C'est un Paris insolite et captivant, nostalgique et métissé, que Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot nous invitent à parcourir d'une manière originale. Les deux célèbres sociologues ont conçu quinze itinéraires pour donner à comprendre la capitale française dans sa diversité et faire partager un peu de la vie des habitants de chaque quartier. Ces promenades, commentées et agrémentées de plans et de photographies, envisagent Paris sous différents angles sociologiques : l'immigration (Goutte-d'Or, Sentier, 130 arrondissement), la mobilité (métro, gare Saint-Lazare), l'embourgeoisement (faubourg Saint-Antoine, 8e arrondissement, Saint-Germain-des-Prés, rue Oberkampf), les transformations architecturales (villas de luxe à l'ouest, villa populaires à l'est, Bercy, quartier de la Bibliothèque de France), le rapport à la banlieue (les portes de Paris, à l'ouest d'Asnières à Maillot, à l'est de Montreuil à Pantin). Le marcheur pourra ainsi découvrir autrement les quartiers où se construit aujourd'hui le Paris de demain, où se joue l'identité d'une ville ouverte sur le monde.
Edition plus récente que celle présentée ici (plus longue). Des problèmes de mise en page. Faible densité du propos (répétitions...). Je me demande si j'ai appris grand chose. J'ai bien envie de faire une ballade dans le quartier chinois en suivant l'itinéraire proposé. Ce n'était pas désagréable à lire mais un peu léger, en somme. Un Ethnologue dans le métro, de M. Augé => à lire.
Très intéressant, au gré des rues et passages méconnus on découvre les processus à l'oeuvre dans l'évolution de certains quartiers, qu'il s'agisse de la transformation du Triangle d'Or (Montaigne - George V - Champs-Elysées) en temple du luxe, de l'implantation du textile dans le Sentier ou de l'arrivée des communautés Asiatiques dans le 13ème.
Je ne sais absolument pas si c'est de la grande sociologie, n'ayant aucune qualification comme sociologue, mais à coup sûr c'est un guide original pour se promener dans Paris. Les plans ne manquent pas et l'aspect descriptif est très marqué : mais surtout les deux auteurs nous enseignent à regarder ce que nous voyons et à interpréter ce que nous regardons. Les promenades proposées, qui sont loin de couvrir la totalité du territoire parisien, permettent de parcourir des quartiers caractéristiques des modifications profondes qui sont à l'oeuvre dans la composition et les modes de vie de la population parisienne. Et même les béotiens dans mon genre leur sauront gré d'éviter, presque comme un exercice oulipien, d'utiliser le mot "bobo", qui désigna jadis un concept sociologique, et qui n'est plus maitnenant qu'une insulte vide de contenu permettant d'attribuer tous les malheurs du monde à ses adversaires politiques. L'effacement progressif des catégories populaires est ici analysé de manière tout de même plus fine, et avec le sourire, ce qui ne gâte rien.