Un médecin s'établit dans un petit village du nord du Québec en même temps qu'une grande compagnie minière s'intéresse au sous-sol de cette région. Or, cette avidité de l'entreprise qui cannibalise la terre aura des répercussions dans la chair même des humains qui l'habitent, car voilà que les cadavres s'additionnent.
Sébastien Fréchette, alias Biz, né en 1974 est membre du groupe Loco Locass fondé en 1995. Loco Locass est un groupe hip-hop québécois, surtout connu pour la défense du français et ses prises de position politiques, particulièrement pour son engagement en faveur de la souveraineté du Québec.
Biz signe un premier roman autobiographique avec Dérives.
Sujets principaux importants. L’impact des mines sur les villages est bien expliqué et les deux côtés de la médaille sont représentés.
Il y a aussi la rivalité des blancs et des communautés autochtones qui est mise de l’avant. Les impacts de la déportation et des pensionnats font ravages dans les communautés. Malgré que ces sujets-là semblent bien abordés, j’aurais préféré que ça soit un own voice et ce n’est pas le cas.
Mon plus gros hic c’est le personnage principal. Ses commentaires sur les femmes m’ont fait grincé des dents à plusieurs reprises. Je n’ai pas apprécié ses pensées. J’avais le goût de lui hurler de se contrôler.
L’histoire prend une tangente d’horreur/fantastique pour illustrer un aspect précis lié au pouvoir.
Ce livre m'a sincèrement déçu. L'idée de base est bonne, et je dirais même nécessaire, mais mal exécutée. Les personnages de ce livre sont unidimensionnels et stéréotypés. Le personnage principal en premier lieu, un végétarien de Saint-Lambert, premier de classe lisant du Maupassant et qui roule jusqu'en Abitibi en hybride. Il s'identifie comme montréalais quand ça lui plait, mais se permets de cracher sur le mile-end et sa jeunesse qui s'intéresse trop à la culture international et pas assez à celle "d'ici".
Malgré tout, il se fait accepter par tout le monde, blancs et amérindiens compris, même si " y veulent rien savoir des blancs". Ce personnage principal est décrit sans faille, réalisant tout ce qu'il entreprends. Alors que tout les autres personnages autour sont en difficultés. On parle d'ici d'hommes blancs racistes et sans jugement au volant de leur f-150, buvant excessivement, qui vont aux danseuses à chaque mois. Ils sont d'ailleurs décrits comme étant tous pareils. Les amérindiens sont quant à eux décrits comme étant des fêtards achetant pour 350$ de PFK, abusant de substances illicites et ayant des problèmes d'hygiène. Le médecin fait quand même découvrir un coupe-ongle à une de ses patientes!
Mais le problème principal de se récit, tout comme dans certains autres livres de Biz, reste la représentation des femmes. Aucun personnage principal n'est féminin, et elles n'ont aucunement leur mot à dire dans le texte. Les hommes blancs sont décrits comme tous semblables (en ne parlant que de leur vêtement), mais les femmes sont immanquablement décrites que physiquement. Dans deux catégories. Soit elles sont des créatures bien roulées et bien bandantes, soit elles sont repoussantes. " La caissière avait un gros cul et louchait. Tant pis pour elle." Biz se permet ce genre de commentaires sans cesse pendant le récit. Il réussit le tour de force de décrire une paire de seins durant un 3/4 de page, et littéralement la page suivante de commenter " Les échanges étaient sur les filles et ne volaient pas très haut.", et ensuite de se vanter de ses conversations de jeune médecin exemplaire. Ces instances reviennent dans tout le livre, de la mère qui passe l'Halloween en jupe courte et talon aiguille (en Abitibi de surcroit), à la fille qui a un nez cassé et qui " avait du sang séchée entre ses deux gros seins". Bien sur que tout cela mène à une scène de sexe inutile et gratuite, où la fille lui bondit dessus sans avertissement. Il parle aussi de son ex blonde qui lui manque énormément, Sophie. Cette femme qui le quitte sans aucune explication avant leur mariage. Le personnage pense à elle constamment, mais la seule raison qui est donnée, ce sont ses belles jambes d'italiennes. Et sincèrement, on a encore besoin de gifler une femme parce "qu'elle est hystérique"?
