Dès ses premiers livres, Henri Michaux faisait entendre une voix profondément singulière. Et même si la parenté de ces textes avec les récits de Kafka (dans Plume notamment, publié en 1930) peut sembler évidente, leur force tient encore aujourd'hui du miracle : miracle de voir une langue retrouver sa jouvence, miracle de découvrir chaque mot remis à nu, débarrassé de tout artifice, y dévoilant un monde loin des apparences, une réalité secrète et souterraine. Toute sa vie, Michaux fut un grand solitaire, un aristocrate de la littérature. Mais à peine entrebâillées, les portes de ce Lointain intérieur projettent le lecteur dans un royaume de rêves et de terreurs, dont le fil se déroule suivant la logique implacable du désespoir. Ce monde brutal, pesant, écrase l'homme-plume avec une sauvagerie qui évoque les premiers âges de notre Histoire. La poésie de Michaux ne s'embarrasse pas de mélodies. Cri, clameur, puis rumeur, gonflements et sursauts, éruptions puis éboulements. Moderne, à l'écart de toutes les modes, Michaux a su demeurer une référence, un pionnier qui n'a pas pris une ride. --Scarbo
Henri Michaux was a highly idiosyncratic Belgian poet, writer and painter who wrote in the French language. Michaux is best known for his esoteric books written in a highly accessible style, and his body of work includes poetry, travelogues, and art criticism. Michaux travelled widely, tried his hand at several careers, and experimented with drugs, the latter resulting in two of his most intriguing works, Miserable Miracle and The Major Ordeals of the Mind and the Countless Minor Ones.
4/5 Chaque ligne de Michaux constitue une expérience transcendante à part entière…c’est une pure folie. A chaque page, on entre dans un monde alternatif ouvert à tous les possibles et c’est juste magique. (Michaux ou l’art d’être foncedé en lisant 🦦)
« Dès que je la vis, je la désirai.D'abord pour la séduire, je répandis des plaines et des plaines. Des plaines sorties de mon regard s'allongeaient, douces, aimables, rassurantes.Les idées de plaine allèrent à sa rencontre, et sans le savoir, elle s'y promenait, s'y trouvant satisfaite.L'ayant bien rassurée, je la possédai. »