Jump to ratings and reviews
Rate this book

Et si les Beatles n'étaient pas nés ?

Rate this book
On s’obstine à porter aux nues les auteurs de chefs-d’œuvre, sans prendre la mesure des dégâts qu’ils provoquent. Ils relèguent en effet d’autres créateurs dans l’obscurité, imposent des canons arbitraires à notre sensibilité et déforment notre regard sur le passé. Ce livre propose d’étudier les mondes alternatifs où ils n’existent pas et de mettre ainsi en valeur toutes les oeuvres dont ils nous ont injustement privés.

155 pages, Kindle Edition

Published October 6, 2022

2 people are currently reading
26 people want to read

About the author

Pierre Bayard

48 books125 followers
Pierre Bayard (born 1954) is a French author, professor of literature and connoisseur of psychology.

Bayard's recent book Comment parler des livres que l'on n'a pas lus?, or "How to talk about books you haven't read", is a bestseller in France and has received much critical attention in English language press.

A few of his books present revisionist readings of famous fictional mysteries. Not only does he argue that the real murderer is not the one that the author presents to us, but in addition these works suggest that the author subconsciously knew who the real culprit is. His 2008 book L'Affaire du Chien des Baskerville was published in English as Sherlock Holmes was Wrong: Re-opening the Case of the Hound of the Baskervilles. His earlier book Who Killed Roger Ackroyd? re-investigates Agatha Christie's The Murder of Roger Ackroyd. His book on Hamlet which argues that Claudius did not kill Hamlet's father remains untranslated into English.

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
6 (17%)
4 stars
14 (40%)
3 stars
11 (31%)
2 stars
3 (8%)
1 star
1 (2%)
Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Camille.
39 reviews5 followers
June 2, 2023
Bayard fait l'ébauche d'une « critique quantique » : « Critique littéraire et artistique fondée sur la physique quantique et attachée à étudier les œuvres créées dans des univers parallèles. » (p.167)
Son essai réfléchit aux éclipses culturelles (arts, politiques, savoirs) causées par les chef-d'œuvres en Occident, en se penchant sur les créations laissées dans l'ombre ou même empêchées de voir le jour. Bayard étudie aussi les œuvres qui ont eu une « influence rétrospective » (Kafka, Proust, Beauvoir) sur le travail de leurs prédécesseurs, et qui forcent une reconfiguration de nos lectures.
En plus des Kinks/Beatles, il observe les cas de Claudel/Rodin, Proudhon/Marx et Mead/Mead (auto-éclipse).

