« Puisque le contrôle de la parole semble bien inclus dans le projet de Vincent Bolloré de posséder à la fois le numéro 1 de l’édition, Hachette, qui pèse 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et Editis, qui a dépassé 800 millions en 2021, il est nécessaire de remonter à l’origine des phénomènes de concentration dans le monde du livre et de l’édition pour y mettre à nu les logiques qui sous-tendent cette stratégie. Avant de revenir sur les péripéties qui ont marqué l’histoire de l’édition française depuis deux décennies, on retracera l’odyssée de la Librairie Hachette avant 2002, puis on décrira le parcours mouvementé d’Editis jusqu’à cette date. On n’aura garde d’oublier les sagas parallèles de Flammarion, Gallimard, Le Seuil et Média-Participations. » Spécialiste de l’édition, du livre et de la lecture, Jean-Yves Mollier est notamment l’auteur de L’Argent et les Lettres. Histoire du capitalisme d’édition (Fayard, 1988); Édition, presse et pouvoir en France au XXe siècle (Fayard, 2008); Une autre histoire de l’édition française (La Fabrique, 2015) et Histoire des libraires et de la librairie depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours (Actes Sud, 2021). Un ouvrage accessible et détaillé pour toutes celles et ceux qui veulent comprendre la financiarisation et la concentration de l’édition.
Hyper intéressant bien qu'un peu compliqué à digérer (les informations sur les transactions financières sont dures à comprendre pour une néophyte de la finance comme moi 🙃).
Ce n'est pas une lecture évidente : il y a beaucoup de détails sur les opérations boursières menés par Vincent Bolloré au détriment d'Arnaud Lagardère. Mais dans l'ensemble, cela donne un tableau de la corruption et des manoeuvres prédatrices dans le monde de l'édition. Par exemple citons le cas de Nicolas Sarkozy qui intervient auprès d'Olivier Nora directeur de Grasset pour empêcher la parution d'un livre portant préjudice à l'ancien président. Mais ce n'est pas une nouveauté : dès la création d'Hachette, l'éditeur éponyme n'hésite pas à s'acoquiner avec les autorités de l'époque pour obtenir un monopole de fait sur les manuels scolaires. A la suite de l'occupation, Hachette évite d'être exproprié en s'appuyant sur des politiciens de tout bord : gaullistes et sociaux démocrates principalement.
C'est complet, dense et franchement un peu imbuvable. Très intéressant mais c'est vraiment une chronologie des transferts financiers, rachats et acquisitions dans le monde du livre. J'aurais aimé une approche un peu plus type "essai" avec un réel apport personnel de l'auteur.