« - Non... souffla mon père. Non, monsieur Lagneau. Je ne veux pas de supplément. Je... je ne veux pas d'argent du tout. M. Lagneau lui jeta un regard vif et curieux. Leurs yeux se croisèrent. Dans ceux de M. Lagneau, mon père ne vit rien qui pouvait lui faciliter les choses. Mais il ne vit rien qui pouvait lui nuire non plus. Il toussa pour gagner du temps. La petite alarme restait muette. Eugène nota seulement que, devant la cheminée éteinte, le mannequin était légèrement tordu en avant sur son socle, comme sur le point de prendre ses jambes à son cou. Il jeta son premier dé. Histoire de tâter Dame Chance par le pouls : - J'aurais besoin, dit-il très lentement, de refaire mes papiers. Les miens et ceux de ma famille. M. Lagneau se tourna vers le mannequin, le dévisagea, l'air de vouloir s'assurer que ce n'était vraiment personne. Il revint à mon père et demanda tout bas : - Vous êtes français, monsieur Eugène ? - Français, oui. J'ai mon décret de naturalisation. Le secrétaire de mairie se pencha, et, toujours chuchotant : - Eh bien, donc ? Pourquoi les refaire, ces papiers ? Vous n'êtes pas en règle avec les actuels ? - Si, si. Il nous faudrait la même chose, les mêmes papiers. Exactement. La même carte d'identité pour ma femme. La même pour ma fille Madeleine. Et pour mon fils André. Et le petit Charly. Oui, tout, tout pareil... Mais sans le tampon. M. Lagneau tapota le sol du bout du pied. Mon père glissa le pouce dans sa bretelle et, à cet homme dont il ignorait tout, hormis son tour de taille, son air aimable, et qu'il travaillait pour un maire désigné par Pétain, il répéta : - Les mêmes. Sans le tampon « Juif » dessus. Il leva la tête et chercha anxieusement quelque chose dans le regard du secrétaire de mairie. Quelque chose qui lui dirait qu'il ne venait pas de précipiter sa famille et lui-même droit sur la route du camp de concentration ou du peloton d'exécution. »
seeing as this is a french book let me take this opportunity to practice my french by writing a review in french:
ce livre est vraiment touchant, et je pense bien écrite. c’est le livre français le plus avancée que j’ai jamais lu, donc il y avait beaucoup de moments où je n’en ai compris pas du tout. mais ça arrivera. l’histoire elle était divertissante, intéressante et m’a beaucoup plu en général.
bref, je suis fière d’avoir lire un livre français aussi avancée, et j’ai hâte de lite des autres :)
C'est toujours un vrai moment de plaisir que de lire la plume de Malika Ferdjoukh, même (surtout ?) sur un sujet plus grave. On y trouve ce langage enfantin et sérieux à la fois, tout en émotions. Et quelle histoire que celle de Charles Pollak et sa famille!
2,5/5 J'aime beaucoup Malika Ferdjoukh, son écriture, sa façon d'amener les histoires et de nous faire découvrir ses personnages. J'étais donc assez sûre de moi en prenant ce livre, pensant découvrir son éclairage particulier sur cette sinistre période de notre Histoire. Je n'ai malheureusement pas retrouvé sa plume si particulière et j'ai trouvé ce récit assez lourd, trop descriptif... Cela manque finalement d'émotions alors même que tous faits narrés ont été vécus.
How, during World War II, a jewish family have escaped to the german madness and the concentration camps ? It changes from the usual novels of stories of deported people. I liked this different view of the world war II. This is also a book that beautifully depicts the lifestyle of people at that time, particularly in the Jewish community.. I loved this novel !