#Konrad5
Ce roman, que je pensais le dernier, mais non un autre est paru depuis, m’a été dédicacé par l’auteur dans le cadre de Quai du Polar.
On retrouve, donc, Konrad, dans une nouvelle enquête, non résolue. Une enquête aux nombreuses ramifications qui va se retrouver en parallèle avec son passé, ce qu’a pu faire son père et peut-être donner la résolution au meurtre de son père. Marta, l’ancienne collègue de Konrad, a repris son emploi après une cure de désintoxication. Une vieille dame a retrouvé dans les affaires de son mari, récemment décédé, une arme, un Luger qui date de la seconde guerre mondiale. Elle n’était au courant de rien. Cette arme va donc être passée au peigne fin et va révéler qu’elle a servi à un meurtre, il y a de nombreuses années de cela. De plus, Konrad a des souvenirs de son enfance où son père lui a montré ce genre d’armes. Il en faut peu à Konrad pour remuer le passé, de tenter d’obtenir des informations des protagonistes de l’époque, s’ils ne sont pas morts ou s’ils sont en état de raconter leurs histoires. Est-ce que son père est lié à ce meurtre en 1955 ? De plus, il s’acharne à interroger le médecin qui a été emprisonné pour sévices sur mineurs. Et l’autre se joue de Konrad, distillant menaces et autres. La soeur de Konrad en fera les frais, tout comme la vie de Konrad qui se révèle en danger. Mais heureusement, Eyglo, par ses visions qu’elle n’arrive pas forcément à interpréter sur l’instant, sera celle qui permettra de sauver Konrad.
Une partie de l’enfance de Konrad est plus détaillée, même si le lecteur en sait beaucoup après avoir lu les tomes précédents. Ses relations avec son ancien collègue, Leo, leurs enquêtes, leurs malversations, surtout celles de Leo font partie de ce roman. Le lecteur peut donc comprendre beaucoup mieux le personnage principal, sa vie, la construction de son mariage, de sa vie d’époux où un simple salaire de flic ne peut pas tout payer. Konrad est donc un personnage ambivalent, qui oscille entre le bien et le mal. Konrad a aimé son père mais il l’a également détesté, surtout lorsqu’il a appris ce qu’il a fait à sa soeur.
Ce roman démontre que l’Islande, comme de nombreux pays, n’était pas évoluée, dans ses moeurs, il y a de nombreuses années. Elle a laissé la pédophilie s’implanter, sans inquiéter ceux qui en étaient responsables. Ce sont des jeunes qui ont énormément souffert, qui trainent un poids derrière eux et qui cachent ces sombres secrets. En effet, cela fait trop mal. Certains ont plongé dans l’alcool, d’autres se sont suicidés, d’autres, encore, sont devenus des parias de la société, car ils n’ont jamais réussi à s’intégrer. Pourtant, ils auraient pu avoir un avenir. Outre la pédophilie, c’est l’homosexualité qui est cachée. Gare à ceux qui montrent des penchants envers des personnes du même sexe. Il ne faut pas oublier, non plus, que l’Islande est un pays où la nuit peut être quasiment omniprésente, ainsi que le froid, les tempêtes de neige et cela joue sur le moral des uns et des autres. L’enquête concernant Konrad se poursuit. A-t-il vraiment tué son père ? Protège-t-il sa mère ?
A la lecture de ce roman, mon avis est que c’est, pour le moment, le meilleur à la série de Konrad. En effet, nous avons des révélations que nous attendions depuis le début. Mais c’est le style d’Arnaldur Indridason, soit aller profondément dans les détails, tout mettre en place petit à petit, faire que son héros tergiverse, a de nombreuses pistes qui lui permettent d’avancer. C’est sûr que c’est lancinant, il n’y a pas forcément de coups d’éclat, mais c’est écrit avec une telle justesse que le lecteur en redemande.