Malgré parfois quelques longueurs, la force d'imagination et d'analyse de Bayard rend son essai assez divertissant et éclairant.
Profile Image for Macqueron.
1,035 reviews16 followers
January 13, 2025
Pierre Bayard se fait plaisir. Beaucoup de ce qui est dit dans ce livre m’a semblé être assez évident, et abordé sous couvert de mondes parallèles, on y retrouve des concepts classiques des influences, des critiques a posteriori et des lectures biaisées par notre époque (mais même à un niveau individuel notre vécu). Mais le tout est fait avec une érudition joyeuse et jamais m’as-tu vu et est très plaisant à lire. Pierre Bayard nous fait aussi plaisir
Profile Image for Etienne Mahieux.
541 reviews
November 12, 2022
Les essais de Pierre Bayard reposent les uns sur les autres et s’inscrivent dans une architecture générale, mais ils proposent moins un système figé qu’une tache d’huile toujours en expansion, qui perturbe nos façons habituelles de lire des livres ou d’envisager l’histoire de la littérature ; on dirait un terrain miné qui ne cesse de s’étendre. Heureusement, c’est pour notre plus grand plaisir.
« Et si les Beatles n’étaient pas nés ? » s’inscrit de façon explicite dans la continuité d’ « Il existe d’autres mondes » et de toute la veine contrefactuelle des écrits de Bayard, de « Et si les œuvres changeaient d’auteur ? » à « Comment parler des faits qui ne se sont pas produits ». Bayard se base sur la théorie des mondes parallèles, et donc apparemment sur des questions de physique fondamentale loin d’être résolues, pour traiter en réalité d’un problème plus restreint, mais crucial dans l’histoire des arts en général (et de la littérature en particulier), celle de la construction d’un canon de chefs-d’œuvre influents à l’aune desquels on jugera des œuvres nouvelles, de leur qualité et de leur originalité.
Les univers parallèles étant très difficiles à visiter dans l’état actuel de nos technologies, Pierre Bayard nous invite avant tout à une série d’expériences de pensée : que serait un monde sans les Beatles, sans Shakespeare, sans Freud, sans Proust… peut-être pas un monde où ils ne seraient pas nés, mais où ils auraient été empêchés de faire œuvre, ou bien dans lequel leur œuvre, par les hasards sociaux de la réception, aurait été reléguée et oubliée dans un arrière-tiroir de l’histoire des arts ? En quoi cela aurait-il contraint ou libéré leurs successeurs ? Qui occuperait leur place de référence dans le canon artistique, et quelle serait l’inflexion ainsi donnée à la suite du processus collectif de création ?
Evidemment on ne peut répondre à toutes ces questions que par l’hypothèse, mais Bayard a pris soin de se baser sur des exemples qui ne sont pas sans pertinence (notre connaissance de l’œuvre de Kafka, par exemple, tient en bonne partie à la décision de Max Brod de ne pas respecter ses dernières volontés), voire qui ont été précédemment proposés par des œuvres de fiction ou des études, comme le fameux livre de Mireille Huchon qui conteste la maternité des œuvres de Louise Labé. Fidèle à sa manière de perturber nos réflexes intellectuels avec l’apparence du plus grand calme, il choisit encore une fois un plan proche de la dissertation, ouvertement méthodique et riche en échos.
Mais ce qui fait vivre ce plan, c’est l’humour très subtil de Bayard, qui se tient comme souvent à la frontière entre la critique et la fiction, et n’hésite pas à forcer le trait, notamment quant à l’obscurité de certains auteurs qu’il feint de tirer de l’oubli. Au chapitre consacré à la façon dont l’œuvre de Shakespeare a éclipsé celle d’un grand nombre de remarquables dramaturges, il fait semblant un instant de lui préférer Ben Jonson avant d’admettre : « Je ne dis pas la vérité » — une page qui vaut comme mode d’emploi de tout son travail d’essayiste et de théoricien. Un texte aussi explicitement provocateur ne peut être pris absolument au premier degré.
