Dans la lumière de notre ignorance de Marianne Marquis-Gravel est un récit sur la rencontre de deux êtres fait l'un pour l'autre, réunit par le destin et où cette sublime complicité ne s'avère qu'un temps éphémère, alors que la maladie incurable fracassera indubitablement cette relation. Malgré les miracles de la science qui réussira à recoller les fragments de cet amour, la maladie s'assurera de lézarder et effriter la relation pour qu'elle ne redevienne que poussière.
Pour avoir rencontré l'autrice au salon du livre, je n'avais aucune idée de qui elle était, mais comme je me suis dit qu'elle devait être de famille😜, j'ai décidé de l'encourager. C'est son horrible histoire, malgré qu'elle soit à la fois merveilleuse. Son conjoint défunt qu'elle me nomma puisqu'il était connu du monde littéraire, ne me disait rien, ne me considérant pas le plus cultiver, cela m'apparaissait normal. Puis, en avalant les pages qu'elle avait écrite et qu'elle racontait qu'il avait écrit Ma Vie Rouge Kubrick, que j'avais lu, ça a permis de mettre un baume sur mon coeur, que je n'étais pas si inculte tout en créant un certain rapprochement et certains liens avec l'histoire sur laquelle j'étais absorbé.
Dans la lumière de notre ignorance s'avère un récit, oui, s'approchant parfois de la poésie par moment, avec certains chapitres très courts, d'un paragraphe, où mademoiselle Marquis-Gravel joue parfois avec la forme. Elle trouve aussi le moyen de citer plusieurs ouvrages scientifiques et littéraires pour ajouter du poids à la vraisemblance et pertinence de son ouvrage tout en expliquant le processus particulier où elle et son conjoint s'engouffrent sur le chemin de la mort. Cette manière d'écrire proche du documentaire et de l'analyse pourrait être aussi une manière de rendre hommage à son défunt conjoint qui, lorsque je lisais Ma Vie Rouge Kubrick, ne lésinait par sur les citations et rapportait les détails du film The Shining. Il faut dire, elle le mentionne, elle veut qu'on se souvient de tout de lui.
Dans la lumière de notre ignorance est une œuvre bouleversante où l'une de ses richesses se trouve dans les petits détails de la vie, racontée avec l'écriture d'une professeure de cégep de littérature, remplie d'une belle sensibilité.
Comme une grosse vague que tu n’as pas du tout vu venir, et qui te happe de plein fouet! Être émue jusqu’à l’os, se sentir si proche de Simon et Marianne à travers leurs 2 œuvres respectives comme si on avait vécu leur fin du monde dans leur cercle le plus proche. Pleurer parce que c’est d’une tristesse infinie et parce que j’ai tourné la dernière page et qu’il n’y en a aura plus jamais.