"C'était pas prévu que je perde mon boulot et puis c'est peut-être mieux comme ça.Je vais avoir 40 piges, je vais ou, je vais faire quoi ?"Parallèlement à sa passion pour le dessin et la bande dessinée, Gilles Rochier avait un autre boulot - et des responsabilités -, stressant, qui l'occupait largement et à plus que plein temps. Pas de temps à consacrer à soi, à ses amis, peu à sa famille.Un jour, sa boîte coule... Plus rien à quoi se raccrocher, l'impression que le sol se dérobe... la depression l'engouffre.Heureusement la passion du dessin est là, il s'y raccroche, fait un break, le justifie auprès des autres par son « statut » de dessinateur, auprès de lui surtout. Il est urgent de faire un « temps mort ». Réapprendre à vivre sans s'oublier dans douze heures de travail quotidien, partager le temps avec sa famille, retrouver les amis perdus. « Un tempo de vie ralenti par les médocs, j'attends que ça passe », car l'arrêt est brutal.Nous retrouvons dans sa prostration, l'auteur de TMLP (Ta mère la pute, 2011, Fauve révélation, Angoulême 2012) et de Tu sais ce qu'on raconte... (avec Daniel Casanave, 2017, ed. Warum)... faisant le point à l'aube de ses 40 ans, plus que jamais accro à la bande dessinée, issue quasi-rédemptrice à une vie qu'il avait oublié de vivre.« Je racontre l'histoire de ma dépression, mon quartier, ma vie, les vieux copains. Cette vie qui m'entoure et que je ne voyais pas avant . » L'observation est jouissive, l'attention aux autres chaleureuse mais corrosive et l'auteur ne s'épargne pas. Les rapports humains sont bruts, les conversations rapportées hilarantes ou tragiques, toujours précises.Temps mort, pépite autobiographique indispensable, fait aimer la vie.Voici sa nouvelle édition, à l'occasion de la parution de La petite couronne, qui se situe 10 ans plus tard, dans la chronique de son quartier, même hall, mêmes heures, mêmes potes.
Gilles finds himself unemployed after 12 years of work. He doesn't want to find another job, so he hangs out with his sketchbook in his housing project, meeting up with his old friends on rooftops or near skate parks. There's a lot of bickering, insults, and banter, even if it's not really funny (for example: "You've got the same haircut as Desireless and George Michael"... hmmm, okay...). Apparently, he's married with two daughters, but it's barely mentioned, as women are largely excluded from this very masculine world anyway. There are a few nice sketches of buildings, but otherwise, there's not much to latch onto: no engaging protagonist, no real emotion, except for the sense of aimlessness that gives the album its title. On paper, this social commentary sounded promising, but I must have missed something.