« Et si les Beatles n’étaient pas nés ? » est toutefois l’un des ouvrages de Bayard les plus faciles à s’approprier dans sa pratique de lecteur. Si pour imaginer une culture européenne sans Shakespeare il faut certainement une puissance mentale hors du commun, il n’est pas impossible de tirer de ces réflexions quelques préceptes pratiques : se méfier des hiérarchies convenues — il s’agit ici au fond de respecter l’opinion du lecteur naïf, et de se laisser bousculer par elle quand on prétend avoir le savoir et l’expérience — mais à l’ère du Web rien n’est au fond plus simple pour peu qu’on ait l’esprit ouvert. Plus subtilement aussi, se méfier de l’éclairage que les œuvres phares projettent sur les autres, réduites souvent au rang de précurseures (dans le meilleur des cas : Bayard préfère alors faire cesser l’hypocrisie en dénonçant avec justice des plagiats par anticipation) ou d’émules, d’une manière qui étouffe leur singularité. De manière plus générale, maintenir en permanence sa curiosité en éveil : une hygiène nécessaire.
Profile Image for Bernard Convert.
403 reviews9 followers
October 12, 2024
Ce ne sont pas les Stones ni les Who qui auraient pris la place, selon l’auteur, mais les Kinks. Je n’y crois pas une seconde mais l’idée est rigolote, comme souvent chez Pierre Bayard. Certes les Kinks ont quelques hits qui sont du niveau de ceux des Beatles mais comme dit l’auteur lui-même, « il ne faut pas exagérer », ils sont loin d’être aussi bons. J’ai lu ce livre en écoutant une compilation des Kinks (the ultimate collection). Sur 44 titres il y en a une petite dizaine qui sont des hits (j’ai une préférence pour All the day and all of the night, repris souvent, notamment par les Scorpions ou les Stranglers), ce qui n’est pas rien, mais le reste est très moyen voire inécoutable. Dans l’uchronie du regretté Roland Wagner, Rêves de gloire, les Beatles ne dépassaient pas le stade des Silver Beatles, puis ils tombaient dans l’oubli. J’avais réagi en disant que dans tous les univers (parallèles) où Lennon rencontrait Mac Cartney, c’était le milliard de disques assuré. Mais Pierre Bayard affirme le contraire, il a fallu la pugnacité de Brian Epstein pour que les Beatles fussent enregistrés et distribués. Sans elle, ils auraient peut-être laissé tomber… Peut-être.
Les Beatles n’occupent que le premier chapitre de ce livre (et la magnifique couverture d’Abbey Road sans les Fab Four sur le passage piéton), qui évoque aussi Rodin, Shakespeare, Marx, Freud, Kafka, Proust, etc. pour montrer que des chefs d’œuvre reconnus jettent de l’ombre sur voire font tomber dans l’oubli d’autres œuvres, parfois pourtant plus novatrices (Camille Claudel…). Pour montrer aussi que les chefs d’œuvre reconnus nous font relire certaines œuvres antérieures à la lumière de ce qu’ils ont imposé comme manière de lire ou de voir le monde. On ne relit plus Léon Bloy comme il était lu avant Kafka, et c’est une perte. On ne relit plus (du tout) Anatole France après la consécration de Proust.
C’est léger, vite lu, original juste ce qu’il faut (quand on pense à ce qu’a écrit Bourdieu sur les révolutions symboliques réussies), on passe un bon moment à l’évocation de ces noms et de leurs contemporains oubliés (Ben Jonson, Janet…). Pierre Bayard sait ce qu’il faut écrire pour plaire au public cultivé de sa génération, celui qui connait Marx, Freud et peut-être Mead (Margaret, pas George Herbert, il ne faut pas exagérer). Il sait faire ce que Brian Epstein a appris aux Beatles : échangez vos vestes de cuir contre costumes et cravates, mettez la pédale douce sur l’ironie (ce que n’ont pas su ou voulu faire les Kinks). Discrètement il fait savoir qu’il déteste les dictateurs marxistes. Si Marx était mort bébé de la tuberculose comme nombre de ses frères et sœurs, que de millions de morts auraient été évités ! On peut penser que ce n’est pas du meilleur goût, qu’il y a autre chose à retenir de Marx et que c’est une bonne chose qu’il ait éclipsé Proudhon. Et on se reproche un peu d’avoir encore une fois pris plaisir à la lecture d’un livre de Pierre Bayard.
175 reviews1 follower
February 20, 2023
Première déception pour un Pierre Bayard. Au départ un bonne idée que d’imaginer des uchronies sur la base des Beatles pas nés. Mais le livre est très décousu et au final une succession tableaux plus ou moins attirants mais pas toujours cohérents. Et une conclusion sur les univers parallèles pour le moins loufoque…
Profile Image for Lucas.
16 reviews
July 16, 2025
Une réflexion très intéressante qui part du principe de l'uchronie et qui met en lumière différentes approches de l'art et de la littérature. Je n'ai pour reproche qu'une ou deux conclusions de chapitres qui m'ont un peu fait grincer des dents.
Displaying 1 - 6 of 6 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.