"Nous sommes les parents d'un tueur et d'un violeur. Nous sommes pétris de honte, de chagrin, de culpabilité. Pourtant, nous aimons notre fils. Nous restons ses parents. A perpétuité.Le 16 novembre 2011, Matthieu a violé puis assassiné Agnès Marin. Elle avait treize ans, lui dix-sept. Seize mois plus tôt, il avait violé une camarade de classe puis avait été remis en liberté dans l'attente de son jugement. Nous voulons, ici, essayer de comprendre. En remontant le fil de notre histoire, de nos décisions, bonnes ou mauvaises, sans rien omettre ni cacher. En parlant du système judiciaire et des ratés des expertises psychiatriques. En parlant de notre fils. Car avant de devenir un criminel, il était un enfant malade."Sophie et Dominique Moulinas.
Un roman percutant, où l'amour d'une famille est transparent, véridique.
Il y a un grand manque de professionnalisme de bien des gens qui y sont dénoncé. Et aussi, un énorme manque de ressources.
Il est désolant de voir comment un enfant de 16 ans peut être abandonné par la société comme ça. Je suis mère d'une fille ; je n'ose me mettre à la place des parents des deux victimes. Mais je suis mère, justement. Et je sais voir quand un manque est présent et qu'il y a une injustice.
Et clairement, ici, la justice n'a pas été rendue adéquatement. Oui, Mathieu est coupable. On ne lui enlèvera pas. Mais il est aussi malade. Et sa place n'est pas en prison, mais dans un hôpital où il peut être soigné, guérit peut être, mais surtout, surveillé. Pour qu'il n'ait jamais peur de recommencer, et surtout, que les autres soient protéger de sa maladie.
C'est navrant, surtout sachant qu'en 2025, ce genre de cas se produit encore.
Un livre poignant, qui explore l’autre face de la tragédie, celle de parents qui traversent les horreurs qu’ont commis leur enfant. On sent dans ce récit la douleur infinie de ces parents, qui veillent cependant tout le temps à respecter la/les victime(s) et leur famille, mais qui retrace leur chemin, leur combat, leur amour pour ce fils qui est tombé dans l’innommable.
Un témoignage écrit par les parents du jeune meurtrier d'Agnès Marin qui nous pousse à réfléchir et à penser à la famille des coupables qui finalement, est souvent oubliée et dont la douleur est minimisée. Sans excuser les actes de leur fils (viols et meurtre) qu'ils condamnent eux-mêmes, on suit leur parcours dans l'affaire judiciaire. De la découverte du 1er viol, à l'expertise psychologique puis à la libération en attente du procès puis le récit bascule suite au 2ème crime: viol et meurtre. Du désarroi à l'horreur de la famille qui tente de préserver son lien familial tout en faisant profil bas pour ne pas heurter les proches des victimes. Ce récit tout en pudeur et souffrance ne cache rien de l'atrocité des actes de leur enfant tout en apportant un autre point de vue autre que celui à charge.
Un témoignage fort et intéressant qui vous oblige à penser à des choses que l'on préférerait occulter bien souvent. Mais ce livre m'a aussi dérangée par moments, j'ai trouvé qu'en insistant autant sur "Matthieu était un enfant" et "Matthieu est malade", même si ses affirmations sont vraies, cela donnait l'impression de lui chercher des excuses. Je ne veux pas juger les parents, je ne peux pas imaginer ce qu'ils vivent et ne sais pas comment j'aurais réagi à leur place, mais je n'ai pas pu me débarrasser de ce malaise, en tout cas pendant les derniers chapitres.
Ces parents sont totalement dans le déni ! Leur souffrance est légitime et compréhensible, mais il faut cesser de chercher des justifications. Peut-être que Mathieu est le seul mineur à avoir été condamné à perpétuité, mais c'est la peine qu'il méritait. Le fait qu'il ait été mineur n'atténue en rien la gravité de ses actes.