Des millénaires avant l’arrivée des Européens en Amérique, les langues autochtones ont dit la glace qui craque sous le poids de l’eau au printemps et l’été qui ramène les fraises. Elles ont dit où grouille le poisson et où il faut se cacher pour guetter l’orignal, les chemins qu’il faut prendre, ceux qu’il faut éviter.
La langue est au cœur de l’histoire de chacun des onze Autochtones, provenant d’autant de nations, que j’ai rencontrés pour la réalisation de ce livre. Ils et elles ont aussi tous fait face, à différents degrés, à la menace d’extinction de cette langue, qui est étroitement liée à la culture de leurs ancêtres. N’espérait-on pas, il y a moins de deux siècles, qu’il n’y aurait un jour plus un seul Autochtone au Canada? À leur tour, ils doivent élever des enfants et s’assurer qu’ils ont un bagage scolaire adéquat pour faire leur chemin dans la vie.
En filigrane des rencontres, on sent les traces laissées par les pensionnats autochtones, institués par le gouvernement du Canada, où les enfants ont été arrachés à leur famille.
Les pertes culturelles immenses qui en ont résulté, inscrites dans la marche globale de l’histoire de la colonisation du Canada, sont impossibles à comptabiliser. En fait, c’est le Québec lui-même qui a perdu la mémoire. Face à cette condamnation de l’histoire, la culture autochtone témoigne pourtant d’une résilience remarquable.
Caroline Montpetit propose ici un fascinant pèlerinage à travers les onze langues autochtones parlées sur le territoire québécois : algonquin, cri, naskapi, malécite, abénaquis, micmac, wendat, atikamekw, mohawk, inuktitut et innu. Chacune est incarnée à travers une personnalité phare de la communauté qui la parle. La journaliste brosse en même temps un bref portrait de ces communautés, raconte leur histoire linguistique et indique différentes ressources pour pousser plus loin l’étude de ces langues.
J’en aurais pris plus ! Je me considère chanceuse de travailler dans deux communautés où les langues autochtones sont aussi présentes (Pessamit et Whapmagoostui/Kuujjuarapik) 🥰
Un survol de 11 langues autochtones parlées sur le territoire québécois. L'accent est mis sur les différents projets de revitalisation plutôt que sur les détails linguistiques de chaque langue.
Un livre court, mais pertinent, qui ouvre les horizons aux langues autochtones que l'ont retrouve au Québec. J'en ai beaucoup appris sur les différentes langues, sur les enjeux de la déclinaison de ceux-ci, sur les impacts des pensionnats. Mais pour moi, ce livre est la définition du mot « résilience ».
C'est une lecture instructive qui devrait être feuilletée par plus de monde que ça.