Dans La Proie, Martine Ayotte raconte les sévices exercés par son père durant toute son enfance et son adolescence. Chaque nuit, elle recevra la visite de ce dernier, qui usera de diverses stratégies, toutes plus violentes les unes que les autres, afin d'assurer le silence de la jeune fille. Sauvagement violée et battue, elle sera pendant deux décennies une victime muette.
Souffrant du syndrome de stress post-traumatique, elle cherchera à fuir son passé par le travail jusqu'au jour où elle s'effondrera. Elle devra alors faire un choix : mourir ou dénoncer. Avec courage, madame Ayotte choisira la deuxième option. Mais comment réagiront son mari et sa famille. Sauront-ils appuyer sa démarche?
C'est ainsi que vingt ans après sa dernière agression, en 2004, avec l'aide du CAVAC, elle trouvera la force de dénoncer le coupable à la police. Heureusement, l'enquêteur sera le premier à la soutenir et à la croire. Il s'acharnera à convaincre la procureure de la Couronne de défendre un dossier qui semblait pourtant voué à l'échec. S'en suivra une longue remontée vers l'affranchissement et la résilience.
Très difficile à lire, mais poignant et à la fois rempli d'espoir. Représentatif de notre système de justice et de la revictimisation et conclusion qu'il représente pour certaines victimes. Ce livre n'est pas pour tous, mais il mérite d'être lu pour honorer la résilience de cette femme, cette fille.