Contemporaine d'Olympe de Gouges, invisibilisée par son mari et restée dans l'ombre des trois penseurs auxquels elle eut affaire : Montesquieu, Rousseau et Voltaire, Louise Dupin (1706-1799) tenait pourtant, à Paris, l'un des plus fameux salons littéraires et philosophiques de son époque. Elle dénonçait les violences faites aux femmes, militait pour l'égalité professionnelle et l'accès des femmes à la politique, pour le divorce, pour la transmission du nom de la mère aux enfants, et critiquait le manque de considération envers les femmes dans les écrits des plus grands auteurs depuis l'Antiquité.. Rousseau tomba amoureux d'elle, Louise Dupin l'éconduit et l'engagea comme secrétaire. Ensemble, à Paris ou au château de Chenonceau, dont elle était propriétaire, ils travaillèrent à un grand livre féministe. Le résultat, ce sont des milliers de pages qui finiront, au XXe siècle, dispersées dans toute l'Europe et en Amérique. En les traquant pour les rassembler, Frédéric Marty a retrouvé un manuscrit formant comme une longue introduction à son grand-œuvre, où sont formulées les idées de Louise Dupin sur l'égalité des sexes ; c'est ce texte totalement inédit que nous publions.
Une édition de textes, brouillons de Louise Dupin qui avait un projet d'écrire un essai sur l'oppression et l'exclusion des femmes dans l'espace public, l'éducation, le juridique, le théologique, le philosophique, etc.
Les arguments ne sont pas originaux ni nécessairement bien construits (probablement dû au fait que c'est un assemblage de textes non peaufinés et à l'état de brouillon), l'argumentation touche un grand nombre de sujets et date quand même beaucoup à plusieurs égards sur des questions notamment de natalisme et de nationalisme.
Ça reste un document intéressant et pertinent pour la période, c'est un peu difficile de juger un texte non achevé. La préface fait un bon travail d'introduction biographique de Louise Dupin, passe peu de temps sur l'analyse du texte, mais l'appareil de notes du texte permet de comprendre plusieurs passages un peu obscur et de relever certaines références à d'autres textes auxquels elle fait référence.
Dieser „discours préliminaire“, den Frédéric Marty aus Tausenden von verstreuten Seiten aufgespürt hat, ist ein Akt der historischen Gerechtigkeit, der endlich die Stimme einer der bedeutendsten – und lange systematisch unsichtbar gemachten – Denkerinnen der Aufklärung enthüllt. Louise Dupin, die einen der berühmtesten Salons in Paris betrieb, formuliert hier ihre radikal modernen, fast zeitgenössisch wirkenden feministischen Thesen: Sie klagt die Gewalt gegen Frauen an, fordert politische Gleichberechtigung, das Recht auf Scheidung und die Weitergabe des mütterlichen Namens. Die größte Ironie der Geistesgeschichte ist, dass dieser Text, der die Frauenfeindlichkeit von der Antike bis Voltaire kritisiert, auf Schloss Chenonceau ausgerechnet mit der Hilfe ihres Sekretärs Jean-Jacques Rousseau entstand, den sie zuvor abgewiesen hatte und der später selbst zum Inbegriff des philosophischen Antifeminismus wurde. Trotz all dieser frühen, klaren und mutigen Forderungen bleibt die Tatsache unerträglich, dass die von Dupin angeklagte Gewalt gegen Frauen bis heute fortbesteht – ein Skandal der Gegenwart, der nichts von seiner empörenden Dringlichkeit verloren hat.