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Capillaria

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This is a pre-1923 historical reproduction that was curated for quality. Quality assurance was conducted on each of these books in an attempt to remove books with imperfections introduced by the digitization process. Though we have made best efforts - the books may have occasional errors that do not impede the reading experience. We believe this work is culturally important and have elected to bring the book back into print as part of our continuing commitment to the preservation of printed works worldwide.

166 pages, Paperback

First published January 1, 1921

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About the author

Frigyes Karinthy

128 books85 followers
Frigyes Karinthy (25 June 1887 in Budapest – 29 August 1938 in Siófok) was a Hungarian author, playwright, poet, journalist, and translator. He was the first proponent of the six degrees of separation concept, in his 1929 short story, Chains (Láncszemek). Karinthy remains one of the most popular Hungarian writers. He was the father of poet Gábor Karinthy and writer Ferenc Karinthy.
Among the English translations of Karinthy's works are two novellas that continue the adventures of Swift's character Gulliver. Voyage to Faremido is an early examination of artificial intelligence, while Capillaria is a polished and darkly humorous satire on the 'battle of the sexes'.

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Profile Image for Yann.
1,413 reviews394 followers
November 23, 2014


Capillaria est un conte écrit dans l’entre deux guerres par Frigyes Karinthy(1887-1938), un écrivain hongrois particulièrement francophile. Le héros, un médecin anglais éduqué dans des sentiments d’honneur et de patriotisme, part en guerre contre l’Allemagne sur l’injonction de son épouse, mais le navire sur lequel il s’était embarqué sombre. Notre héros arrive donc dans un monde sous-marin où il découvre une société nouvelle, peuplée de créatures humanoïdes au dimorphisme sexuel extrêmement marqué: d’un côté des créatures féminines géantes et belles qui vivent de plaisir et de loisirs, et qui exploitent des mâles microscopiques et rabougris pour lesquels elles n’ont que mépris et indifférence, ces derniers s’éreintant à bâtir d’immenses édifices, poursuivant la chimère d’atteindre le monde d’en haut. Il leur arrive en fait d’être exterminé dès que leurs constructions s’avère assez avancée pour servir de domicile à une créature féminine, et ces dernière s’en servent alors comme nourriture. Peu à peu, en discutant avec les femmes de l’endroit, il prend conscience que le monde dans lequel il vit et a été habitué à considérer que les femmes sont oppressées n’est pas si éloigné de celui qu’il découvre sous l’eau. Au final, le héros, rentrant en France à Marseille, se déguise en femme, et devient fou.




Cette fable ressemble beaucoup à celle que les grecs nous ont transmis des Amazones, ces femmes querrières qui tranchaient un de leurs seins et vivaient au milieu d’hommes estropiés et réduits en esclavages. La différence ici est que les créatures masculines, du fait de l’immense disparité des corps, sont les seuls à s’occuper de guerres misérables qui les opposent, là où les créatures féminines vivent de manière pacifique et heureuse, chaque sexe vivant dans une quasi indifférence et incompréhension. Au premier abord, cette histoire m’a un peu pris à rebrousse-poil, ne sachant pas trop si c’était du lard ou du cochon. Au final, je pense qu’au-delà de ses ambiguïtés déroutantes et paradoxales, cette fable a le mérite de révéler les conséquences que la grande guerre sur les rapports entre les sexes. Ce texte, clairement misogyne, utilise pourtant la misogynie pour plaider pour remettre en question les genres et plaider pour l’égalité des sexes.

Une part de l’ouvrage consiste à dénoncer la guerre et l’état nation dans lequel l’homme est invité à se sacrifier pour protéger sa femme et ses enfants. Olympe de Gouges disait qui si la femme a le droit de monter à l’échafaud, elle a aussi le droit de monter à la tribune. En réalité, les femmes seront bien vites cantonnées à un rôle politique mineur sous la Révolution. Ce n’est pas un hasard, à mon avis si le héros arrive à Marseille : la Marseillaise ne commande t’elle pas aux citoyens de prendre les armes pour repousser les « féroces soldats » qui viennent « égorger nos fils et nos compagnes » ? L’horreur absurde de la guerre industrielle ou chacun attend la mort sous le feu de l’artillerie, avec entre autres justifications le rôle assigné à l’homme de protéger les femmes, a certainement inspiré une remise en question de cette représentation, dans lesquels l’homme a peut-être finalement le sentiment de se faire avoir.

