On fait quoi de toute cette colère pour qu'elle ne nous bouffe pas ?
La colère n’est pas toujours acceptée par celles·ceux qui la ressentent et celles·ceux qui la reçoivent. Pourtant, s’il y a un sentiment universel, c’est bien celui-ci. Dans nos sociétés patriarcales, elle est d’autant plus étouffée et silenciée lorsqu’elle concerne les personnes minorisées. On les culpabilise, on les pousse à l’intérioriser et à la faire taire. Pour ouvrir le débat et aider chacun·e à reprendre le contrôle de sa colère, à se la réapproprier, plusieurs autrices prennent la plume pour livrer des textes intimes et prenants. Sous la direction de Pauline Harmange et accompagnées des poèmes de Kiyémis, Lucile Bellan, Douce Dibondo, Daria Marx et Fatima Ouassak, laissent s’exprimer leurs colères à travers leurs prismes intimes. Naviguant entre le témoignage et l’essai, cet ouvrage pluriel est là pour donner la place qu’elle mérite à cette émotion.
Pauline Harmange is an author and a feminist, writer of "I Hate Men", the feminist outburst published in 18 languages. She strongly believes that fiction has a crucial role to play in shaping representations.
Un essai salutaire sur une émotion qu'il n'est pas bon d'exprimer, en tout cas quand on est une femme, racisée de surcroît, alors qu'elle peut être moteur et saine. Un bel essai, au sein de cet ouvrage collectif, offre un regard afroféministe sur la colère et c'est éclairant.
Je regrette juste avoir parfois été un peu fatiguée dans cette lecture (sans que ce soit lié à cette dernière), à laquelle j'aurais pu donner plus de temps et d'attention, mais je pourrai toujours re-parcourir l'ouvrage à un moment plus propice !
Sujet tellement intéressant! À lire pour des réflexions sur la colère dans la sphère personnelle, politique et domestique. J'ai été intrigué et j'ai aimé l'approche constructive envers cette émotion.
Comme toute collection d'essai tous ne sont pas égaux et certains éléments pouvaient êtres répétitifs d'un essai à l'autre, mais somme toute c'est un recueil de qualité. J'ai particulièrement apprécié l'apport de Douce Dibondo.
Au niveau du graphisme, le livre est beau, mais j'avais parfois de la difficulté à distinguer la séparation entre les essais ce qui enlevait un certain rythme de lecture. Les citations sur la plupart des pages ne me semblaient pas nécessaires.
Saisissant et puissant. Je ne sais pas pourquoi je m'attendais à des récits plus personnels, à des regards individuels sur la colère. J'ai été trompée par l'insistance sur l'intime dans le résumé de quatrième de couverture. Mais ici l'intime est profondément politique, social, féministe, collectif. Ce sont des textes engagés, pour une défense de la colère dans nos luttes, une réflexion sur ses usages et ses perceptions (par les classes minorisées comme les dominantes), et énormément de questions posées pour nourrir une pensée militante. Mention spéciale pour la démonstration magistrale de Douce Dibondo, d'une écriture particulièrement percutante !
Commençons par le commencent, c’est-à-dire ce qui fâche. L’introduction est creuse, médiocre même. Je ne comprends pas pourquoi le préface d’un ouvrage sur la colère a été écrit par une autrice qui (d’après elle-même) est privilégiée dans son rapport à la colère et ne la comprends qu’à travers sa petite expérience emplie de subjectivité.
Passons. C’est un ouvrage qui n’est pas très abordable quand on manque de vocabulaire militant. Dommage de ne pas avoir rendu la conversation plus abordable car ce thème a pourtant vocation de parler au plus grand nombre.
Je salue cependant Fatima Ouassak et Douce Dibondo pour leur travail, comme d’habitude le féminisme ce sont les femmes racisées qui en comprennent le mieux les termes et les concepts les plus enracinés (dans notre corps, dans notre histoire, dans notre économie). Fatima porte sa réflexion sur une colère politique et collective. Une piste que je n’avais jamais explorée et qui ouvre des horizons meilleurs (merci pour cette liberté de rêver qu’elle nous offre). Douce s’interroge sur la rationalisation de la colère et explore son intériorisation comme partie à part entière du processus de domination. Elle puise pour cela dans l’histoire coloniale et dans le traumatisme intergénérationnel, avec beaucoup d’éloquence.
Enfin, j'ai pu lire ce recueil qui me faisait de l’œil depuis si longtemps ! Sous la direction de Pauline Harmange, 5 femmes dévoilent leur vision de la colère à travers différents supports : la fiction (si parlante !) avec Lucille Belan, la poésie avec Kiyémis (je n'en lis jamais, mais j'ai apprécié), l'autobiographie avec Daria Marx, l'essai documenté avec Fatima Ouassak et Douce Dibondo.
La diversité des points de vue et des personnes représentées est clairement un gros atout pour cet ouvrage, merci à Pauline Harmange qui a visiblement mis un point d'honneur à mettre en avant des femmes que l'on n'entend pas assez.
Personnellement, j'aurais préféré que les différents chapitres soient mieux équilibrés entre eux, certains sont très courts, d'autres très longs. La partie plus théorique, notamment celle de Douce Dibondo, a été un peu plus ardue pour moi - mais je ne suis pas au top de la concentration en ce moment.
Cerise sur le gâteau, le livre en lui-même est très beau : couleurs et polices choisies, papier épais et de qualité, illustration de couverture... Bravo !
Oui : enfin on dépasse la mode des féministes néolibérales de survoler la colère et de l’instrumentaliser pour parler d’un soi dépolitisé ou faussement politisé. Le choix est pluriel, le ressenti réel. Une belle illustration de cette riche émotion, enfin elle est mise en valeur, enfin elle est mise en commun et politisée. Mention spéciale pour la claque de fin avec le texte de Daria Marx, qui me remet mes idées en place, me rappelle pourquoi j’en suis là, pourquoi je suis féministe et en colère, pourquoi j’ai encore du mal à l’être après les mots compliqués de la thèse essentielle de Douce Dibondo. C’est très bien.
Chaque autrice apporte, à leur manière, ses analyses, ses expériences, ses recherches et ses prise de conscience, ce qui permet un large éventail d'approches et de réflexions toutes plus intéressantes les unes que les autres.
Ce que je retiens - la colère est un sentiment légitime qui n’a pas de genre - la colère individuelle qui nous ronge peut être transformée en colère collective motrice de changement - la colère peut être un signal d’alarme, un instinct, une alliée
Essai bien complet et qui permet d'avoir un regard afrofeministe sur la colère et la nécessité de s'unir pour une convergence des luttes ! Vraiment très chouette que je ne peux que recommander.
J'ai été marquée par certains textes, moins par d'autres (c'est le jeu des livres collectifs) mais je l'ai lu très vite ce qui est un très bon signe donc je recommande !
J'ai mis du temps à le lire mais j'ai beaucoup aimé avoir le point de vue de plusieurs autrices. J'ai été particulièrement touchée par la contribution de Lucile Bellan.