Le livre est un peu l’antonyme de son titre, Dopamine. La narration est à la 2e personne du singulier mais au lieu de t’engager elle suscite plutôt un espacement. C’est une lecture avec un certain humour noir : « Dommage, les aiguilles, ça n’a jamais été ton trip, tu aurais pu avoir une belle carrière de junkie par intraveineuse si tu l’avais souhaité. Il y a des opportunités qui se perdent. »
Mais c’est surtout la vision générale des gens d’un centre de réhabilitation, du retour parmi les autres, des rechutes, de l’usage de médicaments pour traiter les troubles de santé mentale telles que Bordeline, ou tous autres problèmes l’angoisse, l’anxiété et l’insomnie. J’aurais aimé aller plus profond, plus loins que les stéréotypes mettons.
« On passe deux semaines, trois semaines, un mois à s’attacher à des humains, à vivre avec eux une intimité presque totale, à leur révéler les secrets les plus enfouis, à observer à la loupe le tréfonds de leur âme, et puis une après l’autre, ces personnes-là s’évanouissent dans la nature, et on est censé continuer à vivre sans broncher. De ceux qui partent, on ne reparle plus jamais ou alors à mi-voix. On prétend qu’ils n’ont jamais existé, on les efface. »