Ça commence très mal. Cet homme d’âge mûr, père de deux jumelles de 10 ans, se sent attiré physiquement par une gamine de 12 ans et va lui voler son soutien gorge après un match de tennis.
Qu’il présente assez rapidement comme une tentatrice : elle qui lui dit qu’elle s’est disputée avec son copain parce qu’elle voulait le voir, qui ajoute qu’elle l’adore depuis toujours.
Quelle pré-ado cherche à séduire un vieux bonhomme ? Les lycéens peuvent faire rêver des collégiennes, admettons. Mais de là à se lancer dans une opération de séduction, il y a de la marge, alors avec un père de famille… on est dans la réécriture de Lolita par les tenanciers de la culture du viol.
« Elle est trop jeune pour moi selon les standards de la morale mais c’est elle qui me cherche et, moi, pauvre homme faible, tenaillé par le désir de la chair comme tous les porteurs de bites, je n’ai pas pu résister. Plaignez-moi car je souffre ! »
Espérons que ce roman prenne une autre tournure, plus réaliste sur la plan psychologique. Mais il a été publié en 2006 peu de temps après la chanson Moi Lolita et très longtemps avant Me2 donc je suis peu optimiste.
Oh mais ça se confirme. Son personnage de 12 ans est une prédatrice qui s’impose par surprise à un homme nu, si vulnérable. Et elle lui dit : « tu n’y es pour rien, c’est écrit ». Voilà, le fantasme du quadragénaire pedophile qui a envie de croire que les pré-ados à peine réglées sont de vraies femmes fatales.
Et on enchaîne sur les risques qu’il prend… à cause d’elle. Il se voit au cachot, au tribunal. Oui parce que la société ne comprend pas qu’en fait les enfants à douze sont plus délurées que les pères de famille. Les pauvres ! Ils sont piégés !
Ce n’est pas la subtilité qui étouffe l’auteur : « cette petite pousse au crime », ah merci de le préciser, on n’avait pas compris !
Le mot est lâché, enfin, pédophile. Et c’est là aussi qu’il nous apprend qu’il a 55 ans - sa femme 40 et ses filles 10 - qu’il devient chauve, que les cheveux qui lui restent deviennent blancs et que ses dents jaunissent. Ah oui c’est sûr que ça fait rêver les petites de 12 ans.
On croirait lire une farce. Subitement il se rend compte qu’en fait elle l’a manipulé depuis le début, laissant son soutien gorge à son attention sur lequel est noté un numéro de téléphone particulièrement éloquent : 06 69 96 69 96. À croire qu’elle a soudoyé la compagnie de téléphone pour obtenir le numéro le plus obscène qui soit. On nage dans le délire le plus complet.
Une petite dévergondée qui assume parfaitement la perversité de la situation : « embrasse-moi papy ». Ça fait rêver toutes les filles c’est clair !
Il est tellement pitoyable… « pour la Loi s’accoupler avec une enfant, même à sa demande expresse, est un crime de pedophilie ». J’adore le : même à sa demande expresse.
Et pourquoi pas 10 alors ? 8 ou 6? On dirait que la loi a été inventée pour emmerder les gens qui s’aiment. Haha, c’est dur de penser que l’auteur est dupe de son personnage principal et donc de lui-même.
« C’est mon côté abbé Pierre
C’est ton côté vieux degueulasse »
Drôle non? Comme quoi, peut être que même inconsciemment on savait tous que l’abbé pierre était en effet un vieux degueulasse.
Décidément, l’auteur est totalement tordu. Maintenant il qualifie un jeune « d’une vingtaine d’années » d’adolescent et sa femme ne voit pas le problème quand il drague la gamine de 12 ans qu’elle garde pour son amie. Pas de problème non plus quand ladite gosse demande à enlever le haut de son maillot devant tout le monde. C’est du grand, grand n’importe quoi. Ou alors il a grandi dans la Familia Grande et il pense que les désirs dépravés des adultes sont partagés par les enfants.
La fin est stupéfiante. Il n’a pas cédé mais on comprend que la petite est plus tenace que lui et qu’elle finira par obtenir ce qu’elle veut puisqu’il crève de désir pour elle et qu’elle est déterminée.
Je suis sidérée que cette daube ait été publiée. Si la gamine avait 17 ans et lui 30 ou 35, on pourrait peut-être vaguement y croire ou être en mesure de faire semblant. Mais là ? 12 et 55?! Quel est le message de l’auteur ? Comment peut-il croire à cette histoire rocambolesque ?
Il s’arrête juste avant que son « héros » passe à l’acte, pour éviter qu’on l’accuse de faire l’apologie du viol? Ce n’est pas pour rien que la majorité sexuelle est à 15 ans. L’auteur fait comme s’il s’agissait d’une norme bourgeoise sans intérêt mais il passe totalement à côté du sujet. On est dans l’équivalent écrit du film porno pour pedophile. C’est du Gabriel Matzneff. Queffelec n’a d’ailleurs pas trop dû vouloir lire Le consentement de Vanessa Springora mais il devrait le faire, ça lui apprendrait une ou deux choses sur la psychologie humaine.