« Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là » : cette phrase, par laquelle le politologue André Siegfried ouvrait en Sorbonne son cours d'histoire des îles britanniques est, au fil des décennies, entrée dans la légende. C'est que l'Angleterre ne cesse, depuis toujours, de fasciner les Français, qu'ils voient en elle un pays au charme un peu désuet, incapable d'oublier complètement sa grandeur victorienne, ou bien, à l'inverse, le royaume de la libre entreprise, où viennent s'installer de plus en plus déjeunes « décideurs » du continent. Mythes séduisants, qui recouvrent évidemment une réalité plus complexe. Pour la comprendre, plongeons-nous dans le récit de ces deux millénaires d'histoire, depuis la conquête romaine à nos jours, en passant par l'époque saxonne, l'émergence d'une conscience nationale, les déchirements religieux, l'affirmation d'une puissance mondiale... Un récit non exhaustif bien entendu, mais qui vise à faire apparaître les moments clés et les lignes de force d'un passé si vivace, encore aujourd'hui.
Début un peu court, et fin trop longue à mon goût (qui se résume d'ailleurs à égrener des chiffres de PIB sans beaucoup d'analyse). On aurait aimé des références dans le texte, et quelques cartes de plus facilitant la lecture.
L’histoire de la "perfide Albion" ! Vaste sujet s’il en est, et ô combien passionnant, notamment pour nous, pauvres Gaulois. On se souvient bien que les deux contrées n’ont cessé de rivaliser d’invasions en alliances politiques ou matrimoniales, en passant par des guerres fratricides et d’une durée variable.
C’est la quatrième édition du précieux manuel signé Philippe Chassaigne, cher au coeur de tous les étudiants en Histoire. Comme celui-ci nous le rappelle dans son avant-propos, la première édition date d’il y a près de 29 ans. Il s’en est passé des choses depuis, si l’on ne devait retenir qu’un seul mot, ce serait celui-ci : Brexit ! L’auteur y revient d’ailleurs assez longuement en fin d’ouvrage.
C’est passionnant à lire, à la portée de tous, suffisamment théorique pour être de niveau universitaire, tout en étant assez clair pour être limpide dans une lecture au long cours par des non spécialistes. On apprend une quantité impressionnante de petits détails, c’est très fouillé, mais pas forcément creusé (on passe très vite sur le règne de Henri VIII par exemple).
Manuel utile, mais rien de transcendant. On sent que Chassaigne porte une appréciation ironique voire quelque peu condescendante sur les théories marxistes et néomarxistes émises par les historiens de la Révolution industrielle, de ses crises et de l'impérialisme du Royaume-Uni. Pourtant, elles tiennent la route ces théories. E. P. Thomson me paraît encore tout à fait pertinent, ainsi que ses disciples comme Peter Linebaugh ou Markus Rediker. De plus, Chassaigne n'offre guère de nouvelles interprétations. En même temps, c'est un manuel, et qui couvre toute l'histoire de l'Angleterre, il est donc là pour donner la trame et quelques débats historiographiques, et il le fait bien -- c'est juste ce petit côté dédaigneux qui m'irrite...
Une bonne synthèse de l'histoire de l'Angleterre, qui a le mérite d'être aussi concise que claire. Certains chapitres sont parfois même un peu trop résumés, notamment celui consacré à l'Angleterre normande, tandis que l'âge industriel du XIXe par exemple sont suffisamment détaillé pour saisir autant les enjeux nationaux qu'internationaux. Avec ses 608 pages l'ouvrage reste largement accessible et ne vous perd pas dans les méandres de la politique intérieure.