Cette anthologie poétique autour des plus beaux sonnets sur l'épicurisme rassemble des textes des poètes du répertoire français : Ronsard, du Bellay, Pontus de Tyard, etc.
i love how most of this was decrepit old men (some of france’s greatest poets sure but whatever) basically manipulating young beautiful girls into sleeping with them because the girls would regret it once they were old and ugly and the poet stayed immortally slaying through their work … absolute rabid energy
L'art du bonheur… Haha ! Ceux qui me connaissent bien savent que je suis un amoureux du bonheur.
Bon, avant toute chose, que veut dire ce satané carpe diem ? Eh bien, tout simplement : "cueille le jour", ou plutôt "profite du jour présent". La phrase assimile implicitement le jour à une fleur, qu'il faut cueillir dans l'instant fragile où elle est éclose. L'image rappelle donc que la vie, tout comme la rose, fane si rapidement qu'il faut en jouir au moment où elle est encore belle.
Horace disait par exemple : "Tandis que nous parlons, notre saison, ennemie, aura fui : cueille le jour, sans faire confiance au lendemain." "Ne cherche pas à t'interroger sur ce que sera demain, et quel que soit le jour que le sort t'octroiera, tire-en les fruits et ne méprise pas les douces amours, enfant, ni les danses, tant que ton âge verdoyant ignore la vieillesse blême."
Le carpe diem répondait surtout au désir des philosophes épicuriens de vivre dans le présent. Pour Épicure, le mot "bonheur" se confond avec l'ataraxie, c'est-à-dire l'absence de troubles. Vivre heureux exige d'éviter la douleur du corps et l'inquiétude de l'esprit. Il refuse une vision ethnocentrique, selon laquelle notre univers serait le centre de la Création. Pour lui, les dieux ne s'intéressent pas aux hommes, ils n'ont pas conçu cet univers et ne le contrôlent pas. À cette idée s'ajoutent trois autres principes qui forment le socle de l'éthique épicurienne : - On ne doit pas craindre la mort, car elle est un absent, un néant, et on ne saurait avoir peur d'une chose qui n'existe que lorsque nous n'existons plus. - La douleur est supportable, car elle est limitée dans le temps. - Le bonheur est accessible, pourvu que l'on distingue la jouissance désordonnée de l'ataraxie (c'est-à-dire la maîtrise de ses passions).
Ainsi, la quête du pouvoir et de l'argent est néfaste, car elle est illimitée et ne peut qu'engendrer une perpétuelle insatisfaction, il faut donc consommer le bonheur avec modération.
Cueillir le jour, c'est refuser de vivre dans une nostalgie stérile ou dans une attente vaine du futur ; c'est accepter le présent, seule réalité certaine.
Durant la Renaissance, le jeu constitue une dimension primordiale de l'exhortation à jouir de l'instant. Le rire, longtemps considéré comme diabolique, devient salvateur. Pour Montaigne, la philosophie épicurienne vise à rechercher la paix intérieur.
Au départ, il y a l'idée de la mort, du vieillissement. "Tout passe", tel pourrait être le fondement du carpe diem à la Renaissance. Par la suite, l'avènement du catholicisme en a transformé le sens : notre vie terrestre n'est qu'un prélude à la vie céleste.
Pour ce qui est des poèmes, ils s'inspirent souvent de la philosophie néo-platonicienne, selon laquelle le degré d'amour le plus élevé est celui qui unit les âmes des amants, et non leurs corps. Nombre de ces poèmes déplorent la cruauté de la femme. En revanche, le carpe diem affirme le plaisir de l'union charnelle. La rose, qui se fane rapidement, constitue la métaphore par excellence de ces poèmes, désignant la vie comme la beauté féminine.
Au XVIe siècle, deux tonalités traversent les poèmes : les plus nombreux peignent la beauté de la dame et sa cruauté, tandis que d'autres l'incitent à profiter de l'existence avant que la vieillesse ne vienne. Pour Du Bellay, le carpe diem change de tournure : il ne désigne plus la femme, mais le bonheur lié au pays natal et à la nature, ce qui fait suite à un fort mal du pays. Pour Belleau, c'est une invitation aux plaisirs charnels. Toutefois, le désir qu'il exprime est teinté d'une certaine sagesse, proprement épicurienne : jouissons, mais seulement de ce que nous possédons. Pour Grévin, c'est un appel fort et direct à jouir de la jeunesse : "Cueillir cette belle jeunesse ? Qu'attendre une morne vieillesse ?"
Au XVIIe siècle, l'accent ne porte plus sur les mêmes enjeux. Désormais, l'invitation à la jouissance immédiate laisse place à la notion de mouvement, de fuite du temps et de vieillesse. Plutôt que "profite de la vie", le XVIIe traduirait carpe diem par "la vie ne dure qu'un instant".
