« Ce n’est pas pour me vanter, mais ce n’est pas une vie […] je fais de mon mieux, le plus mal possible » (p.11).
Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman. D’un côté, je ne me suis jamais réellement éprise de l’histoire et ai un peu eu l’impression de vivre une longue et même discussion qui s’éternisait sur 280 pages (aussi longue qu’un mois à lire haha). Puis, de l’autre, je ne considère pas l’auteur responsable de ma compréhension du récit.
Réjean Ducharme utilise un vocabulaire riche et une tournure de phrase que j’apprécie beaucoup. Les thèmes de la destruction, de la fuite et du sabotage en sont qui reviennent dans ses œuvres, caractéristiques que j’apprécie particulièrement et qui, à mon sens, solidifient le lien de proximité imaginaire que j’entretiens avec l’écrivain.
Cette oeuvre est une chose qui existe. Je ne sais comment l’exprimer, mais je me vois mal porter un jugement sur elle. Qu’elle vive en paix avec ceux qui trouvent en elle de quoi leur plaire. Ce n’est pas pour la vanter, mais au fond, elle est n’importe quoi.
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« On se sent si bien après avoir eu si mal, que si c’était à recommencer, je souffrirais plus fort » (p.157).
« diminue-moi encore, ôte-moi la raison que je me rende au plus vite complètement ridicule » (p.174).
« Elle a beaucoup d’amis, qui se réjouissent tous qu’elle ait beaucoup d’amis parce qu’elle les choisit tous assez fous pour lui vouloir du bien… » (p.196).
« On la sent qui savoure tout l’amour que je ne lui donne pas pour une fois, le seul amour qui l’intéresse dans le fond » (p.212).
« je t’aime beaucoup, si ça peut te faire de la peine, puisque c’est absolument ce qu’il faut te faire pour te réconcilier avec toi-même » (p.235).
« On montrerait le chemin aux pauvres malheureux qui cherchent à se perdre, aux voyageurs qui veulent rester partis » (p.227).
« Je ne reconnais pas les miens dans cet attroupement pour rire » (p.250).
« On a hâte de recommencer à vivre comme si c’était à notre portée. À vaquer à nos petites affaires d’aucune foutue importance » (p.175 ).
« On s’en fous, mais c’est beau » (p.183).