Le jour de la confrontation décisive Au matin du 15e jour, les troupes de Qin, affamées, lancent enfin l'assaut sur l'armée centrale de Zhao. Si Riboku se contente dans un premier temps de résister en attendant que l'armée d'Ousen s'épuise, l'arrivée d'un messager porteur de nouvelles de Gyou le pousse à revoir son attitude et à se montrer résolument plus agressif. Les deux camps s'engagent alors dans une féroce lutte pour la victoire.
Que cette bataille n’en finit pas ! A chaque fois qu’on a l’impression de se rapprocher un peu de la fin, un nouveau bataillon, une nouvelle aile, un nouveau plan est découvert et alors qu’on pourrait ressentir de la lassitude, notre enthousiasme repart en fait de plus belle !
Tel un chef d’orchestre, l’auteur, dont le pendant littéraire est Ousen dans cette guerre, tire admirablement les ficelles, plaçant finement ses pions, déplaçant également sa caméra d’un champ à l’autre, en délaissant certains pour mieux y revenir, et bâtissant sans cesse une symphonie guerrière de plus en plus puissante et stressante à l’ampleur inégalée.
On adhère ou pas à ce schéma qui se fait quand même un peu répétitif, faisant perdre parfois l’intensité qu’on devrait ressentir face à certaines pertes. C’est le cas ici avec la mort d’un certain antagoniste dont c’est plus la posture et la vue en hauteur de ce qui se passe qui frappe, que le côté épique de sa mort mise en scène par Hara, qui tombe un peu à plat, je trouve. De la même façon, on s’attend tellement à ce que Shin et Ouhon se transcendent qu’il n’y a plus de surprise quand ça a lieu. C’est bon, on sait, on connaît. Et je ne parle pas de l’arrivée providentielle, enfin pas pour Qin, d’Houken qui fait quand même très cheveu sur la soupe, en mode : « c’est magique, tais-toi ! ». L’auteur manque un peu de finesse sur ce tome.
En attendant, nous voici face à un tome où chaque camp passe à l’action sous l’impulsion de leurs généraux qui se dévoilent enfin et se font face. Alors ça fait très prophétique tout ça, très posé aussi, très rencontre entre deux génies qui se toisent et croient tout connaître mais ça en impose et nous aussi on a envie de voir ce qu’ils ont en tête, ce qu’ils mijotent, jusqu’où ils ont vu / prévu, et bien sûr qui va l’emporter. La tension est à son comble lors de la préparation de leur rencontre savamment orchestrée puis lors de ces brefs instants, et ça repart ensuite aussi sec, grâce à l’excellente maîtrise du tempo de Hara, qui balaye les champs de bataille à tour de rôle pour embraser tout ça. Chacun ainsi fait sa part, que ce soit Ousen et Riboku, ou ceux sous leurs ordres. On notera de nouvelles figures avec Gyou et Shiryô qui sont un mélange saisissant de Tou et Karin avec un grain de folie en plus !
Enfin, on sent qu’on commence à se sortir de cette longue bataille avec ce nouveau tome très tense qui continue de nous plonger en plein coeur des affrontements. Le plaisir pris à voir les généraux se rencontrer embrase l’histoire et relance les combats tout azimut. Enfin des morts significatives ont lieu, enfin des avancées crutiales aussi. Hara nous enflamme vraiment et ne nous donne qu’une hâte, voir enfin le dénouement de ce moment charnière pour Qin et Zhao dont les hommes ont des visions si différentes sur la destinée de la Chine.
Ce tome, début des hostilités pour les armées centrales illustre encore une fois cette dualité entre le bien et le mal, entre l'envahisseur et l'envahi ou cette fois à l'inverse de la guerre de coalition où Riboku se présentait en conquérant, Qin prend le rôle de l'oppresseur. Je trouve ça particulièrement ingénieux de montrer cette dualité de manière philosophique, en parallèle avec l'histoire mais aussi jusque dans le dessin. En effet le général Ousen est un personnage masqué très impressionnant et effrayant, le général Kanki quant à lui a des pratiques douteuses et tous deux sont vêtus de noir ou du moins d'habits sombres tandis qu'en face nous avons d'abord une armée qui défend ses terres mais aussi des soldats aux armures claires guidés par Riboku un général dont le visage est dégagé, homme toujours vêtu en clair, érudit civilisé qui pourtant était venu pour discuter avec le roi de Qin afin de stopper son plan.
Dans ce tome c'est au tour de l'armée de Zhao d'être en difficulté et même si l'on espère la victoire de Qin on a toujours un pincement au cœur quant aux personnages du camp adverse et à ses généraux qu'on apprend à apprécier et, à travers la discussion entre Ousen et Riboku on se rend effectivement compte des différences qui les animent sans pourtant prendre totalement parti pour l'une des deux armées. C'est ça qui fait la beauté de Kingdom, un royaume des 7 combattants nuancés, remplis de bonnes personnes de part et d'autres du continent qui essaient d'atteindre chacun leur idéal.
Things are progressing as we reach the final day! I don't even know if they're progressing in a good way, I'm just happy to see this battle beginning to reach a conclusion. Riboku and Ousen's conversation was a highlight, and FINALLY getting to hear the words Gyou'un keeps remembering was good- they kept teasing it over and over and over.