"C'était plein à craquer, des maçons, des peintres en salopettes prenaient le pousse-café au comptoir où nous attendions que se libère une table. Le menu était affiché à la craie sur un des miroirs, ce jour-là c'était une blanquette de veau. Papa portait une veste en velours et un béret serré comme celui d'Auguste avec bien évidemment une chemise à carreaux. On ne dépareillait pas du tout dans le restaurant où, très vite, on avait trouvé à s'asseoir. Les deux ouvriers à la table à côté ont regardé les mains de Papa, tachées de couleurs diverses, ces mains dont il disait souvent qu'elles étaient imprégnées jusqu'à l'os. Il avait alors plus de soixante-dix ans, mais avec son allure énergique et l'impression de puissance qui émanait de lui, il pouvait très bien passer pour un peintre en bâtiment. - Vous avez un chantier dans le coin ? demanda l'un deux. - Je refais un plafond à l'Opéra, répondit mon père, attaquant son oeuf dur mayonnaise."
Une lecture très agréable ! Je ne connaissais pas l'histoire de Chagall donc ce fut intéressant. Le seul point négatif est la longueur des phrases qui m'a totalement perdue à plusieurs reprises.
Suite à la visite du musée Chagall à Landerneau, ce petit roman en poche écrit par le fils du maître. très bien pour se mettre dans la peau de ces années après-guerre avec Picasso, matisse, Chagall bien sûr...
Le début m'a un peu braquée, j'avais peur de tomber dans un de ces livres où l'auteur "s'écoute écrire", où le but est de faire de belles phrases et de sortir de jolis mots juste pour le plaisir. Heureusement ce n'était pas le cas, et cette mi-biographie mi-autobiographie est teintée d'humour et de nostalgie, comme on peut s'y attendre quand l'auteur revient sur son enfance. J'ai beaucoup aimé côtoyer un peu ce grand, ce sublime Chagall pendant ces quelques pages. J'ai envie de retourner au musée du message biblique, là où j'avais acheté ce petit livre.