Un manifeste écoféministe à mettre entre toutes les mains
Tout à la fois récit, essai, mais aussi témoignage d’une époque et d’un engagement, Des paillettes sur le compost est une exploration sensible et politique du quotidien. Dans un style enlevé – parfois cru, souvent cri – Myriam Bahaffou montre que c’est dans les replis de situations ordinaires (un rendez-vous chez l’esthéticienne, un déjeuner en terrasse…) que se déploie la puissance des écoféminismes.
Elle dynamite les codes et jongle avec les concepts, comme elle navigue dans la vie entre recherche et militantisme. Elle explore, dissèque, raconte des histoires décoloniales, antispécistes, queer et magiques. Loin d’être une philosophie désincarnée, un label marketing ou un argument électoral, l’écoféminisme se révèle en prise directe avec la réalité et la chair. Les mots de Donna Haraway, Audre Lorde, Jacques Derrida et bell hooks se mêlent aux cris des guerrières du Rojava et aux incantations des fées et des sorcières… dans ce livre qui, dans la pure tradition écoféministe, laisse joyeusement s’entrelacer les voix et les formes narratives.
In my feminist reading journey, this book stands amongst others thanks to its many new concepts for me, on ecofeminism and intersectionality. I will not try to dive into them because I would not do any justice to the brilliant writer but want to put down a few topics she dove into to remember about them (absolutely non exhaustive list because so many are explored): the link between oppression of people with disabilities and animals, the politics of meat and food, the importance of embracing sex outside of the private sphere (sex shouldn’t be a taboo) and the power of “salopes” (sluts). Sluts are the witches of our generation!
J’ai adoré ce livre. Si t’es nord af / racisee, de class pop, de gauche et que les bandeurs de hess des milieux anticapitalistes te fatiguent il faut que tu lises ce livre. Pour les baddies marteaux faux cils !
Probablement un des essais les plus pertinents que j'ai pu lire ! C'est un ouvrage d'une richesse rare, qui réussit le tour de force de déployer des concepts et notions politiques et/ ou philosophiques clés de l'écoféminisme à partir d'éléments intimes et quotidiens, dans une langue simple. On a presque l'impression de lire de longs billets de blog, d'une immense qualité, avec une argumentation solide, autour de cette thématique commune mais qui déploient des sujets très divers pour en offrir un panorama complet. C'est un format parfait étant donné, malgré tout, la densité de la réflexion sur chaque sujet : on peut facilement prendre le temps de la lecture et de l'assimilation, revenir sur certains points, et surtout aller plus loin grâce aux bibliographies individualisées par chapitre. C'est clairement un ouvrage que je recommanderai pour qui souhaite aller en profondeur dans les questions féministes, et ce quel que soit le bagage théorique de la personne.
Hâte de lire le prochain essai de Myriam Bahaffou. Grand talent pour rendre lisible et sensible des concepts assez évanescents. Pour politiser l'intime. Pour aborder avec des mots compréhensibles des sujets difficiles. Hate de creuser certains sujets avec les rubriques "dans ma valise". Bravo à l'autrice. (Par contre je n'ai absolument pas compris le titre du bouquin qui n'a rien à voir et qui m'a limite empêché de le lire pendant super longtemps 😭)
Myriam Bahaffou part de situations de son quotidien pour nous offrir des réflexions sur l’écoféminisme appliqué au réel. Un format original sur ce sujet et des idées intéressantes, mais je trouve que les essais/chapitres auraient mérité d’être plus longs et la réflexion menée plus loin et plus profondément.
Je crois que c'est le format qui ne m'a pas convaincue. Pourtant, c'est précisément la raison qui me l'a fait acheter. Je trouvais que les références philosophiques tombaient mal, je n'ai pas été sensible aux récits du quotidien qui servaient de point de départ à la réflexion... Le choix des courts chapitres rendait la lecture facile mais empêchait un développement vraiment satisfaisant sur tel ou tel thème.
Un très bon essai un peu hors des cases, qui part de faits du quotidien, de situations vécues par l'autrice et de son intimité, pour tisser des liens entre l'écoféminisme et le rapport à la sexualité, au lesbianisme, à la classe sociale, la beauté, spiritualité, l'organisation politique, etc. Cette façon de construire une réflexion est rafraîchissante, originale et permet certainement une meilleure accessibilité à des concepts un peu complexes. J'en vois donc complètement l'intérêt pour de nombreuses personnes, même si ce format m'a pour ma part moins convaincue : je m’identifiais assez peu aux situations décrites par Myriam Bahaffou et j'étais frustrée de ne pas pouvoir aller plus en profondeur sur certains sujets. Néanmoins, je ressors de cette lecture avec beaucoup de matière à réflexion, des bouts de pistes sur lesquels je vais devoir tirer (et ici les ressources proposées à chaque chapitre pour aller plus loin sont un vrai plus) et un regard un peu différent, mieux déconstruit, sur certains aspects de l'écoféminisme (notamment l'astrologie et le rapport à la marginalité).
