigue est le nouveau small talk, le sujet tellement partagé qu’il nous unit au même titre que la dernière bordée de neige ou la canicule qui n’en finit plus de ne pas finir. » Un essaie qui propose pourquoi on est fatigué de même. Pas facile d’être jeune 🥲
Ça m'a fait sentir moins seule dans cette fatigue constante. J'ai surlignée quelques passages, rien que je ne savais pas déjà ( ma thérapie m'a appris beaucoup).. mais je m'y suis retrouvée à plusieurs reprise.
Lecture rapide mais loin d’être inintéressante pour autant! Malgré son caractère synthétique, l’essai aborde avec limpidité différents types de fatigue qui s’accumulent pour former une fatigue que l’on traîne au quotidien sans trop savoir pourquoi. J’ai particulièrement aimé les passages sur la fatigue numérique et celle parentale, dans lesquelles j’ai reconnu ma vie de tous les jours. C’est une lecture qui fait du bien, parce qu’on s’y reconnaît, du moins pour ma part. Une belle façon de commencer les vacances!
Excellent essai ! J'ai été surprise de réaliser toutes les façons de définir la fatigue, la transposer, la décortiquer ! Ça m'a fait du bien et permit de me réconcilier avec mes petites fatigues !
"La fatigue nous rend moins présent.e et atténue, il me semble, notre capacité à conserver une mémoire vive de ce qui a pu se passer. Elle nous prive d'une part de l'essentiel, j'ai envie de dire. La fatigue est une voleuse."
Enseignante et auteure, Véronique Grenier signe cet essai sur la fatigue. Découpé en quelques chapitres, elle aborde la fatigue du quotidien, celle de la vie numérique, de l'information, de la parentalité, d'être soi et demande aussi l'avis de Laura Doyle Péan pour la fatigue des luttes.
Un bel essai sur toutes les formes que possède la fatigue! La lecture m’a fait réaliser à quel point il est normal de se sentir « à boutte » plus souvent qu’autrement.
Il existe peu de livres à mon goût sur la fatigue et surtout, traitant de fatigue chronique. La plupart sont scientifiques et concluent en disant de boire beaucoup d'eau, bien manger et faire de l'exercice...
Je suis donc vraiment contente d'avoir pu mettre la main sur cet essai qui apporte une lumière très pertinente et actuelle sur divers types de fatigues courantes. Je n'ai jamais lu de livres qui parlent de la fatigue comme ça. "À boutte" m'a beaucoup aidé à réfléchir et à voir où je me situe (quel type de fatigue?).
On y parle aussi des "vides", autrement dit du temps libre, et de comment on peut le percevoir (assumer de ne rien faire, pas aussi facile qu'on le pense). "À boutte" mentionne aussi les exigences de la vie parfaite, souvent renforcées par les médias sociaux, et qui peuvent contribuer à nous fatiguer davantage.
J'ai souligné plusieurs passages et je compte relire cet essai.
Un 78 pages de pistes de réflexions ultra pertinentes. Je conseille cette lecture à tous. Du moins, à tous ceux qui se sentent fatigués.
« Je me dis qu’un de nos défis, c’est de parvenir à la conviction que nos heures, toutes nos heures, n’ont pas à être meublées, rentabilisées, occupées, performées: qu’on a du temps à perdre. Littéralement. Du temps non mémorable pour lequel on n’entretiendra aucune forme d’attente ou d’espoir, du temps à laisser sur le bord du chemin. Du temps non précieux. À gaspiller. »
3.5 étoiles. Un amuse gueule sur le sujet de la fatigue au quotidien. Représente plus un point de départ de d’autre lecture qu’un guide pour nous aider à la gérer.
Se plaint de fatigue alors qu'elle travaille temps plein et écrit un livre sur ça.. ton plaintif alors qu'elle a la chance d'avoir une famille en santé
C'était intéressant mais je m'attendais à plus. Plus de profondeur, une prose plus engagée. Comme dans la vie habitable de Véronique Côté. Néanmoins, j'ai su apprécier encore une fois l'écriture tellement fluide de Veronique Grenier et son humanisme qui apaise.
La phrase de la fin m'a laissé perpeplexe ceci dit : " ne pas lutter contre la fatigue puisqu'on s'épuise encore plus à le faire, mais apprendre à l'aimer se réconcilier avec elle dans nos vies, en attendant que l'inflammation se résorbe." Cette suggestion, la seule du livre pour vivre avec ou contre la fatigue(le but du livre n'était pas de suggérer des stratégies jen conviens), m'a fait l'effet dune douche froide. Vraiment ? Vivre avec la fatigue et se résigner ? C'est contre mes valeurs. Il y a honnêtement des stratégies pour sortir de la spirale incessante de la vie et de ses pressions de perfomance qu'on se met constamment sur le dos mais cest sur que si tu fais juste scroller sur ton cell plusieurs heures par jour et que tu ne veux pas changer ca tu risques de rester dans ta fatigue chronique et le fait de se résigner à vivre va vraiment devenir le seul choix quil te reste. Je trouve ca réducteur de dire aux gens quil ny a rien à faire avec la fatigue, que la vie est faite ainsi : fatiguante.
À boutte met des mots sur la fatigue : l’un des « phénomènes humains » le plus omniprésent de notre siècle. Puis qu’être fatigués semble maintenant faire partie de nous, Véronique Grenier nous invite à prendre connaissance des facteurs influant cet état de nos corps et esprits et à leur porter attention.
Si l’ouvrage ne permet pas d’identifier de solutions pour éradiquer la fatigue, il met par ailleurs les bases d’une auto réflexion bienveillante sur notre propre état. Comme un incitatif à se demander « Et moi, comment ça va ? ». 78 pages qui créent un espace où se déposer.
Cet ouvrage fait du bien. À relire périodiquement.
Je ne lis pas souvent d'essais par peur, je pense, du genre comme tel, trop "littéraire" pour moi, croyais-je. Or, cet essai sur la fatigue m'a plu de la 1re à la dernière page. Léger, humoristique, parsemé de vérités vraies, cet essai est tout simplement délicieux! À lire en pyjama, couché sur l'oreiller!!
<< Ne pas lutter contre la fatigue, puisqu'on sépuise encore plus à le faire, mais apprendre à l'aimer, se réconcilier avec sa présence dans nos vies, en attendant que l'inflammation se résorbe.>>