Il y a clairement beaucoup de choses qui fonctionnent pas dans cette première inscription du style Blais, les lettres les plus farfelues et l'humour prennent un peu de trop de place par moments, les pirouettes se veulent trop grandiloquentes, le dernier tiers contient beaucoup d'éléments forcés, bref l'écriture se fait supplanter par le petit diable sur épaulette qui te dit « regarde, regarde, j'écris sur les gens qui écrivent », mais en même temps c'est tout autant fou (épatant) que Mister Ducharme Diet ait réussi à prendre ensemble autant d'éléments, qui allaient faire de son écriture un statement unique dans le Québec littéraire des années 2010, dès son premier livre, dès sa première tentative (cette phrase était sûrement plus longue que n'importe laquelle dans « Que notre joie demeure » et j'espère ainsi exaspérer une grande partie de mon lectorat Goodreads; tu vois, moi aussi je peux taquiner le petit poisson des chenaux après un arrêt au Kia La Pérade rendu obligatoire par la puissance publicitaire, Frantz). Toutes les caractéristiques françoueyses sont déjà là, placées directes dans grosse rivière Grand-Mère de sa prose: le décalage, le ridicule, la légitimité, l'amitié (OUI OUI), la géopoétique, la régionalité, le pérennité des genres littéraires, etc. Pis c'est assez impressionnant, tellement assumé.
Enfin, je serais pas un vrai p'tit gars de TR (prononcé tee-Ar) si je mentionnais pas ce souci géographique si présent dans l'œuvre de Blais, qui rayonne déjà ici: aller checker un film au Biermans, aller au Temple, le Maman Fournier et ses pubs, le Walmart à Shawi-Sud ainsi que les Canadian Tire, SAQ et Maxi qui ont follow suit, la 5e avenue d'un bord pis la 6e de l'autre, etc.