– Qu’est-ce que tu faisais dans la chambre de maman ? – J’ai volé une photo. Une toute petite photo. – Tu lui ressembles tellement, a dit ma sœur. J’ai mis la photo dans la poche de mon jean. Je me suis assise dessus pendant trente ans. – La photo est ressortie de ma poche ! j’ai dit à mes sœurs. J’ai vu l’homme de la photo ! – Qui ? – Celui qui porte le même nom que nous, le même nom que moi. Ce n’est pas une photo, c’est un homme ! J’ai donc un père. Que dois-je faire ? Trente ans que je réponds : «Je n’ai pas de père. Je n’ai qu’une photo.» Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans : «Je n’ai pas de père, mais je m’en fiche, c’est comme ça.»
Ce roman largement inspiré de la vie de son auteur est une bouffée d’air frais ! Raconté par Sybille, la “numéro deux”, c’est l’histoire de 3 sœurs élevées par leur mère comptable et sa tribu italienne. Sybille est toute blonde alors que ses sœurs, sa mère, ses tantes sont toutes brunes. Leur enfance sera rythmé par les évocations fugaces de “Il”, celui supposé être le sourire blond sur la photo volée dans un carton. “Il”, qui terrorise étrangement leur mère Anna, “Il” qui n’a d’existence que cette photo. Jusqu’à ce que trente-deux ans plus tard “Il”refasse surface”. Le style est très agréable et plein d’humour, la façon de traiter le sujet du père absent, est léger, mais dans le bon sens du terme. Pas de larmoiement, pas de pathos ou de misérabilisme. On rit beaucoup, on s’attache facilement à Sybille et ses sœurs. La fin apporte son quota d’émotion, mais toujours avec pudeur et sobriété, on peut s’interroger sur la conclusion et la réaction des sœurs, mais on rit aussi beaucoup lors du face à face père-filles. Une histoire relatée de manière touchante et drôle, tout en finesse.
J'aime beaucoup Sylvie Testud mais là je n'ai pas accroché au livre, à ses personnages, son style d'écriture, son histoire... j'ai trouvé ça vain et superficiel. En plus l'histoire passe d'un seul coup de l'enfance à l'âge adulte ce qui décontenance et au final Sybille (le perso principal) a les mêmes réactions et le même vocabulaire, comme si elle n'avait pas grandi. Ca ne m'a pas parlé du tout.
A really slim volume and the first time I have read anything written by Sylvie T who I only know through her role as an actress. Still, she is young and quirky which is the kind of talent I like so I thought I would give her writing a chance. To be honest, slim though it is, it really is a book of two halves. The story is in the first person and the first half is the story of Sybille and her older and younger sister surviving their own peculiar childhood in a family with an absent yet omnipresent father. The second half Sybille is all grown up and successful in a not quite defined way, on her return to her home town she finally meets her father. The first half is really the best half, Sylvie writes her child protagonist's words and thoughts beautifully, but doesn't achieve this with the adult Sybille. I particularly admire the passage when the whole family goes to Italy to stay with the maternal side of the family who is entirely Italian. The child Sybille's realisation that her mother lives her life as a foreigner 99% of the time only coming to life and blooming in what for Sybille is a foreign land and a foreign language was fabulously written. I wanted to continue living this child's experiences, this child's epiphanies. Compared to the child Sybille, the adult Sybille was weak and disappointing. Like the end of the story really...
Lu d'une traite, j'ai adoré. Sybille, "numéro 2" d'une fratrie de trois filles raconte son enfance, sa mère et sa famille au travers de quelques anecdotes.
Le style est léger, et terriblement touchant : ceux qui ont eu des frères et soeurs reconnaîtront sans peine les règles tacites et négociations qui réglementent les vies d'enfants.
Moi qui n'ai jamais rien lu ou vu de Sylvie Testud, j'ai maintenant grandement envie d'en savoir plus sur cette femme qui semble avoir gardé adulte ce franc parlé et ce grain de folie qui faisait d'elle une enfant pas comme ses soeurs !
Bref, tout ça pour dire, ce livre est une belle histoire de famille drôle et touchante, malgré le sujet de fond plutôt lourd qu'est l'absence du père, le fameux "Il".
Je ne note ce roman que d'une seul étoile, non parce que je n'aime pas mais tout simplement parce que ce n'est pas du tout le genre de lecture que je recherche et donc, n'y ait trouvé aucun intérêt. J'admire Sylvie Testud pour son jeu d'actrice, particulièrement dans "Blessures assassines" mais en tant qu'auteure pas spécialement.
I was curious, so I read it. Well, it was ok I guess but not something I will remember in a long time. It was sometimes touching, sometimes funny. At other times, it failed to really interest me. And I could not really identify with any of the three kids when it concerns their father, this absent man who is so important in their lives and yet they never ever ask even his first name???