Jump to ratings and reviews
Rate this book

Le Vide et le Plein. Carnets du Japon 1964-1970

Rate this book
La découverte d'inédits de Nicolas Bouvier, le plus grand écrivain voyageur de ce temps, objet aujourd'hui d'un véritable culte, est chose véritablement exceptionnelle, surtout quand il s'agit non pas de quelques articles retrouvés ici ou là, mais de rien moins que ses fameux "carnets" si souvent évoqués, qu'il tint pendant son séjour au Japon en 1964 et que nul n'avait lus. L'usage du monde, publié en 1963, marquait la première étape jusqu'à la passe de Khyber en Afghanistan, d'un immense voyage commencé en 1953, via Belgrade "vers la Turquie, l'Iran, l'Inde plus loin peut-être..." Et là, se dit-il, "si j'ajoutais l'Inde, Ceylan, et le Japon, ce serait le Livre des Merveilles en deux mille pages, que j'aurais terminé vers cinquante ans..." De ce livre des merveilles, évidemment interminable, Nicolas Bouvier nous aura livré quelques joyaux. En voici une part importante, jusqu'ici inédite, qui nous fait découvrir comme jamais peut-être, un Nicolas Bouvier au quotidien, tout en notations vives, drôles, touchantes, d'une acuité proprement incroyable. Le style de Bouvier, c'est d'abord cette qualité de regard, ces ciselures de miniaturiste, cet art unique de saisir, comme on dérobe des pommes à l'étalage, des fragments d'éternité au détour d'une scène, d'un regard échangé. Son premier livre sur le Japon, Chronique japonaise, se voulait quasiment "objectif" comme si, pour dire cette expérience du "radicalement autre", il avait tenté de s'abstraire de son propre livre. Le voici ici, au contraire, au long de ce deuxième séjour en 1964, avec sa femme Éliane, tout en liberté, avec son inimitable humour, et l'on pourrait presque entendre sous ses phrases le grain de sa voix tandis qu'il découvre, s'émerveille, s'étonne, se laisse faire, mais aussi défaire par ce pays "non pas moins mystérieux que mystifiant". Soigneusement revus et présentés par Grégory Leroy et Éliane Bouvier, ces carnets s'imposent comme un chapitre précieux de l'oeuvre de Bouvier, où il se découvre plus que nulle part ailleurs.

256 pages, Paperback

First published January 1, 2004

7 people are currently reading
182 people want to read

About the author

Nicolas Bouvier

102 books109 followers
Nicolas Bouvier (1929-1998) was a Swiss writer and photographer.

His travels all over the world incited him to recount his experiences and adventures. His work is marked by a commitment to report what he sees and feels, shorn of any pretence of omniscience, leading often to an intimacy bordering on the mystical. His journey from Geneva to Japan was in many ways prescient of the great eastward wave of hippies that occurred in the sixties and seventies - slow, meandering progress in a small, iconic car, carefully guarded idiosyncrasy, a rite of passage. Yet, it differs in that the travelogues this journey inspired contain deep reflections on man's intimate nature, written in a style very much aware and appreciative of the traditions and possibilities of the language he uses. (He wrote mainly in French, though he does mention writing a series of travel articles in English for a local journal during his stay in Ceylon.)

His most famous books are The Way of the World, The Japanese Chronicles, and The Scorpion Fish.

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
45 (27%)
4 stars
66 (40%)
3 stars
35 (21%)
2 stars
13 (8%)
1 star
3 (1%)
Displaying 1 - 8 of 8 reviews
Profile Image for Hotaru.
292 reviews3 followers
April 1, 2020
Pas facile de noter ce livre.

L'écriture est excellente, la plume acérée, certaines observations particulièrement fines.
L'égo de l'écrivain avait, lui, du mal à tenir dans la même pièce que nous lorsque je lisais ces carnets à haute voix à mon conjoint, qui comme moi connait bien le Japon. Même s'il y a beaucoup de critiques fondées, le mépris transparent de l'auteur pour les Japonais (auxquels Bouvier semble en vouloir, son éditeur lui ayant demandé de passer 2 ans dans la péninsule avec sa famille pour préparer un carnet de voyages sur le modèle de ses précédents ouvrages à succès, ce qui ne l'enchantait guère) imprègne les pages et est difficile à surmonter.

Et certes, la narration se situe dans les années 60, mais le machisme omniprésent confirme que Bouvier n'est pas l'auteur libéral, visionnaire et rebelle qu'il se croit. Que ce soient les remarques personnelles (pelletées de commentaires lascifs sur les tentatrices nippones pendant que sa malheureuse femme était enceinte ou en convalescence) ou les analyses empruntes de préjugés voire de craintes ridicules (vraiment Nico ? ce sont les femmes japonaises qui, en bonnes manipulatrices discrètes, occupent une place privilégiée dans la société nippone qu'elles dirigent dans l'ombre ? Tu es sûr que tu ne t'es pas trompé d'île pendant 2 ans ??), vraiment ça ne passe pas.
Profile Image for Beroha.
388 reviews4 followers
February 12, 2017
"Ce qui importe c'est le passage. Mon livre est celui d'un homme qui, à force de manquer de méthode, trouve tantôt mieux tantôt pire que tout ce à quoi ses ambitions raisonnées auraient pu le conduire." p165.
Le vide au centre de tout, le plein de nature, d'émotions, de conventions sociales. C'est dans un état de tristesse existentielle (et de voyageur déraciné) que Nicolas Bouvier voit le Japon et ce filtre fait écho à la sensibilité particulière du pays. Comment mieux expliquer ce vide et ce plein qu'en les ressentant directement au contact de populations rurales et citadines, à travers le voyage, tout ce temps passé sur la route à chercher la rencontre avec l'Autre, miroir de soi, de ses interrogations et de ses doutes.
Un journal intime de voyage, où l'on chemine avec l'auteur à travers ses désillusions, ses réflexions, ses impressions du Japon des années 60-70. Sa prose érudite, ses image fleuries donnent du piquant à sa vision du Japon et du voyage.
Profile Image for Tarik.
67 reviews28 followers
March 12, 2014
Excellent insight into Japan's mystifying (and not mysterious) culture.