En somme, un ouvrage audacieux, qui ne mettra sans doute pas tout le monde d'accord, mais qui offre un bon contrepoids à des visions un peu trop policées et certainement pas assez intersectionnelles du féminisme et/ou de l'écologie.
La lecture est facilitée par un point d'ancrage dans la vie quotidienne, à chaque début d'essai, qui amène ensuite l'argumentaire. J'ai entièrement adhéré aux premiers essais proposés, et c'est rafraîchissant de pouvoir se reconnaître dans les mots d'un.e autre (i.e le décalage de classe à l'entrée dans la sphère universitaire, entre autres). En revanche, j'ai un peu moins aimé les derniers essais puisque j'avais même l'impression qu'il y avait certaines contradictions, notamment en ce qui concerne le traitement des lieux autosuffisants homogènes (blancs et bourgeois que Bahaffou côtoie et prône) et le traitement de l'astrologie et de la sorcellerie (vidées de leur essence et réifiées dans le but de servir son point de vue, comme le font les bourgeoises blanches avec le terme 'écoféminisme' selon Bahaffou)... Un peu déçu.e que ça se finisse sur cette note. Peut-être suis-je passé.e à côté de l'argumentaire?
tellement intéressant !!! trop heureuse de trouver enfin un essai féministe qui ne se limite pas à une perspective très blanche/capitaliste/pas nuancée, et qui aborde PLEIN d'aspects de notre vie et société encore trop peu abordés dans les mouvements féministes. et en plus c'est accessible, drôle, et chaque chapitre se clôt sur une liste de recommandations de lectures et de visionnages, quel bonheur !! j'ai hâte de l'offrir à toutes mes copines 🗣️💌
Une écriture engageante et accessible, qui ne sacrifie jamais la complexité et les nuances.
Même si je n'étais pas toujours 100% d'accord avec le propos, ce livre m'a amenée à réfléchir et à considérer les zones d'ombres du féminisme, plus que beaucoup d'autres essais.
En général j'ai apprécié ce livre, une collection des essays sur différentes aspects de l'écofeminisme.
Il y avait plusieurs essays qui m'ont fait réflechir d'une manière dont je ne l'avais jamais fait avant - sur des sujets aussi divers que les produits végans qui remplacent la viande et les salons de beauté. Bahaffou mets bien en avance qu'il peut y avoir "du bien et du mal" dans des situations, des lieux, des rélations (je simplifie un peu ici).
J'avais la chance d'acheter ce livre directement chez l'autrice. Lors de notre discussion, j'ai mentionné le fait que je trouve que assez souvent dans les espaces "woke" il y a beaucoup de comportements qui sont critiqués et mise en question et peu des propositions sur comment faire différement et mieux. Elle a dit qu'elle aimerait éviter ça avec ce livre et donner plus de possibilités d'action. En plus avec le titre je m'attendais un peu plus à que le livre soit "instructif", mais il l'est vraiment pas du tout d'une manière directe. Bien sûr qu'il y a des conclusions à tirer de ses essays qui peuvent donner des pistes d'action c'est juste que le livre était donc pas exactement ce dont je m'attendais.
Ce livre bouscule nos idées sur ce qu'est l'écoféminisme, en abordant des situations quotidiennes qui remettent en question notre vision sur les interactions entre lutte pour les droits des femmes et minorités de genre d'une part, et lutte pour le vivant d'une autre. Les parties qui m'ont le plus marqué sont les chapitres évoquant le corps des femmes (à travers l'épilation), le véganisme et enfin la question de la classe sociale dans le militantisme. Cela a mis des mots très clairs sur des choses qui me dérangeaient dans de nombreux discours, même engagés et militants. Plus loin dans le livre, le chapitre appelant à un écoféminisme non essentialiste, cherchant à détruire "le mythe des tueurs d'oiseaux et des mangeuses de feuilles", pourtant largement prôné au sein des discours écoféministes, est également extrêmement important pour faire de l'écoféminisme une lutte inclusive et pertinente. Je n'ai pas adhéré à 100% des idées, mais je pense que ce n'est pas le but du livre de livrer quelque chose de consensuel satisfaisant tout le monde sur toutes les parties. Cela en fait une lecture importante pour moi, un contrepoids marquant aux discours plus mainstream sur l'écologie et le féminisme et sur la toxicité qui peut parfois s'en dégager.