Ils sont l’intelligentsia du Québec. Ils partagent leur temps entre le bronzage, le magasinage des soldes, les liftings et le casino dans une Floride de pacotille où le diable rôde. Parmi eux, une adolescente nihiliste, un moine défroqué, un perroquet et un petit bourgeois drogué fomentent une révolte.
Un regard hallucinatoire sur la déchéance morale d’un monde aux relents de décadence antique.
Un exercice très intéressant, à mi-chemin entre la tragédie grecque et la parabole biblique. Ne vous attendez pas trop à y trouver une certaine nuance, le trait de crayon est ici gras et baveux.
Tragédie amère et grinçante d’une bande de snowbirds qui passent les fêtes dans un complexe de condos de Fort Lauderdale. La caricature va un peu loin mais on s’amuse ferme, et le sens de l’observation de Guillaume Sylvestre est si juste que ça fait presque mal. Le milieu culturel québécois d'une certaine époque y est violemment écorché, sans nommer de noms, mais via divers archétypes malheureusement presque réels.
On se laisse embarquer avec un enthousiasme non contenu dans ce grand délire, et j'ai dévoré le livre en moins de 48 heures.
Ouf. J'aurais vraiment aimé aimer ce livre, qui m'avait été recommandé par mon tendre époux afin de nourrir mon amour des romans à clé. Évidemment, il ne l'avait pas lu, et la recommandation tenait du seul fait que j'adoooore les livres où on finit par découvrir, à force de recoupements et d'indices, une histoire vraie derrière une histoire fausse.
Or, dans le cas de La chute de Babylone, le jeu d'enquête m'a pris environ 8 minutes. J'ai googlé mon premier "guess" suivi de "Floride" et je suis tombée sur un site qui s'appelle Blockshopper qui recense tous les petits resorts de condos en Floride et les propriétaires actuels des différentes unités, et j'ai assez rapidement fait le tour de qui est qui dans le jeu de Guillaume Sylvestre (lui-même apparaissant au nombre des personnages fortement inspirés de personnes réelles). N'ayant plus ce nanane pour m'inciter à poursuivre ma lecture, j'ai dû m'en remettre 100% au récit pour me divertir, et force m'est d'admettre qu'il n'y avait pas grand chose de divertissant dans ce que j'ai lu.
On est dans la satire au sens le plus pur du terme, c'est-à-dire la critique des moeurs contemporaines, mais le trait est lourd et appuyé. Guillaume Sylvestre critique la surconsommation et la vacuité de l'existence des nantis, mais il le fait dans la position de celui qui a probablement bénéficié plus qu'à son tour des accès privilégiés de cette coterie. Les motivations des personnages ne sont pas toujours claires, et la trame du récit est plutôt confuse. Certains aspects semblent avoir été ajoutés exclusivement pour le shock value (tw: allusion à un viol collectif qui semble n'avoir aucun impact sur le personnage qui en est victime; c'est vraiment malaisant). Globalement, l'exercice ne m'a pas convaincue, ce qui est dommage, puisque le matériel était intéressant.
Beaucoup de bons éléments, des bonnes idées, des passages originaux, mais ce roman manque de clarté. Tout d'abord, le nombre de personnages, ayant pour la plupart peu de profondeur, nous étourdit par moments. D'ailleurs, cela prend une bonne centaine de pages avant de ressentir certaines émotions face à certains d'entre-eux et leur quête.
Je n'ai pas compris pourquoi on insiste sur l'identité québécoise des personnages, cela prend beaucoup de place en début de récit et cette facette de l'histoire n'est pas particulièrement exploitée en fin de propos.
Pour terminer sur un point positif, la deuxième moitié du roman est plus captivante et la fin est créative et réussie selon moi.
Un roman satirique aux relents bibliques dans lequel l'élite culturelle du Québec est décrite comme un ramassis de has been ayant vendu leur âme pour un condo en Floride. Le portrait n'est pas flatteur, en particulier pour les femmes. Il est question d'absence de repères, de perte d'identité culturelle et d'absence de Dieu, le tout agrémenté de références mythologiques et philosophiques.
Les personnages sont caricaturaux, et la plupart sont trop déplaisants pour être attachants. J'ai eu un peu de mal à m'intéresser à leurs histoires au début, mais heureusement, ça devient plus intéressant au fil des pages. La catastrophe annoncée par le titre finit par se produire, et tout se termine dans une apocalypse cathartique assez réjouissante! Le ton est d'un cynisme très assumé. Je crois que j'aurais aimé que ce soit plus drôle. Quoi qu'il en soit, la critique sociale reste pertinente, et la finale épique vaut le détour!