J'ai eu un peu peur que le ton du livre soit négatif après avoir lu les premières pages. Mais Nicolas Bouvier n'est simplement est sans concession et abrupt dans son analyse, que ce soit pour décrire les cotes brillants et plus sombres (les vides et les pleins) du Japon.

Le format en courts chapitre en fait une lecture non contraignante. Chaque billet est une perle de la littérature de voyage.
Profile Image for Cécile B..
396 reviews6 followers
December 20, 2024
Un peu décousu, un peu cryptique, parfois absolument juste. Quelques fulgurances concernant la supériorité du collectif, l'art du vide à la japonaise, le zen. Quelques méditations sur le voyage aussi, une petite phrase que j'ai beaucoup aimée : "Le voyage est un naufrage, et ceux dont le bateau n'a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer."
Je crois que vivre au Japon dans les années 60-70 devait être bien plus dépaysant que maintenant, en tous cas en tant que touriste. Je ne doute pas qu'en tant qu'expatrié, le poids des conventions sociales se fasse ressentir plus fortement.
Profile Image for Chloé Perrot.
17 reviews
January 14, 2024
Un peu déçue par ce livre que je voulais lire depuis longtemps.
Au début, j’y ai retrouvé cette ambiance particulière qui transparaît dans la littérature japonaise et que j’espérais. Puis, les déconvenues et le malaise de l’auteur prennent le pas et tout s’englue. Ce n’est que dans les dernières pages (et donc dans ses dernières semaines au Japon) qu’il semble avoir été transformé par le pays ou du moins être passé au-delà d’une attente. C’est aussi là qu’il décide de le quitter.
Profile Image for laura nadall.
119 reviews
Read
September 8, 2024
Je ne sais quoi en dire. Ce livre m’a paru vide et pourtant si plein. À méditer.
Profile Image for Alexandre.
8 reviews
July 13, 2015
Le Japon aura résisté longtemps à Nicolas Bouvier.
Son statut d'étranger lui a longtemps collé à la peau dans ce pays. Une calamité pour ce voyageur qui aime se fondre dans l'âme même des peuples.
La mentalité japonaise est en contradiction avec certaines de ses convictions profondes : la négation de l'individualité au profit du collectif, le poids du protocole et de l'étiquette, une recherche de perfection dans les arts dénaturant l'expression, l'absence de poursuite du bonheur individuel et un certain goût des japonais pour une vie difficile...

"Au Japon, l'adulte est perpétuellement en punition. Sa vie doit être kurashii (pénible) et on veille à ce qu'elle le soit."

"Aussi dans un milieu régi par une étiquette impérieuse, il faut trouver des substituts pour exprimer la sympathie ou l'antipathie qui teintent les rapports sociaux. D'où au Japon, l'importance de l'"ambiance" - kimochi - grâce à laquelle la sympathie passe par osmose au-dessus des formes rigides du protocole."

Le ton des premières pages est négatif et critique. On sent que Bouvier a vieilli depuis l'Usage du Monde. Il s'interroge sur sa faculté à comprendre ce peuple d'extrême Orient et, par ricochet, sur ses qualités littéraires, intrinsèquement liées à son don d'observation. Bouvier se fait un peu juge des moeurs japonaise, à l'aune de sa culture occidentale. Cela n'a pas du aider son intégration.
Mais ces cahiers du Japon montrent que Bouvier, a force d'efforts et de persévérance, à apprivoiser cette culture. De critique, Bouvier devient observateur éclairé au fil des années.
En se plongeant dans l'histoire du pays (selon lui une des deux portes d'entrée pour un occidental afin de comprendre l'archipel, avec le langage), il parvient à percer cette carapace de codes et de protocole qu'est la société japonaise.

"Pour ma part, je comprends et partage beaucoup mieux certains rites shintos que certains aspects de la société japonaise d'aujourd'hui. Ce qui prouve que, le temps passant, nous n'avons fait que nous écarter d'une origine commune. Pour se retrouver "à portée de voix" il ne s'agit pas de devenir plus international, mais il s'agit de devenir, de part et d'autres, mieux informé de nos origines et de nos mythes, en un mot mieux informé du sacré."

A travers ce journal, on sent que Nicolas Bouvier s'est usé à capter l'âme nippone, en supportant une certaine solitude et en se brisant lui-même. Ce texte, bien que sa forme soit un peu brouillonne, ne peut que laisser admiratif.
Profile Image for Kristalle.
2 reviews
March 12, 2015
Presents some interesting points, but otherwise is out of date. As for the deepness of insight can't compare with Ovchinnikov, for example.
Displaying 1 - 8 of 8 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.