"Je raconte comment un soir du XXᵉ siècle finissant, un soir quelconque, une femme, dans le nord de l'Europe, a appris que sa vie était traversée par l'Histoire du monde, par les histoires des autres, et qu'on le lui avait toujours soigneusement caché. Pourquoi ? Je crois pouvoir dire que nous avons tous collectivement voulu sortir de l'Histoire du monde, des histoires des autres, et que cet oubli est devenu la marque de notre collectivité, de la moindre communauté que nous esquissons avec la même maladresse depuis des lustres - les couples, les amants, jusqu'aux familles et aux nations, jusqu'aux ensembles de nations et jusqu'à la communauté des morts séparée des vivants par quelques années à peine, un peu d'esprit fou, et de la parole qui se perd."
Une belle réflexion sur l’Histoire, à l’aube de la chute du mur de Berlin, écrite dans une langue douce, épurée et profondément sensible. Sur notre impossibilité d’échapper à l’Histoire qui, sans cesse, nous rattrape, et dans laquelle bourreaux et victimes sont à jamais liés…