Ce livre sans nuance énumère des problèmes sans l'ombre d'une piste de solution ou de prise de position quelconque. J'ai lu l'histoire d'un homme blanc qui va à la rencontre de nouvelles communautés, mais je n'ai rien appris sur ces communautés. On nous parle bien sur de 2-3 rituels amérindiens, bien qu'intéressant ceux-ci sont assez courts et noyés dans une mer de stéréotypes montréalais, abitibiens, amérindiens, jusqu'au méchant minier, John Smith, décrit physiquement comme étant Voldemort. Sans le personnage du métis Jim qui apporte des conversations saines et qui nous amène ailleurs des jugements faits tout le long du récit, ce livre serait 1 étoile.
Avec ce livre, troisième que je lis de cet auteur, Biz vient définitivement d'atteindre le top 3 des mes auteurs québécois préférés (accompagné de Patrick Senécal et de Dany Laferrière). Un grand roman qui décrit très bien la culture autochtone, la culture de village éloigné et les dangers d'un régime économique qui ne pense qu'à l'argent et à rien d'autre. Un roman rempli d'émotion avec une touche, très légère, de fantastique. Un roman unique, très bien écrit et honnête. Vous devez lire cet auteur!
J’ai aimé la trame principale du récit et ses éléments de surnaturel/mythologie autochtone. Toutefois, plusieurs choses m’ont dérangée au fil de ma lecture, dont, au premier chef, le traitement des personnages féminins, autant dans la description que dans l’œil du personnage principal. Très peu de femmes semblent disposer d’une agentivité dans le récit (même la femme membre du conseil de bande et la journaliste sont mentionnées seulement pour montrer à quel point elles sont pâmées et perdent leurs moyens devant le comédien militant), et elles sont souvent décrites uniquement en regard de leurs attributs physiques (lire : fesses et seins bien rebondis). Ensuite, quelques jeux de mots maladroits en lien avec les communautés autochtones m’ont mise mal à l’aise, par exemple lorsque le narrateur dit qu’ils sont une « bande de joyeux Hurons » (plutôt que lurons), alors qu’il est entouré d’Algonquins… Enfin, la descriptions était redondante à certains égards et soulignait à très (trop) gros traits certains détails en lien avec la compagnie minière et son représentant. Malgré tout, il s’agit une bonne lecture qui nous sensibilise à un enjeux réel qui se passe au Québec, parfois en usant de situations et personnages caricaturaux.
What the f*** was that? Roman le plus pénible que j'ai eu à lire de l'année. Le personnage principal (médecin) entretient des discours objectifiant sur chacune des femmes qu'il rencontre. Ça m'a donné envie d'arrêter ma lecture à de nombreuses reprises. Sans oublier le fait que l'auteur a tenté d'inclure les enjeux d'une réserve autochtone au récit, mais le docteur, à nouveau ne fait qu'avoir une vision globalisante des comportements et de l'environnement des membres de la communauté. Malgré que le personnage principal s'imprègne de leur culture et de leur histoire, certaines visions et commentaires restent tellement racistes.
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BIZ décrit son troisième roman comme un thriller minier. Oui, c’est un peu cela, mais cette appellation ne rend pas justice à l’étendue de ce que couvre foncièrement MORT-TERRAIN. - C’est l’histoire d’un jeune médecin qui quitte Montréal (et une peine d’amour non résolue) pour faire sa résidence dans un village éloigné; - C’est l’histoire d’un village éloigné, autrefois prospère grâce à l’activité minière, maintenant caractérisé par la lourdeur latente de la misère, de l’inégalité, de la dépendance et surtout de la rivalité entre les peuples Blanc et les Autochtone qui se partagent le territoire; - C’est l’histoire de bandes Autochtones qui veulent préserver leur héritage naturel et, coûte que coûte, empêcher l’Industrie minière de revenir éroder leur terre, leur territoire de chasse, leurs traditions et leurs droits ancestraux; - C’est l’histoire du traintrain d’une foule de personnages plausibles, nuancés, peu caricaturisés qui sont animés par divers événements qui viennent chambouler la linéarité de leur quotidien; - C’est le mystique qui s’invite et confronte les gens à des forces qui dépassent le familier et ajoute un brin d’horreur au récit.