Le conte est suivi par un petit texte de l’auteur dans lequel il essaie de brosser ses motivations, qui ne sont pas très facile à démêler. Dans cette dernière partie, il ne se focalise pas tant sur la guerre qu’il ne dénonce le formatage par l’éducation des comportements sexués, en particulier cette culture du sacrifice qui fait que l’homme doit être fort, insensible, et n’est au final que quantité négligeable à côté du sexe faible qu’il faut protéger à tout prix. Pour l’auteur, cette asymétrie créé injustice, incompréhension et hostilité, et il plaide pour un changement d’éducation, une égalité complète des hommes et des femmes, et surtout un effort des hommes eux-mêmes pour réévaluer la manière dont ils envisagent leur rôle. Il n’en reste pas moins que ce thème de révolte contre une soi-disant conspiration féminine, rappelant le très misogyne Essai sur les femmes de Schopenhauer et qu’il ne faut, j’espère, pas prendre au pied de la lettre, reste ambiguë et déplaisante. En tout cas, un texte stimulant, qui pose également la question du but de la vie.
Profile Image for Math le maudit.
1,376 reviews46 followers
June 2, 2018
Texte pas totalement convaincant que ce Capillaria.

Rédigé en 1921, par l'auteur hongrois Frigyes Karinthy, ce roman est écrit à la manière des voyages de Gulliver de Jonathan Swift. Le narrateur est d'ailleurs présenté comme Gulliver himself, alors même que l'époque ne correspond pas, puisque Karinthy situe son récit durant la première guerre mondiale.

Ce n'est d'ailleurs pas un coup d'essai pour lui, puisqu'il avait déjà rédigé un cinquième voyage de Gulliver, Farémido : le cinquième voyage de Gulliver, paru cinq ans plus tôt en 1916 (et que je n'ai pas lu).

Ce sixième voyage débute donc sur un naufrage, lorsque le navire de notre héros est torpillé par un u-boot allemand. Alors qu'il pense mourir noyé, il est finalement sauvé par une étrange créature serpentine, mais à visage quasi humain.

Gulliver découvre alors une société sous-marine dominée par les femmes. Ces dernières ne sont pas vraiment humaines. Elle ont une forme anthropomorphe, mais sont translucides à la manière des méduses, et possèdent de grandes ailes membraneuses dont elles peuvent s'envelopper. Elles ont
en outre réduit leurs mâles (nommés bullocks) à leur seul rôle de reproducteur, puisqu'ils ne sont plus, littéralement, que des sortes d'appareils génitaux vivants (les fameuses créatures serpentines à face humaines).

En outre, ces bullocks servent de nourriture à ces femmes, à la manière des mantes religieuses qui mangent souvent leur compagnon pendant l'accouplement. Sauf que là, elles ne s'accouplent plus vraiment avec eux, se contentant de les manger.

Le récit est construit comme une satyre autour de la bataille des sexes, mais contient cependant un fond de misogynie assumé. En effet, ces femmes-méduses apparaissent comme illogiques, dominés par leurs pulsions, et sauvagement dominatrice face aux bullocks dont elles détruisent ou exploitent les constructions.

De même, lorsque Gulliver (qu'elles prennent pour une femme de la surface puisqu'il leur ressemble plus qu'il ne ressemble aux bullpops) leur parle des femmes de la surface, soumises aux hommes, la reine de Capillaria se moque de lui en lui expliquant qu'au contraire, entretenues par leurs conjoints et oisives, ce sont elles qui profitent des hommes.

Une vision pour le moins particulière des rapports hommes/femmes.

Le récit souffre donc clairement de son âge, ce qui peut n'aurait pas dû être une fatalité, quand on songe au modernisme radical d'un récit antérieur tel que Herland , que j'avais lu juste avant. C'est donc bien un problème d'auteur, plus que d'époque.

Je n'ai pas eu l'impression en le lisant que Frigyes Karinthy était consciemment misogyne, mais plutôt qu'il utilisait pour sa satyre des stéréotypes de l'époque sans les remettre en question et tout cela sent plus volontiers la maladresse que la réelle intention de dénigrer les femmes, mais le résultat est là...

Parfois, il est bon de ne pas avoir les idées de son temps...
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