Un très bon Kessel. Fait voyager : le Yémen et les djebbels, les déserts et la Mer Rouge, l'Abyssinie (Éthiopie / Soudan / Érythrée) et Djibouti, les jungles, déserts, montagnes et le Lac Assal.
Toujours des descriptions à couper le souffle de paysages magnifoqies, une vision assez poétique, des personnages et parcours émouvants qui font vivre l'Afrique du début XXème telle qu'il l'a vue.
Touchant lorsqu'on connaît la dimension autobiographique
Histoire en 2 parties axée sur le parallèle entre 2 personnages, aventuriers endurcis :
- Igricheff, prince de sang kirghize et envoyé de l'URSS, guerrier et cavalier totalement coupé de toute émotion ou empathie: fuite de Sanaa, traversée du pays, participation à l'insurrection de rebelles dans le sud du pays
- Henri Mordhom, breton émigré, capitaine de son navire en Mer Rouge, traversant les tempêtes, ports et îles hostiles. Guide / mentor de Philippe (figure de l'auteur : jeune métropolitain naïf), dont la présence fait ressortir sa solitude qu'il essaye de fuir en permanence par l'aventure.
Contraste fort avec Philippe, émerveillé et inconscient des dangers de l'Afrique. Son initiation par la responsabilité d'une caravane en Abyssinie : prise de conscience du climat étouffant, traversée de déserts arides et montagnes rocheuses, territoires de tribus en guerre, ...
"La voile des tempêtes"