L’histoire se déroule à Fort Lauderdale, dans les condos du Babylone Cove achetés à rabais par des snowbirds québécois. Issus des médias, de la politique ou de la chirurgie plastique, les personnages occupent huit des appartements de l’immeuble, refusent d’assumer leur âge. Se côtoyant régulièrement, ils se comparent, s’envient, se vautrent dans les paradis artificiels et se réfugient dans les apparences. La plupart masque leur désabusement pour vivre dans une superficialité qui guide leur désir et leur agir. La consommation et la course aux soldes dictent la façon d’enfouir le mal de vivre. Le rêve ultime : être invité aux célébrations du nouvel an chez le québécois le plus riche de la place. Parmi eux, il y a toutefois un trio qui voit clair. L’un de ceux-ci décide de passer à l’action. Qu’arrivera-t-il alors ?
Pour la qualité de l’écriture, le vocabulaire recherché (exemples : sialophagie, anachorète, jactance, bréviligne), et l’érudition, je donne un 4/5. La vie de ces personnages est résolument déprimante tellement que dans les circonstances, c’est une réussite, car l’auteur réussit à dépeindre avec ironie et acuité la superficialité, l’instrumentalisation de l’autre, le refuge dans l’illusoire, bref, la non-quête existentielle d’une série de gens qui passent à côté des vraies affaires. Savoureuse satire de ces gens sans empathie, sans bonté, sans scrupules qui sont prêts à tout pour sauver les apparences.
Citations
« Il méditait un passage des Lettres à Lucilius qu’il relisait en se disant que Sénèque n’avait jamais été si juste qu’en cette époque : « … si tu veux bien voir les choses, la plus grande partie de la vie se passe à mal faire, une grande part à ne rien faire et la totalité de la vie, à faire autre chose que ce qu’il faudrait. » p. 11
« … le mot « amour » dans la bouche d’un homme n’était qu’un leurre pour jouir. » p. 27
Dans Lettres à Lucilius : « L’Homme libre est celui non pas qui laisse peu de prise à la Fortune, mais qui n’en laisse aucune. » p. 148
J'ai lu ce livre suite à une chaude recommandation du premier ministre Legault sur les réseaux sociaux et honnêtement, ce n'était pas terrible. Plusieurs éléments du livres représentent ce qui, à mes yeux, va mal avec la littérature québécoise moderne!
Premièrement, je suis le premier à applaudir l'utilisation d'un vocabulaire plus recherché et d'une profondeur culturelle. Par contre, je décroche quand, visiblement, l'auteur se force pour monter des phrases avec des synonymes obscurs et peu utiles dans le contexte. Ça alourdit le texte inutilement et n'ajoute pas grand chose. Le ''sémantique dropping'', bleh.
Deuxièmement, l'histoire est plutôt banale et convenue. On comprend dès les premières pages que la conclusion sera une critique du capitalisme vide de sens dans un contexte de surconsommation. La thématique est plus ou moins bien exploitée, on a manqué une belle occasion de maximiser la prémisse.
Enfin, une conclusion bâclée après un long build up moyennement intéressant me fait toujours regretter d'avoir investit des heures dans la lecture d'un ouvrage. Dans ce cas-ci, la fin est bizarre, mais pas bizarre le fun. Bizarre dans le sens qu'on utilise très peu le contexte bâtit sur 200 pages et qu'on accélère vers une dernière page finalement plutôt banale. On dirait un travail étudiant remit à 23h59 et dont on a manqué de temps pour raffiner les dernières pages!
Bref, quand on lit de la littérature ''relève'' québécoise, on peut s'attendre à un peu de tout. J'imagine que ce bout là du ''tout'' est à éviter!
Je ne le finirai pas. Ce livre m'a fait sentir comme la dernière des connes. L'écriture est lourde, bourrée de descriptions superflues qui utilisent un vocabulaire exagéré à mon avis. Les phrases sont souvent trop longues, parfois bizarrement construites pour être capable d'y insérer un maximum d'adjectifs. On se calme le thésaurus s'il vous plait. J'ai lu seulement 77 pages et par moment j'avais de la difficulté à suivre l'action parce que j'accrochais sur des mots dont j'aurais dû chercher la définition dans un dictionnaire - et pourtant il ne se passe pas grand chose. Je ne lis pas pour m'arrêter à chaque paragraphe et faire une recherche sur google. Je suis une fille intelligente et éduquée mais apparemment trop conne pour saisir les images que l'auteur voulait nous présenter.