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L'Enfance de l'ordre: Comment les enfants perçoivent le monde social

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De quelle manière les enfants appréhendent-ils les différences sociales qui constituent l’univers dans lequel ils grandissent ? Perçoivent-ils les disparités de revenus, les inégalités de statuts, les hiérarchies symboliques ou les clivages politiques qui structurent l’espace public ? À partir de quels critères en viennent-ils à se classer et à classer les autres ? Ces façons d’ordonner le monde diffèrent-elles d’un enfant à l’autre ? Et d’où peuvent-ils bien tenir tout cela ?C’est à ces questions qu’entreprend de répondre cette enquête inédite, menée deux années durant dans deux écoles élémentaires par un sociologue et une politiste. Si les mécanismes de la prime socialisation sont souvent postulés, peu de travaux les ont réellement explorés. Wilfried Lignier et Julie Pagis mettent en évidence un phénomène de recyclage symbolique des injonctions éducatives, notamment domestiques et scolaires, que les enfants reçoivent et qu’ils transposent dans les domaines moins familiers dans lesquels il leur appartient de se repérer.Ces mots d’ordre deviennent ainsi les mots de l’ordre, qu’emploient spontanément les enfants pour distinguer ceux qui savent se tenir et les autres, ce qui est sale ou dangereux de ce qui est propre ou sain, la « bêtise » de l’« intelligence », la valeur des métiers et la juste place de ceux qui les exercent, ceux qui respectent la loi du genre et ceux qui la transgressent, etc., c’est-à-dire pour s’orienter dans l’espace social.

320 pages, Paperback

Published April 13, 2017

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Mathilde.
50 reviews1 follower
January 24, 2025
Comment ça les filles « aiment » plus la droite que les garçons 😔 pureeee
Tres intéressant, merci Simon pour le conseil lecture (mon littéral directeur de mémoire ptdrrr)
On my way to le mémoire bis
Profile Image for Annie.
69 reviews15 followers
June 23, 2017
Il s'agit d'une enquête, essentiellement menée par entretien, auprès d'élèves de primaire de deux écoles parisiennes, sur la "perception de l'ordre social". Être au plus près des enfants fait réfléchir à la notion de socialisation de manière originale : que disent les mots des enfants ? Dans quelle mesure sont-ils "empruntés" à d'autres (parents, enseignants, pairs) ou pour le dire comme les auteurs, "recyclés" ? Comment apprend-on, déjà si jeune, à légitimer sa position dans l'ordre social ? Les jugements des enfants sont dès l'âge de six ans, assez violents : racistes, sexistes, classistes ... Et la lecture des extraits d'entretien ne peut que nous faire revenir, avec un certain pincement au coeur, sur nos propres jugements, goûts et dégoûts d'enfants.

Profile Image for Gath28.
36 reviews
May 17, 2025
lu pour mon mémoire, très accessible
Profile Image for Övgü Ülgen.
7 reviews9 followers
March 6, 2021
Dans leur livre « L’enfance de l’ordre : Comment les enfants perçoivent le monde social », Lignier et Pagis (2017) soulignent que les perceptions sociales des enfants se construisent dans des conditions très inégales en suggérant que tous les enfants ne perçoivent pas la même chose de la même façon (p.12, pp.78-79). En posant aux enfants des questions sur les conditions de leur vie, sur les différents métiers, sur les amitiés et hostilités entre camarades de classe, et sur la politique (les personnalités politiques et les parties etc.) (pp.15-16), les auteurs insistent sur deux institutions de l’enfance : l’école (scolaire) et la famille (domestique), qui prévalent dans leur socialisation (p.192). En forgeant le concept de « recyclage », les auteurs affirment que les enfants s’approprient certaines formes symboliques et des mots portés par les agents et les institutions de leur socialisation. De ce fait, dans le cadre d’une certaine créativité enfantine (au lieu de la stricte logique de répétition), les enfants forment leurs propres positions subjectives qui leur permettent de renforcer la structure politiquement ordonnée dont ils héritent au cours de leur socialisation (p.219, 286, 301, 302, 306). Pour moi, le chapitre le plus intéressant était le 3ème, car il montre les rumeurs et les jugements de jalousies fait par les enfants. Ces extraits m’ont rappelée le livre «Weapons of the Weak : Everyday Forms of Peasant Resistance » de James C. Scott dans lequel il attire l’attention sur la notion de « parler dans le dos » ou de rumeur, afin de raconter certains types de résistance effectués par ceux qui ont peu de puissance pour défier les systèmes hégémoniques. Finalement, à la fin du chapitre 3, les auteurs posent la question suivante : « […] existe-t-il des perceptions enfantines pas ou peu institutionnalisées, c’est-à-dire ne reposant pas, a priori, sur la logique de recyclage que nous postulons ? » (p.194). Ici, ils parlent de la pédagogie des couleurs contenant un jugement racial vis-à-vis des enfants africains et considèrent que ces expressions enfantines sont naturelles et ne sont pas orientées vers la construction de l’ordre social. Néanmoins, cette question que les auteurs posent me conduit également à poser ma propre interrogation : peut-on vraiment dire que les jugements raciaux ne soient pas ou peu institutionnalisés ?
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