La quête du bonheur est-elle une exigence dictée par la psychologie ou une illusion créée par la société de consommation, la culture populaire, les réseaux sociaux? Il n’y a pas en tout cas une seule réponse au bonheur : bien que chacun d’entre nous ait intégré à divers degrés cette folie dans notre vie, ceux qui expriment une pure satisfaction nous semblent parfois suspects. Comment en sommes-nous venus à construire une culture totalement orientée vers une quête aussi complexe et peut-être, finalement, futile? C’est ce que tente de comprendre Arizona O’Neill à travers la loupe de douze créateurs. Elle s’entretient avec Klô Pelgag, Julie Doucet, Hubert Lenoir, Miss Me, Patrick Watson, Chloé Savoie-Bernard, Walter Scott, Laurence Philomène, Mirion Malle, Pascal Girard, Daphné B et Heather O’Neill afin de mieux cerner l’éthos du bonheur chez les artistes – des petits plaisirs de la vie aux fondements identitaires.
Dur de ne pas le comparer à Vie d'artiste de Catherine Ocelot et la comparaison n'est pas avantageuse pour Arizona O'Neill. Les illustrations tentent de dynamiser le dialogue mais ne font pas grand chose à part choisir arbitrairement un lieu ou dessiner littéralement ce qui est discuté. Je repense au précédemment nommé Vie d'artiste et à Pénis de table, deux BD qui ne sont que des entretiens et dont les dessins sont vraiment moins redondants et beaucoup plus complémentaires aux textes.
Les questions n'arrivent pas souvent à aller au-delà du superficiel et on ne comprend pas en quoi elles permettent d'explorer le thème du livre. À part demander comment chaque artiste conçoit le bonheur, on ne se penche pas vraiment sur la question et on pose des questions sur les œuvres de l'artiste (ce qui est ben le fun quand on connait et aime l'artiste en question et ben plate quand c'est le contraire). Pourquoi la question du bonheur de l'artiste se pose-t-elle? Est-ce à cause de la vision de l'être torturé qu'on perçoit souvent? À cause de la célébrité? La réception des œuvres? La difficulté de vivre de son art? La pression sociale? Aucune de ces questions (ni d'autres) ne sont abordées ou si peu. Finalement, c'est-tu vraiment un livre sur le bonheur des artistes ou juste une occasion de jaser avec des artistes que l'autrice aime?
Mignon. Toutefois, on voit qu’Arizona O’Neil veut nous offrir une lecture légère et optimiste mais le résultat est un peu simple, autant dans les échanges qui sont rapportés avec les artistes que dans les illustrations monotones qui, ne s’écartant peut-être pas assez de la réalité, ne nous font pas autant voyager que la bédéiste l’aurait sûrement souhaité; malgré les promenades dans lesquelles on est amené.es avec O’Neil et les interviewé.es, on peut à tout coup mettre notre lecture sur pause, sans décalage avec la vie de tous les jours. Difficile de se sentir engagé.e et touché.e par une lecture où on sent le besoin d’aller plus loin, de se faire challenger un minimum mais qui au contraire, ne nous fait que nous passer le commentaire suivant: “coudonc, c’est tu juste moi ou il manque un peu de magie..”. En quelques mots: cette bande-dessinée manque d’audace, chose ironique puisque toustes les artistes québécois.es invité.es à partager sur leur rapport au bonheur sont des personnes qui se sont frayé leur chemin en prenant des risques, en renversant les normes, en nous faisant voyager jusqu’aux confins de notre imagination, bref en étant… audacieux.ses. Même s’il est bien de réaliser que les Grand.es de la culture québécoise nous ressemblent beaucoup quant à ce qui a trait à nos définitions “normales” du bonheur, on sent tout de même que quelque chose échappe à traverser le mur entre le/la lecteurice et le livre. En conclusion, un peu déçue mais tout de même emballée à connaître davantage les artistes interviewé.es.
