À proximité de Bordeaux, huis clos dans une galerie marchande lors d'une prise d'otages. Au cœur du drame, dix personnages vont se révéler à eux-mêmes. La force et l'émotion d'une plume au plus près de l'âme humaine par l'auteur duChoix des apparences. La douce routine des jours... Chantal, la belle cinquantaine, ouvre son institut de beauté situé dans la galerie d'un centre commercial : café avec Richard, le directeur de l'hypermarché, planning des rendez-vous. Et le bonheur tout proche de revoir sa grande fille pour Noël. Soudain, on entend une explosion, des fusillades, des cris dans la galerie. Les issues sont vite bloquées. Dans l'arrière-boutique de Chantal, ils sont huit à s'être réfugiés, dont René qui, bousculé par la foule, a été séparé de son épouse, ou Viviane, une femme énigmatique... S'étirent alors des heures d'angoisse, propices aux confidences. Chacun fait défiler sa vie, ses regrets et ses choix. Et Chantal, veillant sur eux, montre un courage et une générosité sans faille. De ce jour tragique, tous ne sortiront pas indemnes...
Un huis clos prenant et humain dont chaque protagoniste nous touche en plein cœur.
Premier livre que je découvre de cette auteur et j'ai été très agréablement surprise l'enchevêtrement de plusieurs destins réuni dans un même drame j'ai adoré chaque page de se livre et le recommande fortement
Ce matin-là, la ville de Bordeaux s'est réveillée sous la neige, et le décor serait parfait si la poudreuse ne s'était transformée en verglas, obligeant les voitures à rouler au pas. Après la bretelle de sortie de la rocade, Chantal aperçoit enfin le parking de la galerie marchande où se trouve son institut de beauté. À l'approche des fêtes de fin d'année, la galerie s'est parée de ses plus beaux atours : le sapin enrubanné de guirlandes ouvre grand ses branches pour accueillir les premiers clients. Mais alors que la galerie ouvre ses portes, les chants de Noël sont interrompus par une fusillade…
⛄ L'auteur a pris le parti de raconter cette journée qui a « dérapé » du point de vue non seulement du commandant du RAID en charge des négociations avec les terroristes et de mener l'assaut, mais aussi du point de vue du directeur de l'établissement, pris en otage avec ses subalternes et des clients, ainsi que du point de vue des quelques personnes qui ont réussi à se réfugier dans la boutique de Chantal. Quant à mon point de vue, Martine Delomme a relevé le défi haut la main.
⛄ En effet, l'auteur parvient à donner du rythme au récit, tout en nous dévoilant les histoires de vie des principaux personnages. Dans ce roman qui est, avant tout, un roman intimiste, le passé des personnages surgit au détour des sons des sirènes, à l'extérieur, et des bruits qui leur parviennent, à travers les cloisons, à l'intérieur. Et au fur et à mesure que les heures passent, que l'angoisse grandit, que la peur de ne pas sortir vivant de ce confinement forcé les glace, chacun fait le bilan de sa vie.
⛄ Dans cet espace exigu où les tensions montent, et malgré tout ce qui les oppose, chacun se fait la même promesse : changer sa façon de vivre – à condition, justement, d'en sortir vivant. le style épuré de l'auteur met en exergue les moments forts de la vie de chaque personnage et le rythme de la narration, à l'opposé de cette longue journée où rien ne se passe comme prévu, est tout simplement irréprochable : contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'y a aucune longueur et les pans de vie s'emboîtent parfaitement dans la description de ce qui se passe sur le parking et, simultanément, dans la galerie.
Et s'il est ici aussi question d'amour, la journée ne se terminera sans doute pas de la meilleure façon pour certains… Mais, demain, un autre fait divers fera la une et tout le monde, ou presque, reprendra une vie « normale »…