"Chmeliov ― note Henri Troyat en avant-propos à «Garçon !» ― exprime une pitié profonde envers la race de ceux que Dostoïevski nommait les humiliés et les offensés. Son héros, un garçon de salle, ne prend pas prétexte de son abaissement pour dénoncer l'injustice sociale, mais pour chercher, à travers son malheur, le sens de la vie et l'explication du monde. C'est Dieu entrevu derrière des piles d'assiettes." En vérité, on ne saurait mieux définir la double réussite du romancier russe. C'est avec un réalisme parfait qu'il décrit la mentalité de ces petites gens de Russie dont il emportera le souvenir dans son exil en France. Mais à travers les pittoresques mésaventures de son personnage, il montre aussi que rien de ce que rencontrent les humbles ne les délivre des interrogations les plus graves. Et puis, quel témoignage sur la vie moscovite au début du siècle ! Il est bel et bien temps que cet écrivain, maintenu dans l'ombre par les péripéties de l'histoire politique, retrouve l'audience qui lui est due.
The narrator of this relentlessly bleak tale, set just before the 1905 revolution, is a waiter in a posh Moscow restaurant, struggling to keep his dignity and bring up his children. His son becomes involved in politics and gets arrested, escapes from prison, and lives on the run. Because of his son's activities, Iakov is summarily dismissed from his job, and his precarious existence spirals downwards. His wife dies, and his daughter, desperate for small luxuries, accepts to become the mistress of the floor manager in the department store where she's found a job. Iakov endures countless humiliations at the hands of despicable customers and disloyal friends, but always turns the other cheek, as when he hands back to a party of drunken louts a tidy sum they didn't even know they'd lost. Throughout his tribulations, he retains his faith in God, although he is perfectly aware that innocence goes unrewarded and rich people feel no compassion or compunction. It seems to me this is the story of Russia, then or now, and I didn't feel I learnt much from this particular novel.