Escalier C est un livre que j’ai lu et relu, et dont je ne me lasse toujours pas. Il m’a plu par sa modestie, soutenue par un style agréable et fluide. On s’attache aisément à Forster et à son insupportable caractère, à Béatrix et Virgil, les explosifs amoureux, à Bruce, qui emprunte de l’argent plus vite que son ombre et semble incapable de rester en place, ainsi qu'à Coleen, le voisin du dessus qui prend un certain plaisir à faire déborder sa baignoire et faire retentir Vivaldi dans tout l’immeuble pour l’unique plaisir de la visite de Forster. Le brusque retour à la vie de ce cynique endurci, qui a fini par préférer les jardins aux bois, comme il le dit si bien dès la première page, est aussi brutal que douloureux et le lecteur y assiste aux premières loges, voyeur violant l’intimité des membres du club très fermé des habitants de cet immeuble new yorkais, une communauté disparate, mais dont les personnages se croisent sans cesse, formant un réseau à la fois entremêlé et délicat, comme représenté par Coleen dans son tryptique de l'Escalier C.