Pour Colletet, la beauté féminine se fane, tandis que celle du poète demeure pour l'éternité. Pour La Fontaine, il faut profiter de ce que l'on a, sans chercher à assouvir des désirs intarissables (quête de sagesse).
Au 18e siècle, le carpe diem ne sert plus d'exhortation sensuelle, devient une véritable quête métaphysique du bonheur. L'ataraxie redevient un thème majeur, intégré dans un modèle de vie. Cependant, certains affirment la suprématie des passions. La vie sans trouble, prônée par Voltaire, est mise à mal par l'idée que l'homme est gouverné par elles. Pour Voltaire, philosophe des Lumières, il faut cueillir le temps présent sans tomber dans les excès de la débauche.
Dans "Candide", une fable philosophique, Candide finira par trouver la paix en cultivant son jardin :
"Et quand on ne disputait pas, l'ennui était si excessif que la vieille osa un jour leur dire : 'Je voudrais savoir lequel est le pire : être violée cent fois par des pirates nègres, avoir une fesse coupée, passer par les baguettes chez les Bulgares, être fouettée et pendue dans un auto-da-fé, être disséquée, ramer en galère, éprouver enfin toutes les misères par lesquelles nous avons tous passé, ou bien rester ici à ne rien faire ?' - ' C'est une grande question' dit Candide"
"Ce discours fit naître de nouvelles réflexions, et Martin conclut que l'homme était né pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude ou dans la léthargie de l'ennui." "Je n'ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice, et le besoin."
"Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c'est le seul moyen de rendre la vie supportable."
"Cela est bien bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin."
Pour Helvétius, "plaisir et douleur sont et seront toujours l'unique principe des actions de l'homme" :
"Le motif qui la lui fait exercer, c'est que notre esprit s'occupe, non du besoin, mais des moyens de le satisfaire. Le difficile n'est pas de manger, mais d'apprêter le repas."
"Or, entre tous les plaisirs, celui qui sans contredit agit le plus fortement sur nous et communique à notre âme le plus d'énergie, est le plaisir des femmes"
"A mesure que ses désirs s'éteignent, l'homme perd son activité ; et par degrés, la mort s'empare de lui"
"Tant qu'on donnera à boire à l'ouvrier pour l'exciter au travail, il faudra convenir du pouvoir qu'ont sur nous les plaisirs des sens"
Au 19eme siècle, c'est l'échec du carpe diem. Les jeunes auteurs ont l'impression que leurs parents leur ont laissé un monde détruit, où règne le malheur en maître. La nouvelle génération a hérité d'un "monde en ruines" (si seulement ils avaient vu la gueule du monde en 2023). La mélancolie devient une figure centrale de la pensée romantique. Le carpe diem n'est plus un appel à jouir , mais une impossibilité, un regret de n'avoir pas sur jouir de l'instant, qui a fui irrémédiablement. Le poète Lamartine appelle en effet à jouir de la vie, mais pour lui, il est déjà trop tard : la femme aimée est morte. Baudelaire, lui, prend la provocation à deux mains et compare la femme à une charogne pourrissante au bord de la route pour parler de sa beauté fugace : "Et pourtant vous serez semblable à cette ordure, à cette horrible infection"
Voilà comment le carpe diem a évolué durant ces siècles.
Par contre, pour le coup, j'ai trouvé le livre sympa, sans plus. On est plus sur une synthèse globale classée selon des périodes qu’une réelle réflexion.
Je ne vais pas mentir. C'est un livret scolaire. Mais honnêtement, je lui ai mis 2 étoiles, pour la seule et unique raison, que j'ai découvert un superbe poème de Lamartine. Je ne comprends pas comment cette Anthologie a pu être éditée. La répartition des poètes, les différentes parties, les poèmes choisis. Rien ne va. Si vous voulez, vous penchez sur le sujet du carpe diem, et de la poésie. Je vous conseille, un de mes films préférés. Le cercle des poètes disparus. Vous apprendrez beaucoup plus de choses.
i want carpe diem written on my body this book was so fun, the poems are so beautiful and i could reread it if i need to. basically a book for school but it was just so fun so im not considering it as a school book lmao
Malgré le fait que j'ai dû lire cela pour mes cours de français, j'ai plutôt apprécié lire divers poèmes tous traitant du Carpe Diem de façons forts différentes à travers le temps et les époques.
Elsa Marpeau a réuni plusieurs textes (dont la majorité sont des poèmes) du XVIème au XIXème siècle qui abordent le thème du Carpe Diem et les différents points de vue selon les époques. Ce livre est intéressant, et super rapide à lire.
Un livre qui parle de différents périodes poétiques importantes dans l’histoire en général. Dommage que le vocabulaire ne soit pas noté directement sur la page désigniez.