Autre réussite de BIZ. Que j’aime lire ce que ce gars-là écrit! Tout est limpide, multi-étagé, nuancé, divertissant, instructif. MORT-TERRAIN est un page-turner. L’intrigue est bien ficelée, les dialogues sonnent vrais et la narration est fluide et dynamique.
BIZ a toujours inventé des personnages masculins naturels et consistants : c’est ici encore le cas avec ce jeune médecin, dont le parcours et les dilemmes sont crédibles et auquel le lecteur peut facilement s’identifier.
L'histoire est très captivante dès le début. Plus loin dans la lecture je me suis rendu compte que les personnages sont assez stéréotypés. Le médecin montréalais végétarien avec sa voiture hybride arrive à Mort-Terrain pour rencontrer des rednecks abitibiens qui eux, se chicanent avec les autochtones. Ces derniers vivent sur une réserve avec des conditions qui laissent à désirer.
Autre que ça, plusieurs commentaires étranges par rapport aux femmes. Je suis loin de me considérer "woke", mais on dirait que le protagoniste avait souvent des pensés sexuelles exagérés par rapport aux personnages féminins dans le roman. Cependant, ce n'est pas à un point où je ne recommanderais pas ce livre.
Malgré tout, Biz réussi à donner un bon débit à l'histoire tout au long du récit. Accrocheur et court, c'est définitivement un livre que je recommanderais.
3,5/5 Au début, j'ai aimé la description de la vie dans un village québécois et la relation avec les autochtones. Je trouvais ça un peu spécial, mais bon. J'aime le choix des mots de l'auteur, mais le portrait de la femme est très réducteur à un objet qui sert à assouvir les besoins sexuels de l'homme. Outre cette partie-là, j'ai aimé l'histoire, mais ce qui m'a particulièrement déçue, c'est la fin. Je l'ai trouvée "rushée". Je me suis dit "Tout ça pour ça?" Ça avait du potentiel d'être un 4 avant la fin où je m'attendais à plus que ça.
Description très réaliste de la situation des petits villages miniers ou forestiers très éloignés du Québec et de leur relation avec les réserves amérindiennes avoisinantes, mais le tout sans jugement; le narrateur n'est qu'un simple observateur ouvert aux deux réalités. La petite touche mystique tirée des croyances amérindiennes rend le tout mystérieux et très efficace pour créer le suspense. Écriture simple parsemée de mots de vocabulaire très recherchés qui m'ont fait sortir le dictionnaire à quelques reprises. Vraiment très bon!
C’eat mon deuxième livre de Biz, et je continue d’adorer son style. J’aurais préféré que la fin déboule moins rapidement, mais cela reste un excellent récit. Je l’ai lu pendant mes vacances en Abitibi, cela donnait tout une autre dimension!
Je suis sensible aux commentaires d’autres lecteurs et lectrices concernant le traitement des femmes, mais cela me semble être une façon de rendre le personnage principal (et narrateur) moins attachant et même détestable. Je ne trouve pas cela problématique quand on prend les commentaires ainsi.
Biz écrit de très bons récits dans lesquels on se laisse transporter sans effort. Celui-ci est un de mes préférés.
J'ai trouvé le thème de l'exploitation minière dans un village isolé plutôt original et bien amené. J'ai moins apprécié la touche prévisible '' théorie du complot '' donnée aux fonctionnaires, à la mairesse et aux représentants de la mine, où tout le monde semble corrompu tout le temps.
Seul micro bémol au bénéfice des lecteurs : une petite révision technique par quelqu'un dans le domaine de l'évaluation environnementale aurait pu être salutaire, parce qu'à plusieurs endroits dans le récit, ce qui se passe n'est pas réaliste. Par exemple, ce n'est pas le BAPE qui autorise les projets de développement, mais bien le gouvernement (conseil des ministres et Premier ministre) par décret. Et une mine ne peut réalistement pas être autorisée en si peu de temps. Si cela peut vous rassurer. ;)
Un roman pas trop difficile à lire, mais une histoire vraiment bien développée. C'est un plongeon dans le folklore autochtone et la culture québécoise, accompagné d'une critique du capitalisme et de l'exploitation minière sur les terres ancestrales.
