Une rencontre avec un général tortionnaire dans une teinturerie, l’imminence d’un accouchement, Marguerite Duras au téléphone, des arbres séculaires qu’on arrache, un conte de Noël qui tourne mal… Pendant un an, en cinquante-deux histoires, parfois longues et parfois courtes, et à raison d’une nouvelle par semaine, Geneviève Brisac a tenté de mettre en mots ce que Virginia Woolf appelait la « seconde vie », la vraie, celle qui se déroule inlassablement derrière la vie officielle. Nouk, Carlotta Donizetti, son neveu Lochon, Berg et Mélissa Scholtès règnent en maîtres sur ces histoires qui explorent ce qui « grouille » en dessous de nos pensées : nos peurs secrètes, nos désirs inconscients, nos paranoïas, nos violences refoulées, bref tout ce qui se joue derrière les mots que nous prononçons et qui, de façon souterraine, commande les rapports entre les êtres. Des rapports plus féroces qu’il n’y paraît…Geneviève Brisac livre une radiographie de nos imaginaires brillante et mordante. Comme, avant elle, Nathalie Sarraute, Geneviève Brisac nous invite à la suivre dans tous ces mouvements intimes qui relèvent du fantasme et qu’elle transcrit sous forme de disputes, ruptures, abandons, mensonges, etc. On la savait excellente nouvelliste, mais, avec 52 ou la seconde vie, elle invente de nouvelles formes et saisit la réalité et son envers en jouant sur toutes les possibilités de la fiction.
Geneviève Brisac is a French writer and winner of the Prix Femina, 1996, for Week-end de chasse à la mère, a novel translated in English as Losing Eugenio (2000) and referred to in The New York Times as a "mildly compelling text." She also writes short stories and children's literature, and is a literary critic for Le Monde, and with Christophe Honoré she co-wrote the screenplay for Honoré's Non Ma Fille, Tu N'iras pas Danser (2009). Plagued by anorexia from childhood, she wrote an "auto-fictional" novel, Petite (1994), in which she recounts her struggle with the disease.