Un très beau roman graphique aux illustrations super belle! J’ai beaucoup aimé retrouver des artistes que je connaissais déjà pour leur succès dans leur intimité et dans des questions aussi intimes que ce qu’est le bonheur pour eux. C’est une question très intéressante, ce qu’est le bonheur pour chacun, car il peut être aussi subjectif que personnelle et j’ai trouvé les approches aussi différentes qu’intéressante. Étant moi-même artiste, je me suis souvent retrouvée dans les témoignages et j’ai aimée l’aspect humain qu’on donnait à ses personnalités connues. Il y avait un petit côté surréaliste dans les illustrations où elle rendait les mises en scène un peu absurde, mais toujours très contextuelle et intéressante. Je pense que parler de la recherche du bonheur, de dire que on ne l’a pas toujours et de normaliser le fait de ne pas toujours être heureux est important et ce livre le faisait bien.
Par contre, on reste à un niveau très superficiel, on ne va jamais réellement en profondeur dans les questions et on passe très rapidement d’un artiste à l’autre nous empêchant de créer un lien avec chaque personne. Ce qui apporte un certain côté très répétitif à l’ouvrage et surtout intéressant quand on connait les personnes interviewer. Durant certain entrevu, on grattait tellement en surface que j’avais l’impression que le courant ne passait simplement pas entre eux deux, ce qui est dommage, car il y aurait eu moyen de pousser plus loin en parlant des petits malheurs en lien avec ce domaine, comme l’instabilité, la pression sociale, le manque d’inspiration, le manque de motivation…
En bref, c’était bien et je recommande quand même, mais c’était une lecture légère et non pas profonde comme j’aurais espèrer.
Les dessins sont un peu moches (statiques, erreurs d'anatomie, coloris boueux) et les dialogues sont très superficiels. Il semblerait que l'auteure ait plutôt misé sur la quantité d'entrevues plutôt que sur la qualité des entretiens. Certes, elle est bien connectée dans le milieu artistique de mtl, mais ne va pas en profondeur dans ses discussions: la question du livre n'est jamais réellement posée ou approfondie. J'ai été laissée entièrement sur ma faim.
Un peu trop répétitif et simpliste pour un titre évocateur comme celui-là. J'ai tout de même adoré les dessins et particulièrement Patrick Watson, Klo Pelgag et Walter Scott. L'Interview avec Hubert Lenoir m'a déçue. Elle n'était pas pertinente et tournait en rond.... j'ai aimé sa réponse finale mais je pense que le courant ne passait pas nécessairement entre l'interviewer et l'interviewé. Bel effort mais ça semblait incomplet. Je mettrais 2.5
j’ai trouvé ce livre malheureusement trop peu profond, le titre engageait à une certaine exigence dans la thématique abordée et j’ai trouvé que le sujet de la quête du bonheur chez les artistes était à peine survolé. c’était plutôt comme lire des interviews illustrées d’artistes québécois.
Je suis entrée dans ce roman graphique sans aucune attente (j'aime bien préciser également que je suis toujours novice dans l'univers de la bd) et j'ai passé un très bon moment. Même que j'en aurais pris encore plus parce que c'était bien intéressant. J'aurais aimé voir plus d'expressions différentes dans les yeux et je ne peux m'empêcher de me demander si c'était voulu qu'on détourne la question du titre ? Parce qu'au final, on a plutôt demandé aux artistes quelle est leur définition du bonheur. Le concept des lieux différents (une église, le métro de Montréal ou un lavoir, pour ne nommer que ceux-là), m'a beaucoup plu.
Une bande dessinée plutôt chouette qui nous permet d’aller à la rencontre de nouveaux artistes ou de revisiter des artistes qu’on connait. En lisant les autres critiques, c’est vrai que ça va plutôt en surface et que les dessins non pas de plus value. Mais j’ai passé un bon moment, c’est l’important. 💛
Tant de potentiel dans cette question-titre… et pourtant!
J’étais vraiment emballée par le concept du livre, qui allie illustrations et échanges, qui plus est avec des artistes québécois parfois plus et moins connus. Je trouvais l’idée rafraîchissante et j’avais hâte de lire certains artistes que j’aime beaucoup, et d’en découvrir d’autres.
Malheureusement, j’ai rapidement constaté un décalage entre le style du livre et sa promesse initiale.
La question-titre a été abordée de manière très superficielle pour la majorité des personnes interviewées, et cela devenait répétitif d’une personne à l’autre tant le contenu était limité.