Mort-Terrain suit le parcours d'un jeune médecin s'exilant en pleine campagne pour fuir le souvenir d'un amour brisé. A Mort-Terrain, un village minuscule miné par la pauvreté, il rencontre une société recroquevillée sur elle-même, très solidaire. A sa lisière, une réserve indienne. Très vite, Julien se rend compte que la cohabitation est pour le moins précaire: les Morterrons sont pétris de racisme alors que les Algonquins ne veulent rien entendre des "Blancs". Mort-Terrain est un roman engagé qui expose les problèmes environnementaux et sociaux du Québec rural. Alors que Julien, le protagoniste, essaie de rester neutre, il comprend vite que toutes les opinions sont exacerbées à Mort-Terrain. Il faut choisir son camp: "Blancs" ou "Indiens". Lorsqu'un projet de mine est annoncé, le fond du problème apparaît: pour les Blancs, comment refuser du travail alors que les emplois manquent cruellement et que les villageois élèvent leurs enfants dans la misère? Pour les Algonquins, comment accepter un projet monstrueux qui finira de détruire le lac, fera fuir le gibier et menace la réserve d'expulsion pour la seconde fois en un siècle? Biz donne voix aux deux parties tout en nous racontant une histoire engageante et émouvante. Une très belle lecture, fascinante et enrichissante.
Je suis une grande fan des textes de Biz, encore une fois, je ne suis pas déçue. Excellent roman qui fait découvrir la culture autochtone. Apporte un point de vue sur un sujet d'actualité: l'exploitation de nos ressources naturelles. Un livre qui se lit presque d'une traite, excellent :)
Lecture intéressante et divertissante, j'ai dévoré ce roman mais je trouve qu'il ne faisait qu'effleurer les sujets, que les personnages étaient peu développés, on sortait peu des stéréotypes. Bien aimé le côté un peu fantastique.
The book tries to have a conversation about the First Nations in Quebec, it succeeds in bringing their reality into the book through the intrigue: a Montreal doctor exiled in a village in the north of Quebec where a mining project arrives. The book has good premises for a thriller kind of story, it inserts some paranormal activity, it kind of catches the reader’s curiosity, but it fails to engage with the monsters, supernatural or human. The execution is both naïve and often insensitive, even for 2014 standards.
I was excited to read a book by this local author, I’m left mostly disappointed. The target audience is definitely not me. I wonder how productive it’s been on bringing the topic to the readers it’s supposed to be for.
3 ⭐️ Bon roman. L’histoire nous accroche dès le début. Vision un peu manichéenne des gens de la région (racistes, non éduqués, fermés d’esprit) VS le bon docteur de Montréal (ouvert d’esprit, tolérant et sensible) et quelques incohérences par rapport à la géographie de la région présentée dans le roman. Cependant, l’histoire est intéressante et nous permet d’en apprendre plus sur les Premières Nations.
J'ai apprécié les sujets principaux du roman; la rivalité entre les blancs et les peuples autochtones, la culture encore présente mais qui a changé, la précarité des emplois en région et leur dangerosité. Je n'ai pas le choix d'être en accord avec certains autres commentaires sur ce livre.. la description des personnages féminins est décevante. Je me suis questionné si j'allais terminer le livre ou pas.
Dans contredit mon favori de Biz. Son écriture juste et pleine de référents culturels ouvre les yeux sur la gestion des ressources naturelles en sol québécois, tout en faisant des liens forts intéressants avec le patrimoine. Je recommande chaudement!
Un livre vrai, qui réussit à émouvoir son lecteur. Ce livre parle de la réalité des premières nations et l’impact du capitalisme sur celles-ci. Du fantastique est légèrement introduit, mais rien d’abracadabrant, la lecture est fluide et agréable.
Une bonne lecture mais qui aurait mérité un peu plus de nuances. J'aurais apprécié aussi que le réalisme magique soit plus présent. Mais l'histoire était bonne et l'intégration du personnage dans une nouvelle communauté m'a beaucoup intéressée
J’ai aimé les sujets abordés dans ce livre, qui sont d’ailleurs des thèmes importants (l’impact des mines, les communautés autochtones…). Par contre, j’ai moins accroché sur la tournure fantastique et horreur de la fin, simplement parce que ce n’est pas le type de livre qui m’attire habituellement.