« Jamais la puissance publique n’aura à ce point démissionné devant des enjeux vitaux, pour aujourd’hui et pour demain. »
On n’a sans doute jamais eu autant besoin de puissance publique, face aux bouleversements en cours et aux catastrophes qui s’annoncent. C’est la direction opposée qui est choisie : baisses d’impôts pour les privilégiés et les entreprises, poursuite insensée de la croissance infinie et laisser-faire irresponsable. Cinquante ans après le rapport Meadows (1972), alors que 60 % du vivant a disparu et que des milliers de scientifiques appellent désormais à la désobéissance civile, il est vital de prendre les décisions auxquels les forcenés du profit s’opposent. Ils nous font perdre du temps. Et la vie.
C'est une urgence. C'est un impératif. Notre gouvernement nous leurre et se leurre, c'est sur nos humbles épaules d'êtres humains, de citoyen du monde qu'il revient d'agir. Désobéissance civile, informer, partager les idées, s'aligner pour qu'en effet chaque geste compte. L'iceberg est déjà sur nous, on ne peut pas l'éviter. Mais on doit faire en sorte de gérer l'impact.
Magistralement bien écrit et globalement pertinent mais la bêtise libéralo-occidentale des auteures, parti pris pourtant si opposé à leur propre thèse du besoin de contraindre les capitalistes et les consommateurs à des formes de rationalité nouvelles et moins égoïstes, point grotesquement dans leur célébration du génocidaire capitaliste et impérialiste Joe Biden et leur assimilation parfaitement malhonnête et par ailleurs totalement contraire aux propres écrits de Chapoutot entre la Chine contemporaine et le nazisme. Ridicule, néfaste, dangereux, et faux. Mignon (et malhonnête) aussi d’assimiler les tentatives d’accumulation primitive de « capital » en URSS (dans le but de construire des industries, des infrastructures, et des moyens de production culturelle très très concrètes) et ce que les auteurs décrivent très bien comme étant une accumulation de capital sans but et vouée à se reproduire à l’infini, en dehors de tout plan d’ensemble, qui caractérise le capitalisme.
Bien que ça ait été écrit suite aux canicules de l'été 2022 en France, cela reste malheureusement d'actualité, entre les milliardaires qui veulent lancer encore plus de machins dans l'espace et la montée de l'extrême droite en France...
(Je me demande aussi si les auteurs ont changé d'avis sur Biden depuis la publication. Ils étaient très enthousiaste de sa performance comme président américain, mais on ne peut pas tant vouloir diminuer les effets des dérèglements climatiques et appuyer Biden, qui continue de soutenir l'écoside (entre autres) à Gaza. En tout cas.)
Le début du livre est un peu lent puisque les auteurs posent un peu les termes de la discussion, les faits indiscutés qui viendront soutenir leur propos ensuite. Une fois cette partie un peu redondante passée, le dernier tiers du livre est vraiment très très bien écrit, comme un discours de mobilisation ou d’éveil, qui alimente notre affect militant et qui pousse presque, parfois, et preuves à l’appui, à envisager la révolution écologique.
+ : - se concentre sur les problématiques de large ampleur - propose des solutions actionnables (si les puissances publiques le voulaient)
- : - manque de sources (c'est le format de la collection qui veut ça mais c'est frustrant) - écrit d'une façon qui m'a donné l'impression d'être prise de haut (et avec des répétitions désagréables)
Petit essai génial pour les gens qui n’ont jamais ouvert un journal dans leur vie, ni développé une conscience. Rien de nouveau, pas assez approfondi. Déçu.
Dit les termes. Bon panorama de la situation écologique, et texte délicieusement perspicace, acerbe et incisif a l'encontre des néolibéraux au pouvoir.
Texte enflammé et inflammatoire qui nous rappelle ce que nous savons déjà : un gouvernement et des élites qui nous écrasent et écrase notre Terre au profit d'un capital-roi. Ce texte nous donne envie de passer à l'action, une bonne foi pour toutes. Lu en contexte 49.3 réforme des retraites, je crois que ça ne peut pas être plus en lien.