Déjà, je crois que si la question avait été posée de manière ouverte - comment être artiste et heureux? - cela aurait pu nourrir les discussions davantage. J’avais parfois l’impression qu’on lançait la question (fermée) dans la soupe, comme pour s’en débarrasser, et hop on jase de la carrière de l’artiste lui-même, c’est donc ben plus jojo. D’autres fois, j’avais aussi l’impression que ça ne cliquait pas beaucoup entre notre autrice et l’invité.e - du genre que ç’en était ennuyant. Même que l’autrice/intervieweuse prenait parfois plus (trop) de place. Et, bien sûr, chaque entrevue était beaucoup trop courte pour qu’on puisse réellement creuser le sujet clé.
A-t-on trop misé sur la quantité (nombre d’entrevues) plutôt que la qualité (contenu et chimie)? A-t-on été trop frileux pour aborder certaines thématiques? Était-ce simplement trop ambitieux comme concept?
C’est dommage, car l’idée était prometteuse et aurait pu bien réussir, n’eut été qu’en choisissant un meilleur format. On aurait pu imaginer un livre-essai parsemé de bribes d’entrevues pour soutenir les points, et auquel on aurait intégré quelques illustrations clins d’œil. Le format web aurait sans contredit convenu également : par exemple, une série de billets de blogue, où chaque billet est une rencontre avec un artiste, et où on lit une conversation quasi-intégrale beaucoup plus approfondie, agrémentée des sympathiques illustrations d’Arizona O’Neill. Ce sont des idées pour respecter le format textuel/visuel, car bien sûr, le tout se prêterait magnifiquement bien en mode audio également… :)
Enfin, je crois qu’Arizona O’Neill s’est fait plaisir avec ce livre, et c’est bien correct! Ce sera intéressant de la voir évoluer au cours des prochaines années, à titre d’autrice tout comme d’illustratrice.
Beaucoup des entrevues étaient extrêmement banales et c'est ça qui rendait ça beau en quelques sortes. J'ai aimé le dessin, l'originalité, la douceur tout en discutant de sujets parfois très sérieux, j'ai aimé redécouvrir des artistes que j'aime beaucoup (Chloé Savoie-Bernard) et en découvrir certaines que je ne connaissais pas (MissMe). Ah et bien sûr j'adore toujours autant Patrick Watson. J'ai retiré une étoile pour la simple raison que certains récits étaient parfois un peu répétitif et j'aurais aimé que l'exercice soit parfois poussé un peu plus loin.
J’avais de grandes attentes à la lecture de ce titre. Les illustrations de cette mini BD étaient maaaagnifiques, les conversations avec les artistes intéressantes, mais le titre aurait dû être autre chose parce que je n’ai pas l’impression d’en avoir eu pour mon argent. Les conversations avec les artistes tournaient plutôt autour de leurs plus récentes réalisations, leur processus créatif, mais pas à la grande question existentielle que proposait le titre. Tout de même heureuse de l’avoir lu ne serait-ce que pour la découverte de quelques artistes que je ne connaissais pas avant 🥰
Dans cette bande dessinée, on a accès à de courtes entrevues avec des artistes de différents milieux.
Je ressors de ma lecture mitigée. Je pense que la base de la bande dessinée était bien et originale. Par contre, j’ai trouvé que plusieurs des entrevues étaient très « en surface ». Les dessins sont par contre superbes!
Septembre 2023. J’ai découvert des artistes. En soi, plusieurs éléments ont été significatifs pour moi mais ça demeurait plutôt léger comme discussion alors que j’aurais aimé avoir plus de profondeur. Et plus de temps avec chacun. Donc, c’est gentil mais pas percutant comme réflexions et dialogues.
Entrevues illustrées portant sur ce qu'est le bonheur. C'était intéressant mais un peu redondant. Les illustrations sont originales et j'ai bien aimé que les lieux étaient adaptés à la personne "interrogée". Ce n'était pas mauvais mais ce n'est pas un livre qui m'a particulièrement plu.
« Est-ce qu’un artiste peut être heureux? » J’avais si hâte de lire la réponse… Je suis un peu déçue, puisque la question n’est pas du tout approfondie finalement. Malgré tout, c’était léger et agréable.
Absolument adoré ce livre! Les illustrations sont merveilleuses et tellement uniques, pi le concept en général est tellement intéressant :) 10/10 recommend 💞