Autrefois, les humains, tes bêtes, tes plantes et ta ferre vivaient liés les uns aux autres. Mais certains refusaient que la vie soit libre et puissante. Ils voulaient soumettre, exploiter. Alors, ils s'appelèrent « hommes » et nommèrent les autres « sauvages », « bêles », « ressources », « femmes » et « sorcières » ; de ces dernières, ils dirent qu'elles leur avaient dérobé leurs pouvoirs... . Quand la jeune Hila, accusée de sorcellerie, est conduite de force dans la cité de Scaër et séparée de sa mère, elle est contrainte de coopérer avec les hommes du Livre, la puissante organisation qui dirige son pays. Depuis toujours, elle les déteste : ce sont eux qui enferment les femmes et les enfants dans la crainte et la soumission, eux qui brûlent les sorcières et exploitent le peuple, eux qui interdisent l'accès à la forêt tout en cherchant à la détruire, eux qui l'ont arrachée à son village. Pourtant, à Scaër, elle trouvera des alliés inattendus. Tandis que la révolte gronde et que les représailles se multiplient, Hila parviendra-t-elle à retrouver sa mère et à échapper au sinistre destin des sorcières ?. Un roman écoféministe qui appelle à la révolution et à former des communautés pour faire face à l'oppression. .
Il m'est impossible d'avoir un avis tranché sur Hila. Le roman me laisse vraiment perplexe.
D'un côté, Yuna Visentin parle avec beaucoup de délicatesse et de chaleur de la sororité, la communauté, la famille qu'on se crée. Elle parle si bien de la nature et de la nourriture, de ce qui nous lie aux autres et de ce qui nous permet de nous enraciner. Sa plume me donne la sensation d'être au milieu des landes bretonnes, dans une maison en pierre au coin du feu, à écouter les bûches crépiter, une boisson chaude à portée de main. Elle me donne envie de chausser mes bottes et de retourner vadrouiller dans les landes, les bois, les chemins boueux, les sentiers des douaniers. De m'émerveiller d'une jacinthe sauvage, de surprendre le chant d'un pinson, de remarquer le passage d'une hermine, d'observer le vol plané et silencieux d'une buse ou d'un faucon. Et même de partager mes soirées avec des ami·es, de boire de la bière, de danser, de rire, de me sentir à ma place, pleine et entière. Il y a une atmosphère particulière dans ce roman, dans la plume de l'autrice, quelque chose qui me donne envie d'y retourner, d'y rester, de découvrir plus.
Mais.
Mais à côté de ça, j'ai été assez déçue de l'intrigue, dont le rythme très lent amène à une fin trop rapide. Déçue des personnages, qui manquent de corps, et de leurs relations, que j'avais du mal à trouver sincères. Je pense que l'autrice se perd parfois trop dans la description, et oublie de nous faire vivre certains moments. Le monde ne m'a pas emballée plus que ça : il ressemble beaucoup au nôtre, sans qu'aucune particularité vienne retenir mon intérêt. J'irai même plus loin : j'étais un peu fatiguée de lire encore des violences et un monde profondément misogyne. J'ai une impression de trop : je vis trop au quotidien avec le rappel de ce qu'ont vécu nos ancêtres, avec le rappel de nos combats quotidiens, d'ici ou d'ailleurs, et je crois que j'ai besoin que mes lectures empouvoirantes ne passent pas par les mêmes étapes que nous, que moi. J'aimerais vraiment aller vers d'autres perspectives que de rejouer encore et toujours la même émancipation des mêmes mécanismes et systèmes.
Il y avait pourtant de belles réflexions, des choses intéressantes, même si ça manquait parfois peut-être un peu de subtilité dans la présentation. Et beaucoup de moments à côté desquels je suis passée, parce que je n'avais pas compris où l'autrice voulait nous emmener : des écueils qui, selon moi, auraient pu être évités avec plus d'action ("show don't tell").
Une lecture avec donc des qualités, mais aussi des défauts qui m'ont empêchée de savourer pleinement le voyage.
Une histoire dans laquelle je ne suis pas parvenue à m’immerger. La quatrième de couverture avait pourtant pleinement matière à attirer mon attention. Malheureusement, cette lecture n’a, pour moi, pas eu les saveurs attendues.
Je n’y ai trouvé qu’un foisonnement de personnages indigemment développés, un univers dont je peine à percevoir comment il a pu se mouvoir au fil de son histoire et une intrigue nébuleuse. Je n’ai pas non plus été transportée par l’écriture et le style : je n’ai eu que du détachement et de l’indifférence pour l’invraisemblable histoire d’Hila et de sa mère.
Alors, je ne sais pas, peut-être que ce roman n’était tout simplement pas pour moi. Ou peut-être était-ce parce que sur ma pile à lire repose L’Hiver de la Sorcière de Katherine Arden dont je pressens que je ne pourrai qu’infiniment aimer la lecture et qu’Hila ne fera que pâle figure à ses côtés.
C’est donc avec une pointe de regret et de culpabilité, mais aussi un vague soulagement, que je referme ce livre au chapitre 13 et que j’irai le rendre à la bibliothèque, où, peut-être, un autre lecteur l'appréciera davantage.